N’ayant pas reçu de réponse de Stephen Hawking, je me suis adressé au Professeur David Deutsch.
La durée étant la mesure du déplacement d’un objet mobile sur une distance immobile par rapport à un objet fixe, Temps et Espace ne forment qu’une seule et même donnée fixe : le perpétuel immobile.
7/12/04
Monsieur Stephen Hawking,
La théorie démontrant que le temps n’est pas une valeur absolue me conforte pour des raisons liées à la compréhension du trouble psychique, qui est le domaine qui m’intéresse réellement. Mais j’aurais préféré que la théorie de la relativité démontrât que le temps n’existe pas, ce qui m’aurait permis de vérifier, par la physique, la partie de ma thèse qui est consacrée à la temporalité.
À la page 53 de votre livre « Une brève histoire du temps» édition Flammarion, vous parlez du « paradoxe des jumeaux ».
Monsieur Stephen Hawking, la physique ne fait-elle pas un amalgame entre la mesure du temps, le temps, le déplacement, la perception de l’information et l’espérance de vie ?
Imaginons que la science ait découvert l’information physiologique pouvant annuler le vieillissement et qu’un des jumeaux, celui qui reste sur terre, en bénéficie pendant que son frère part faire un voyage spatial à une vitesse proche de celle de la lumière. A son retour de voyage, le jumeau voyageur ne pourra pas être plus jeune que son frère resté sur terre.
Ce n’est tout de même pas le temps qui passe qui nous fait vieillir !
Ainsi l’espérance de vie à la naissance, était en France de 39 ans pour les hommes et de 41 ans pour les femmes en 1835, de respectivement 66,7 et 73,1 ans en 1958, de 69 et 76,9 ans en 1975, et enfin de 73,6 et de 81,8 en 1994.
La vitesse de déplacement, qui démontré par les lois de la physique, peut modifier la mesure du temps, peut-elle réellement modifier le temps ? Pour ma part je ne le pense pas, parce que le temps avec un passé et un futur n’existe pas, le temps est immobile.
Et si le temps est immobile la vitesse de déplacement ne peut affecter que la mesure du temps qui en réalité ne peut être que la mesure d’un déplacement.
Ce que je pense en réalité, c’est que le temps est une idée, induite par un évènement psychologique (que je décris dans ma thèse) et matérialisée par une horloge qui, en fait, mesure le déplacement d’un objet par rapport à un autre. Par conséquent un temps qui s’écoule n’existe pas, ce qui existe dans notre esprit c’est une idée, la temporalité existentielle et donc la mémoire chronologique.
Avant le Big Bang le temps n’existait pas.
Comment une explosion aurait-elle pu créer le temps et le faire passer ?
Je vous remercie d’avance pour votre réponse et vous souhaite une bonne année 2005.
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David Deutsch <david.deutsch@qubit.org> a écrit :
Dear Manuel Vazquez I think that there are some severe misconceptions in what you write,
but unfortunately it is not clear enough for me to be able to see
that they are. Ordinary language is, unfortunately, highly ambiguous
and contains implicit falsehoods. Normally, I would recommend that you read my book The Fabric of
Reality (which has been translated into French), and you may yet wish
to do so. However, I think that a plan more likely to succeed would
be if you *first* studied an elementary textbook on the special
theory of relativity. I recommend, for instance, Essential Relativity
by Wolfgang Rindler. (I do not know whether it has been translated,
but I am sure that there are many other good textbooxs on the
subject.) This would familiarise you with the conceptual framework
that you are criticising, and hence allow you to formulate your ideas
and criticisms in a precise manner, and also a manner that can be
understood by existing workers in the field.
Hope that helps — David Deutsch
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Janet Page 46
Qu’est-ce en réalité que la conduite expérimentale ?
C’est d’abord une réflexion et un arrêt de la croyance. Voici une idée qui surgit dans votre esprit, voici une croyance que vous avez envie d’avoir ; elle correspond à vos sentiments. Mais soyez prudents. Ne croyez donc pas si vite que cela. Ce n’était peut-être qu’une croyance instinctive et impulsive. Arrêtez-vous un peu avant de croire et réfléchissez à bien des choses. La logique d’abord : que cette croyance soit d’accord avec celles des autres. Réfléchissez à l’expérience. Ne croyez que lorsque vous aurez touché du doigt, que lorsque vous aurez vérifié.
Or il est très difficile de vérifier. De même qu’il faut arrêter la croyance, il faut avoir toutes sortes de vertus pour faire une vérification expérimentale. La première de toutes, c’est l’humilité qui consiste à mépriser notre propre opinion, à être disposés à nous incliner. La vérification, c’est un verdict judiciaire qui est rendu, peut-on dire, par l’opinion des autres, et guidé par la nature. Inclinez-vous, acceptez le jugement ; il le faut et c’est très difficile. Combien d’hommes ont des croyances et ne se décideront jamais à en changer même quand on leur fera voir perpétuellement la contradiction. Il faut savoir s’incliner devant les verdicts de l’opinion publique et de la nature. Il faut être honnête dans la vérification, honnête vis-à-vis d’une personne qui en général n’exige pas beaucoup d’honnêteté : envers nous-mêmes. Il ne faut pas nous mentir à nous-mêmes, et nous nous mentons perpétuellement au cours de la vie, beaucoup plus qu’aux autres. Quand on cherche à vérifier, il ne faut pas se dire qu’on a vu alors qu’on n’a pas vu, il ne faut pas donner le coup de pouce à l’expérience, comme disait Claude Bernard; il y a toute espèce de prudences, d’honnêtetés qu’il faut avoir. Ensuite, quand la nature contredit votre expérience, il faut être disposé à la changer, inventer une autre théorie ; c’est très fatigant, et bien des gens préfèrent rester sur leurs positions. Nous garderons cette croyance parce que nous l’avons depuis vingt ans. Voilà la principale raison. Elle est contredite par les faits ? Tant pis pour les faits.
Page 55
Malheureusement, quand on a supprimé une difficulté, elle renaît de plus en plus et nous assistons aujourd’hui à une époque bien néfaste, une époque terrible où ce ne sont plus les philosophes qui protestent contre le temps, mais les savants eux-mêmes.
Les savants ont fait une découverte extravagante, qui les gêne beaucoup et qui les oblige à relire les protestations des philosophes. Il y a des savants qui ont osé dire : Mais nous ne pouvons même pas scientifiquement mesurer, des unités de temps. Pour mesurer des unités de temps, il faut que nous soyons à la même place, il faut que les deux instruments, les deux horloges soient près de nous. Quand nous mettons une horloge très loin de nous, quand nous la mettons dans le soleil et quand nous en mettons une autre sur la terre, la vérification devient impossible parce que le trajet de la lumière d’une des horloges à l’autre occupe déjà un certain temps et que nous sommes obligés de supposer que le trajet de la lumière est resté le même, ne s’est pas modifié. Et voilà des mathématiciens, des physiciens comme Einstein qui viennent parler le même langage.
Correspondance (Spinoza)/Lettre XV
(O.P. : XXIX ; C.A. : XII)
À MONSIEUR L. M. P. M. Q. D. 1,
B. DE SPINOZA.
Si vous me demandez maintenant d’où vient qu’une sorte de penchant naturel nous porte à diviser la substance étendue, je vous dirai que la quantité se conçoit de deux façons : d’une façon abstraite et superficielle, telle que les sens la représentent à l’imagination, ou bien comme substance, telle que l’entendement seul peut la concevoir. Si nous considérons la quantité des yeux de l’imagination, c’est le procédé le plus facile et le plus ordinaire, elle est divisible, finie, composée de parties, et multiple par conséquent ; mais si nous la considérons telle que l’entendement nous la fait connaître, c’est-à-dire si nous la percevons telle qu’elle est en soi, chose très-difficile, je l’avoue, il se trouve alors, comme je vous l’ai suffisamment démontré autrefois, qu’elle est infinie, indivisible et unique.
Les notions du temps et de la mesure naissent de cette faculté que nous avons de déterminer à volonté la durée et la quantité, savoir : en concevant celle-ci abstraction faite de la substance, et en séparant celle-là des modes par qui la durée s’écoule du sein des choses éternelles. Le temps et la mesure, en effet, ne sont autre chose que des déterminations de la durée et de la quantité, qui les rendent accessibles, autant qu’il se peut, à l’imagination. De même en concevant les affections de la substance abstraction faite de la substance elle-même et en les réduisant en de certaines classes pour les imaginer plus aisément, nous formons la notion du nombre, laquelle est un moyen de déterminer les affections de la substance ; d’où l’on peut voir que la mesure, le temps et le nombre ne sont que des façons de penser, ou plutôt d’imaginer. Il n’est donc point surprenant que tous ceux qui ont voulu concevoir le progrès de la nature par de semblables notions, et encore étaient-elles mal définies, se soient embarrassés d’une façon si extraordinaire dans leurs propres liens qu’il leur a fallu tout rompre pour en sortir et se jeter dans les dernières absurdités.