Cinquième chapitre
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5° Exemples de résolutions théoriques de névroses
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Le prochain exemple est décrit par S.Freud.
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Exemple 3
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Emma .puf. Naissance de la Psychanalyse S. Freud. Pages 364,365).
Emma est actuellement hantée par l’idée qu’elle ne doit pas entrer seule dans une boutique. Elle en rend responsable un souvenir remontant à sa 13e année (peu après la puberté). Ayant pénétré dans une boutique pour y acheter quelque chose, elle aperçut les deux vendeurs (elle se souvient de l’un deux) qui s’esclaffaient. Prise de panique, elle sortit précipitamment. De là l’idée que les deux hommes s’étaient moqués de sa toilette et que l’un deux avait exercé sur elle une attraction sexuelle.
Le lien qui unit ces fragments d’histoire, aussi bien que les effets de l’incident, restent incompréhensibles. Si les vendeurs, en se moquant de sa toilette l’avaient désagréablement impressionnée, cette impression aurait dû depuis longtemps s’effacer- depuis qu’elle s’habillait comme une dame. Le fait d’aller seule ou accompagnée dans les magasins ne peut en rien modifier son habillement. Il ne s’agit pas seulement d’une question de protection (comme dans le cas d’agoraphobie), puisque la compagnie d’un jeune enfant suffit à lui donner un sentiment de sécurité. Mais un élément tout à fait isolé demeure : l’un des deux hommes lui a plu. Mais là encore, le fait d’être accompagnée ne pouvait rien changer. Ainsi le souvenir resurgi n’explique ni l’obsession ni la détermination du symptôme.
L’analyse met ensuite en lumière un autre souvenir qui, dit-elle, n’était nullement présent à son esprit au moment de la scène I, présence, du reste, que rien ne vient confirmer. A l’âge de 8 ans, elle était entrée deux fois dans la boutique d’un épicier pour y acheter des friandises et le marchant avait porté la main, à travers l’étoffe de sa robe, sur ses organes génitaux. Malgré ce premier incident, elle était retournée dans la boutique, puis cessa d’y aller. Par la suite, elle se reprocha d’être revenue chez ce marchand, comme si elle avait voulu provoquer un nouvel attentat. Et de ce fait, la « mauvaise conscience » qui la tourmentait pouvait bien dériver de cet incident.
Nous comprenons maintenant la scène I (celle des commis) si nous la rapprochons de la scène II (celle de l’épicier). Il ne nous reste plus qu’a découvrir le lien associatif. La patiente me fit elle-même observer que ce lien était fourni par le rire. Celui des deux commis lui avait rappelé le sourire grimaçant dont le marchand avait accompagné son geste.
Reconstituons maintenant tout le processus. Les deux vendeurs rient dans la boutique et ce rire rappelle (inconsciemment) le souvenir du marchand. La seconde situation a avec la première un autre point commun : la petite n’était pas accompagnée. Elle se souvenait de l’attouchement pratiqué par le marchand. Mais depuis elle avait atteint la puberté. Le souvenir déclenche une libération (d’énergie sexuelle) (qui n’eut pas été possible au moment de l’incident) et qui se mue en angoisse. Une crainte la saisit, elle a peur que les commis ne répètent l’attentat et s’enfuit.
Il est tout à fait certain que nous nous trouvons ici en présence de l’intrication de deux sortes de processus et que la remémoration de la scène II (celle du marchand) s’est produite dans un état différent de celui du premier. Le cours des évènements peut se représenter de la façon suivante :
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Les représentations figurées par des points noirs sont les perceptions dont la patiente se souvient. Le fait qu’une décharge sexuelle ait pénétré dans le conscient est démontré par l’idée-sans cela incompréhensible- que le commis moqueur lui avait plus. La conclusion finale qu’elle tira, celle de ne pas rester seule dans la boutique par crainte d’un attentat, paraît logique, si l’on tient compte de tous les éléments du processus associatif. Mais aucun élément du processus (ci-dessus représenté) n’est devenu conscient, hormis l’élément « vêtement ». La partie de la pensée fonctionnant consciemment a établit deux connexions erronées dans les matériaux en question (commis, rires, vêtements et sensations sexuelles) : on s’était moqué à cause de son habillement et l’un des vendeurs avait provoqué chez elle une excitation sexuelle.
L’ensemble de ce complexe (indiqué par les lignes brisées) est représenté dans le conscient par l’unique idée des « vêtements », c’est à dire par l’élément en apparence le plus innocent. C’est un refoulement accompagné d’une symbolisation qui s’est ici produit.
L’aboutissement- le symptôme- possède une structure tout à fait logiquement établie et, ainsi, le symbole n’y joue aucun rôle et reste la particularité du cas.
Disons qu’il n’est nullement étonnant de voir une association passer par un certain nombre de chaînons intermédiaires inconscients pour aboutir à un chaînon conscient, ainsi que cela s’est ici produit.
L’élément devenu conscient est probablement celui qui a suscité le plus vif intérêt. Mais, chose remarquable, dans notre exemple ce n’est pas le fait de l’attentat qui a pénétré dans le conscient, mais un autre élément symbolisant : les vêtements. Où chercher la cause de ce processus pathologique intercalé ? Une seule réponse est possible : il résulte de la décharge sexuelle dont le conscient avait gardé la trace et qui restait lié au souvenir de l’attentat. Mais il faut noter un fait important, à savoir que cette décharge ne fut pas reliée à l’incident au moment même où il se produisit. Nous trouvons là l’exemple d’un souvenir suscitant un affect que l’incident lui-même n’avait pas suscité. Entre temps les changements provoqués par la puberté on rendu possible une compréhension nouvelle des faits remémorés.
Ce cas nous présente un tableau typique de refoulement hystérique. Nous ne manquons jamais de découvrir qu’un souvenir refoulé ne s’est transformé qu’après coup en traumatisme. La raison de cet état de chose se trouve dans l’époque tardive de la puberté par comparaison avec le reste de l’évolution.»
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Avertissement
Bien que dans l’analyse suivante il n’y ait aucun jugement de valeur, je voudrais préciser, à l’adresse des pervers demeurés en tout genre (primaires ou intellectuels) qui n’auraient à ce stade de la lecture rien compris à mes développements théoriques : je ne cautionne pas l’acte de l’épicier et cela même si je le comprends. L’interprétation possible de mes propos, visant à justifier vos pensées sexuelles ou moralistes (l’une étant inéluctablement le produit de l’autre) dans le but ultime de vous satisfaire, relève maintenant, puisque vous n’êtes plus excusables, de votre propre inhumanité effective!
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Remarque
Contrairement à ce que pensait S.Freud, il n’y a pas de période de « latence » sexuelle dans la moyenne enfance. Entre 5 et 8 ans la masturbation est fréquente (ce que semblait savoir l’épicier).
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Emma à l’âge de 8 ans.
Emma éprouva une émotion satisfaisante lorsque l’épicier toucha, à travers l’étoffe de sa robe, ses organes génitaux.
Démontré par le fait que malgré ce premier incident, elle retourna dans la boutique de l’épicier. L’intensité provoquée par l’attouchement provoqua la conservation, dans la mémoire à long terme, de l’attentat attaché à sa qualité satisfaisante.
Condition sine qua non du trouble psychique (« le refusement intérieur ») : « Par la suite elle se reprocha d’être revenue chez ce marchand », qui permit de justifier le déficit affectif et de générer une névrose.
Emma à l’âge de 13 ans. (Il est évident qu’à cet âge, la mémoire affective s’est considérablement modifiée et notamment avec l’acquisition de considérations et valeurs morales qui ne pouvaient pas être présentes à l’âge de 8ans).
Emma rentre dans la boutique, un des deux hommes lui plaît. Nous pouvons dire qu’elle s’identifie à cet homme (association affective).
« Le commis moqueur lui avait plu », le rire du commis qui lui plait est à considérer comme le « refusement extérieur » qui produit le déficit affectif.
Liée affectivement à l’un d’entre eux, ce rire a été interprété par la conscience comme une offense publique personnelle liée à sa toilette, (ce qui indépendamment de la personne, ici Emma et de son passé, aurait pu être la compréhension «culturelle normale » qu’en aurait fait une autre jeune fille de cet âge).
Le déficit affectif provoqué par le « refusement extérieur » (le rire) provoque la réflexion conditionnée de la recherche de la faute amorale.
Remarque
L’analogie entre les deux scènes peut nous faire supposer que le souvenir agréable inconscient a été activé et amplifie un désir, être satisfaite sexuellement (l’un des deux hommes lui a plu).
Emma réagit afin de combler le déficit affectif provoqué par l’endommagement de sa représentation culturelle et satisfaisante inconsciente (identifié l’agresseur, au travers de la justification ou non des « rires»). La réflexion consciente trouve la cause des rires dans sa toilette, mais la réflexion simultanée, associant inconsciemment le rire du commis au sourire de l’épicier, a trouvé la faute inconsciente symbolisant la justification de l’agression, toute prête dans l’acte : rentrer dans la boutique, et associable à la transgression de l’interdit, la faute générique (« le refusement intérieur »). « Par la suite, elle se reprocha d’être revenue chez ce marchand, comme si elle avait voulu provoquer un nouvel attentat », page 365.
Comme dans « le rêve manifeste », l’agressé est inconsciemment l’agresseur.
Le « refusemment extérieur », le rire, est « justifié », son auteur ne peut être jugé coupable.
Emma se retrouve prise au piège, responsable du déficit affectif.
La réflexion mixte, consciente et associative, cherchant une solution afin d’annuler la tension nerveuse, trouve: sortir de la boutique, puisque la faute inconsciente est, rentrer dans la boutique.
Emma dame.
Seul une idée « morale » peut en combattre une autre «amorale ».
Naissance de l’idée qui hante Emma et qui lui permettra de se protéger contre la transgression de l’interdit : l’idée de ne pas rentrer seule dans une boutique.
Il nous manque donc, dans la description de cette troisième phase, le « refusement extérieur » qui a, sans aucun doute, été remplacé par le « refusement intérieur », du fait du déficit affectif permanent, et qui pousse Emma à la réflexion consciente, associative et conditionnée.
La réflexion simultanée inconsciente trouve la faute générique inconsciente justifiant le déficit. La faute n’est pas ici matérialisée par un double identifiable, elle est inconsciente.
Remarque:
Rentrer
Entrer de nouveau quelque part, y pénétrer après en être sorti.
J’ai utilisé le verbe « rentrer » (dans la boutique) à dessein. En effet le processus de réflexion, n’a pas eu besoin de remémorer consciemment un quelconque souvenir lié à l’incident de l’épicerie. Dans sa recherche de la faute, il n’eut pratiquement pas le choix, il utilisa l’acte d’entrer dans la boutique (à 13 ans), comme l’acte réitéré et effectif de la faute faite à l’âge de 8 ans. Confirmé par : « Par la suite, elle se reprocha d’être revenue chez ce marchand, comme si elle avait voulu provoquer un nouvel attentat. Et de ce fait, la « mauvaise conscience » qui la tourmentait pouvait bien dériver de cet incident ».
L’agression est inconsciente, permanente et d’intensité croissante, l’angoisse est proportionnelle. L’angoisse devant un danger non identifiable pousse à la réflexion afin de se libérer de la souffrance. La réflexion mixte cherche alors le moyen (comme dans l’exemple précédant) d’éviter de commettre la faute (qui justifie le déficit affectif).
Je voudrais maintenant vous faire remarquer que le fait «d’entrer à nouveau », donc de rentrer après être sorti, symbolise l’acte sexuel.
D’où l’idée qui hante Emma de ne pas entrer seule dans une boutique, dont elle rend responsable un souvenir remontant à sa 13ème année.
Si Emma est accompagnée d’un jeune enfant, elle ne pourra pas assouvir son fantasme « amoral ».
Emma se libère peut-être du trouble, lors de la remémoration de l’attentat, par le rejet de la faute sur son auteur, l’épicier.
Un souvenir satisfaisant ne peut pas perdre sa qualité par refoulement, et un jour se transformer en traumatisme psychique.
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« Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.
Mais délivrez-nous du mal ».
Remarque
Les névroses de guerres sont la démonstration, que les névroses « sociales » ont toutes comme origine une même cause fondamentale, deux informations abstraites non associables.
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Le documentaire sur les névroses de guerre de John Huston « Let there be light » 1946, est édifiant à ce propos. Certains soldats témoignent, ils auraient été soumis à des bombardements incessants sans aucune possibilité de fuite. Ils souffrent d’une peur incessante et de sensation d’un désastre imminent. Certains de ces patients voient des bombardiers et bombardement alors qu’ils se trouvent dans un cabinet en compagnie d’un médecin, un autre en a perdu jusqu’au souvenir de son propre nom. Vous pourrez aussi constater dans le cas du soldat souffrant de paraplégie hystérique que les problèmes familiaux font partie intégrante de la névrose. Traités par hypnose et la narco-analyse cathartique, les symptômes finiront par disparaître. Tout le travail du médecin consiste essentiellement à libérer l’attention du patient, qui est monopolisée par l’angoisse sur le souvenir de la scène traumatique.
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http://www.youtube.com/watch?v=kDNoaSMKx0g
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Remarque : La personne en souffrance témoigne souvent du fait que lorsqu’elle est occupée à une activité nécessitant une attention soutenue, elle souffre moins et parfois pas du tout.
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IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » page 193.
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1. Chez certains malades, le fait que leur attention se détourne va si loin qu’ils ne peuvent absolument pas indiquer le contenu d’une représentation de contrainte, qu’ils ne peuvent pas décrire une action de contrainte exécutée d’innombrables fois.
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XII.O.C.S.Freud, page 238.
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« Les malades se plaignent alors qu’on connaisse toutes leurs pensées, qu’on observe et surveille leurs actions ; ils sont avertis du fonctionnement souverain de cette instance (la conscience morale) par des voix qui leur parlent, de façon caractéristique, à la troisième personne. (« Maintenant elle pense encore à cela; maintenant il s’en va »). Cette plainte a raison, elle décrit la vérité; une puissance de cette sorte qui observe, connaît, critique toutes nos intentions, existe effectivement, et cela chez nous tous dans la vie normale ».
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A ce jour, il n’existe pas de théorie officielle et scientifique qui puisse expliquer les causes pathologiques à l’origine des névroses. A l’heure actuelle, elles sont différenciées par une description « des symptômes » propre à chaque névrose, qui résulte d’une observation aléatoire puisque, invérifiable.
Lorsque j’observe le soleil, j’ai toujours l’impression qu’il tourne autour de la terre…
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« C’est la théorie qui décide de ce que nous pouvons observer ».
Albert Einstein
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Solution globale contre tout type d’agression
Voir troisième partie
3° L’économie de marché
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Exemple 4 Le Lapsus
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Du fait de la conscience de la faute, le trouble est ici éphémère.
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Voici un récit journalistique décrivant une réflexion conditionnée simultanée et donc inconsciente, recherchant la faute et donc le coupable.
La faute générique inconsciente est ici révélée par la représentation sensorielle auditive associable d’une faute effective (son double conscient et effectif).
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Le lapsus (révélateur) de Lionel Jospin
Décidément, le passé trotskiste de Lionel Jospin semble lui jouer des tours. Quelques jours après avoir reconnu son engagement à l’Organisation communiste internationale dans les années 60, le Premier ministre, qui participait samedi à un colloque du PS sur l’ « idée socialiste », a fait un lapsus lors d’un hommage à la victoire de Tony Blair aux élections Outre-Manche.
Un hasard de calendrier que ce colloque sur l’ « idée socialiste » pour un Lionel Jospin qui vient de s’ouvrir sur son itinéraire intellectuel. Pour définir ce qu’est le socialisme aujourd’hui, il commence par rappeler que la référence à la révolution, thème trotskiste s’il en est, a longtemps marqué le discours des socialistes, mais que l’exercice du pouvoir les a fait évoluer.
« Nous avons appris à assumer notre identité politique, celle de réformiste. La réforme est notre méthode de transformation politique et sociale. »
En psychanalyse, on dit qu’il n’y a pas de hasard. Alors, au détour d’une référence au travaillisme britannique, la langue de Lionel Jospin a fourché.
« Je pense à l’affirmation extrêmement forte dans le débat public, et prise en compte par les trots… les travaillistes eux-mêmes « .
Franc succès auprès des militants, comme libérés eux aussi que leur Premier ministre assume ses engagements passés.
Marie-Bénédicte Allaire
Un millier de militants étaient présent au CNIT de la Défense pour ce colloque coïncidant avec le trentième anniversaire du congrès fondateur d’Epinay (11-13 juin 1971). Lionel Jospin a défendu le socialisme à la française, notamment face à la « troisième voie » proposée par le Premier ministre britannique Tony Blair.
Explications et marche arrière
« Je n’ai jamais été trotskiste » : la déclaration date de 1995. Lionel Jospin expliquait alors récemment dans « Le Monde » qu’on l’avait sans doute confondu avec son frère.
« Il est vrai que, dans les années 60, j’ai marqué de l’intérêt pour les idées trotskistes et que j’ai noué des relations avec l’une des formations de ce mouvement « : pour la première fois, le Premier ministre a reconnu mardi à l’Assemblée ses liens avec l’Organisation communiste internationaliste (OCI), une formation trotskiste.
Interrogé ce mercredi matin sur Europe 1, Lionel Jospin a précisé qu’il avait eu des contacts, des discussions individuelles avec très peu de gens pendant une période ». Cette « démarche intéressante et stimulante n’a pas empêché que j’exerce mes responsabilités » a-t-il ajouté.
Ces derniers jours, les témoignages sur le passé trotskiste de Lionel Jospin se sont multipliés. Après « Le Nouvel Observateur » lundi soir, c’est au tour du « Monde » de revenir, dans son édition datée de mercredi, sur le passé militant du Premier ministre socialiste.
« Il s’agit là d’un itinéraire personnel, intellectuel et politique, dont je n’ai en rien (…) à rougir « , a expliqué Lionel Jospin. Au député DL, qui lui avait demandé auparavant pourquoi il n’avait pas évoqué publiquement plus tôt son passé trotskiste, il a répondu “parce que je crois que ça n’intéressait personne et je ne crois pas d’ailleurs, aujourd’hui encore, même si je trouve légitimes les interpellations ou les enquêtes qui sont faites par des journaux -je ne les conteste pas- je ne crois pas non plus que cela passionne. »
Lionel Jospin se libère avant la présidentielle
Il est sûr qu’on reste un peu sur sa faim après avoir écouté Lionel Jospin, mais pour lui l’essentiel est fait, il a enfin reconnu son passé trotskiste ce qu’il avait nié jusqu’à présent.
Il l’a fait contraint et forcé, mais la pression était telle qu’il ne pouvait plus échapper à cet aveu, et dans le fond, que cela arrive maintenant doit le soulager. Quelles que soient ses explications d’hier, ses dénégations passées avaient été une faute politique et s’étaient transformées en piège dont l’opinion dira plus tard s’il s’en est sorti sans trop de casse, mais au moins il s’est débarrassé d’un fardeau qu’il aurait dû supporter pendant toute la campagne présidentielle, cela dit, hier on a eu un service minimum de la part du Premier ministre, quel était son rôle au sein de l’UCI ? était-il en mission pour ce parti lorsqu’il est entré au PS? Quels liens a-t-il gardés et jusqu’à quand avec ses amis d’extrême- gauche ? Autant de questions auxquelles il n’a pas répondu, et de réponses qu’aimerait sans doute bien entendre l’opinion maintenant qu’elle a été appâtée. Même si, comme disait hier à l’Assemblée un porte- parole de l’opposition, il n’y a pas de quoi fouetter un chat avec tout ça.
Paul Joly
La gauche satisfaite, la droite frustrée
Pour le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault, « l’affaire est close ».
« Sur ce coup, il a été bon ! « , a souligné Alain Bocquet (PCF)
Remarque
Si l’on parvenait à déculpabiliser un névrosé (par la compréhension des évènements qui ont déclenchés la névrose, donc par la prise de conscience), sans annuler « le refusement extérieur », cela serait suffisant pour stabiliser l’insatisfaction, mais insuffisant pour la faire disparaître. Si vous avez mal au genou chaque fois que vous allez courir et que par bonheur vous vous apercevez que votre chaussure présente une usure excessive, provoquant un déséquilibre compensé par les ligaments du genou, si vous ne changez pas de chaussure, l’angoisse disparaîtra (la peur de l’inconnu, le danger abstrait) mais l’information à l’origine de la souffrance subsistera.
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Courageux chercheur si au terme de ton étude tu ressens une grande satisfaction, tu auras fait l’expérience d’un équilibre énergétique retrouvé. Elle te semble disproportionnée ?
Baliverne, elle a prévu de compenser l’insatisfaction que produit la solitude de l’intellect.
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Extrait des Carnets de Léonard de Vinci. C.A. 119 v.a
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« Voyant que je ne puis choisir une matière de grande utilité ou plaisante, parce que les hommes nés avant moi ont pris tous les thèmes utiles et nécessaires, je ferai comme celui qui, par pauvreté, arrive le dernier à la foire, et, ne pouvant se fournir à sa guise, choisit toutes les choses déjà vues des autres et non acceptées, mais refusée, -le rebut de beaucoup d’acheteurs,- je chargerai mon modeste bagage, et ainsi irai-je non par les grandes cités mais par les pauvres bourgades, distribuant et recevant le prix que je mérite de la chose que j’offre.
Je me rends bien compte que, du fait que je ne suis pas un lettré, certains présomptueux croiront pouvoir me blâmer en alléguant que je suis un ignorant. Stupide engeance ! Ils ne savent point que je pourrais leur répondre comme Marius aux praticiens romains : «Ceux qui vont se parant des travaux d’autrui ne veulent pas me concéder les miens. » Ils diront que mon ignorance des lettres m’empêche de bien m’exprimer sur le sujet que je veux traiter. Mais mes sujets, pour être exposés, requièrent l’expérience plus que les paroles d’autrui. Et l’expérience ayant été la maîtresse de ceux qui écrivent bien, je la choisis pour maîtresse, et en tout cas, ferai appel à elle.
Beaucoup croiront qu’ils ont motif de me blâmer, en alléguant que les preuves par moi avancées contredisent l’autorité de certains auteurs que leur jugement dépourvu d’expérience tient en grande révérence, sans considérer que mes conclusions sont le résultat de l’expérience simple et pure, laquelle est la vraie maîtresse.
Ces règles vous permettrons de distinguer le vrai du faux, et ainsi de ne placer devant vous que les choses possibles et raisonnables ; et elles vous interdisent de faire usage d’un manteau d’ignorance, par quoi vous n’arrivez à aucun résultat et de désespoir, vous abandonnez à la mélancolie
Le désir de savoir est naturel aux bons.
Bien des gens, je le sais, trouveront ce travail inutile ;Démétrius disait d’eux qu’il ne faisait pas plus cas du vent que les mots produise dans leur bouche, que de celui qui s’échappait de leur parties inférieures ; hommes avides des seules richesses et jouissances matérielles et complètement privés du désir de la sapience, unique nourriture et véritable richesse de l’âme ? Car tout de même que l’âme a plus de prix que le corps. Et fréquemment, quand je vois un de ces hommes prendre cette œuvre en main, je doute s’il ne va pas la porter à son nez comme un singe et me demander si elle est comestible ».
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La satisfaction que procure un éloge est toujours proportionnelle à l’estime que l’on porte à son auteur, de même pour l’insatisfaction que produit un blâme.
Manuel Vazquez