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6 mars 2009

2° Processus psychologique à l’origine de la culture scripturale

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Deuxième chapitre (le péché originel)

2° Processus psychologique à l’origine de la culture scripturale

2.1 Information à l’origine de la modification de la pensée

2.2 1ère modification psychologique

2.3 2ème modification psychologique

2.4 Conclusion

Freud, S. (1926) : Le malaise dans la culture, Œuvres complètes, Presses universitaires de France (1999) Vol. XVIII, p. 309

« Et c’est pourquoi le développement de la culture doit être, sans plus de détours, qualifié de combat vital de l’espèce humaine. Vraisemblablement, pour être plus précis : tel qu’il a dû prendre forme à partir d’un certain évènement qui reste encore à deviner. »

Ahijado Quintillan, M. Osuna Guerrero, R.(1996) : Lecciones de introduccion a la microeconomia para administracion y direcccion de empresas, (ADE), Ediciones Academicas, S.A. (EDIASA), page 37

« Antes de los asentamientos que se produjeron en el periodo Neolitico, cuando los individuos vivían en tribus nómadas y se dedicaban a la recolección de los frutos salvajes y la caza, no había propiamente economía o problema económico- ni ciertamente Economía-, ya que prácticamente todos los bienes eran libres o gratuitos, dado que se obtenían a un coste prácticamente nulo (Hicks, J. 1.970 : A Theory of Economic History, Oxford University Press. Existe traducción castellana en Ariel). Una cuestión interesante que no respondemos aquí es por qué se produjo aquel cambio de cultura. » 2

2 Ahijado, M. Osuna Guerrero, R. (1996) « Avant la sédentarisation du Néolithique, quand les individus vivaient dans des tribus nomades et qu’ils se consacraient à la récolte des fruits sauvages et à la chasse, il n’y avait pas à proprement parlé d’économie ou de problèmes économiques – ni à fortiori d’Économie -, puisque pratiquement tous les biens étaient libres ou gratuits, puisqu’ils étaient obtenus à un coût pratiquement nul. (Hicks, J. 1970: A Theory of Economic History, Oxford University Press. (Il existe une traduction en castillan par Ariel) Une question intéressante à laquelle nous ne répondons pas ici c’est pourquoi se produit ce changement de culture.»

2.1 Information à l’origine de la modification de la pensée

Pour changer de culture, il faut que la réflexion ait subi une modification psychologique induite par de nouvelles informations. De plus, le développement des sciences n’est possible qu’à trois conditions :

1° le besoin, (lié à la modification psychologique induite par de nouveaux évènements).

2° que la réflexion soit rationnelle.

3° que l’on ait du temps à consacrer à la réflexion abstraite logique.

Dans l’histoire de l’humanité, cette modification psychologique historique s’est produite à deux reprises, la 1ère fois entre -5000 et –3400 av. JC., et la 2ème fois après -1347 av. JC. Il est évident que la principale se produisit lorsque l’homo sapiens se rendit compte qu’il existait, c’est d’ailleurs ce qui différencie l’homme des animaux, sans réflexion abstraite il ne peut y avoir de culture. La réflexion instinctive ne peut être maîtrisée que par une réflexion abstraite et la représentation affective ne peut pas naître sans réflexion abstraite.

La réflexion abstraite est parfois soumise à certaines inerties (provoquées par les données de la mémoire affective) que j’aborderai plus loin en détails mais dont je vais donner un exemple.

Prenons une agression verbale (x) dirigée à votre encontre. Plaçons cette information dans la bouche de cinq sujets différents, un passant, un de vos collègues, un de vos enfants, votre épouse ou époux, votre mère ou père. Bien que l’information soit identique, sa perception et donc son interprétation seront différentes en fonction du sujet qui donnera l’information. Nous pouvons donc en déduire que la réflexion dans ce cas n’est pas rationnelle, puisque nous aurons cinq réactions différentes pour une information identique. Vous me direz que le lien affectif est une information, mais une réflexion empreinte d’affectivité n’a aucun intérêt pour la recherche d’un résultat rationnel.

2.2 1ère modification psychologique

Toute communauté dont le nombre d’individus fut supérieur à celui auquel pouvait être lié affectivement un des membres la composant, développa par besoin social et économique (les rapports sociaux étant, en dehors de la cellule familiale, non affectifs) une culture scripturale, fondée sur la protection de l’individu et la sanction de la faute.2

2. La protection de la propriété privée ne se conçoit qu’en dehors de la cellule familiale (en réalité du cercle affectif). Le législateur a prévu des lois en matière de succession, afin de protéger l’individu dans l’éventualité du décès d’un parent qui voudrait pour des raisons affectives déshériter le successeur. L’écriture ne fut créée que dans le but de protéger et de gérer la propriété privée, protection qui ne peut naître qu’en l’absence de lien affectif. La propriété privée existe bel et bien au sein des sociétés orales, ce qui n’existe pas ce sont des raisons de l’acquérir par le vol.

Comme vous pouvez le constater ci-dessous, la déclaration des droits de l’homme de 1789 fut la matérialisation de cet état psychologique et confirme donc le besoin qu’a l’individu (hors cellule familiale) vivant dans ce type de société « non affective » de se protéger du danger potentiel que constitue les autres individus composant cette même société.

(Encyclopédie Universalis V9, auteur : Wanda Mastor)

« Consécration française de la philosophie des droits de l’homme, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen forme le préambule de la Constitution des 3-4 septembre 1791. Votée dès août 1789 par l’Assemblée nationale constituante, « sous les auspices de l’Être suprême », elle est l’aboutissement de la pensée des Lumières, un compromis entre Montesquieu et Rousseau, où triomphe la foi dans la Raison et le progrès, propagée par la franc-maçonnerie au sein des élites du royaume. Ses dix-sept articles traduisent la même conception individualiste des droits, qui avait inspiré, en 1776, la Déclaration d’indépendance américaine.

Les corps intermédiaires – famille, corporations, états et provinces –, sont ignorés. Les droits et libertés y sont reconnus de manière très abstraite, selon une logique universaliste peu soucieuse de la pratique. »

L’homme n’agit que par besoin. La sédentarisation et l’agriculture ont permis une expansion démographique nécessitant la création d’une technique de protection de l’individu, de contrôle et de gestion de la propriété privée : l’écriture. La viabilité d’une culture scripturale n’est possible que par la protection de celle-ci contre l’erreur, la faute et ce quel que soit le domaine, naissance des règles, des codes, des lois.

Débarrassé de la dépendance affective et muni d’un système de contrôle, l’homme peut désormais s’institutionnaliser comme outils de travail dans l’esclavage organisé, la création de la monnaie lui permettra de s’assujettir au travail. Pour penser il faut libérer du temps et l’utilisation de l’homme comme main-d’œuvre (d’abord par l’esclavage) va permettre à l’homme de se consacrer à la réflexion abstraite. 1

1. L’attention au départ centralise les perceptions sensorielles, ensuite (à partir de +/- 30 mois, selon mes développements) elle devra aussi se déplacer sur la réflexion abstraite. Ceci m’a été confirmé lors d’une conférence, sur les fonctions cognitives supérieures, réalisée par Olivier Houde à l’université de tous les savoirs, dont j’ai pris connaissance sur Internet et dans laquelle il dit : « je pense donc j’inhibe » (activer la stratégie abstraite logique inhibe la stratégie perceptive sensorielle et inversement). Exemple : essayez simultanément de réaliser un calcul mental complexe et d’enfiler un fil à coudre à travers le chas d’une aiguille.

Houde, O. (2000) : le développement de l’intelligence chez l’enfant,

http://www.canal-u.tv/auteurs/houde_olivier

Le moteur de l’évolution de la culture scripturale ne peut être qu’une situation d’insatisfaction culturelle permanente (l’angoisse culturelle) donc inconsciemment dangereuse provoquée par l’absence de lien affectif entre les individus, vivant au sein d’une même communauté, et ayant la nécessité permanente de se protéger.

Joseph Schumpeter a approché la solution. En effet, il pressent l’importance du lien affectif dans le processus mental des sociétés « primitives ».

Capitalisme, socialisme et démocratie. Edition 1942, Joseph Schumpeter. 150 et 151.

« Il y a cinquante mille ans, l’homme a affronté les dangers et les chances de son milieu avec un comportement qui, selon certains « préhistoriens », sociologues et ethnologues, équivalait grossièrement à l’attitude des primitifs modernes. Deux éléments de cette attitude sont particulièrement importants à notre point de vue : la na­ture « collective » et « affective » du processus mental des primitifs et, s’y super­po­sant partiellement, le rôle de ce que, faute d’un meilleur terme, j’appellerai la ma­gie. Par « nature collective et affective » je fais allusion au fait que, dans les petits grou­pes sociaux indifférenciés ou peu différenciés, les idées collectives s’imposent d’elles-mêmes à l’esprit individuel beaucoup plus strictement que ce n’est le cas dans les grands groupes complexes: et aussi au fait que ces petits groupes aboutissent à leurs conclusions et décisions par des méthodes qui, au point de vue qui nous préoccupe, peuvent être caractérisées par un critérium négatif : le dédain pour ce que nous appe­lons la logique et, notamment, pour la règle de non-contradiction. En second lieu, j’entends par magie l’emploi d’un système de croyances qui, certes, ne font pas com­plètement abstraction de l’expérience – aucun rite magique ne saurait survivre à une série ininterrompue d’échecs – mais qui insèrent dans la succession des phénomè­nes observés des entités ou des influences émanant de sources non empiriques. La similitude de ce type de processus mental avec ceux des névrosés a été soulignée par G. Dromard (en 1911; son expression, délire d’interprétation, est particulièrement suggestive) et par S. Freud (Totem et Tabou, 1913). Cependant il ne s’ensuit pas qu’il soit étranger au comportement de l’homme contemporain. Bien au contraire, toute discussion politique devrait convaincre le lecteur qu’un groupe étendu de nos processus mentaux, extrêmement important du point de vue de l’action, se range exactement dans la même classe. »

Mais son analyse est erronée : il n’a pas une compréhension exacte de ce qu’est la logique de l’évolution, puisqu’il attribue, par les phrases ci-dessous, le progrès scientifique au système économique capitaliste.

Schumpeter, J. (1961) : Capitalisme, Socialisme, Démocratie, chapitre XI « la civilisation du capitalisme », Bibliothèque économique, Payot, Paris, page 215 et 217.

« Le schéma économique est la matrice de la logique. », « Or, une fois ainsi défini et quantifié dans le secteur économique, ce type de logique ou de méthode de comportement poursuit sa carrière de conquérant, en subjuguant- en rationalisant les outils et les philosophies de l’homme, ses pratiques médicales, sa vision de l’univers cosmique, sa conception de l’existence, en fait tout ce qui le préoccupe, y compris ses notions d’esthétique et de justice et ses aspirations spirituelles.»

Néanmoins Schumpeter a un doute : « Comment se justifie l’existence des rois ou des papes ou des dîmes ou de la propriété ou de la subordination ? »

Contrairement à ce que pense Schumpeter, le schéma économique ne peut être la matrice de la logique puisque sa création fut le produit du développement des sciences au service de l’affectivité. Le profit (élément vital propre à l’existence de toute entreprise et qui constitue une différence donc un déséquilibre (de compensation) entre le prix de la vente, d’un produit et le prix payé pour la réalisation de ce produit), est la matérialisation d’un déséquilibre énergétique venant compenser la potentialité d’un autre déficit énergétique, provoqué par l’absence de lien affectif entre individus vivant au sein d’une même société.

La matrice de la logique et donc de tout progrès scientifique ne peut être qu’une réflexion abstraite rationnelle, dépourvue d’affectivité et donc de toute entrave économique (vous n’êtes pas sans savoir que le frein pour la recherche scientifique est le moyen économique).

Voici donc les 3 conditions nécessaires à l’apparition d’une économie de marché :

1° L’absence de lien affectif entre individus d’une même société.

2° un déséquilibre énergétique permanent entretenu par les besoins vitaux naturels (se nourrir) et ensuite culturel (l’argent). 1

1. Comme vous pourrez le constater dans le livre de Primo Lévi « si c’est un homme ». Dans l’économie concentrationnaire, la monnaie d’échange (le besoin économique culturel) n’est pas nécessaire au bon fonctionnement du marché ni à la cotation en bourse des valeurs, puisque le déséquilibre énergétique permanent était entretenu par l’insuffisance alimentaire.

3° Le monothéisme.

2.3 2ème modification psychologique

Une autre condition sera tout aussi indispensable pour le progrès scientifique. La science doit rendre grâce à Akhenaton (Aménophis IV) XIV siècle av. JC ; en effet il réforma le culte et instaura le monothéisme, momentanément pour son époque mais durablement pour l’histoire.

Le monothéisme permit à l’homme de rompre le lien affectif à la nature qu’entretiennent encore aujourd’hui les civilisations à culture orale d’Amérique ou d’Afrique. Ce lien fut présent aussi dans l’Égypte antique (dans laquelle les divinités ont une apparence humaine mais représentent des formes diverses tel que : homme, femme, chien, cobra, lotus …). 2

2 La force du lien affectif est qu’il confère, inconsciemment au travers du besoin de l’autre, le pouvoir à l’autre de prendre une décision nous concernant et cela parfois en dépit de toute rationalité et du respect de toutes règles morales (Exemple : le comportement passif voir actif des épouses de criminels tel que Dutroux et Fourniret). S’opposer à l’autre c’est aussi s’opposer à soi-même et cela est inconsciemment insatisfaisant (source d’un déficit affectif, d’une angoisse) donc potentiellement dangereux. Evidemment vous aurez compris que pour expliquer «la subordination », le besoin et notamment l’alimentaire est amplement suffisant.

André Gorz. Métamorphoses du travail. Quête du sens, page 143

La quantification faisait surgir un critère irrécusable et une échelle hiérarchique qui n’avaient besoin d’être validés par aucune autorité, aucune norme, aucune échelle des valeurs. L’efficacité était mesurable et, à travers elle, la capacité de l’individu, sa vertu : plus vaut plus que moins, celui qui réussit à gagner plus vaut mieux que celui qui gagne moins. »

Léonard de Vinci, L. (1987) : les carnets de Léonard de Vinci, Tome 1, feuillet B13 v. Collection Tel, Gallimard. Page 128, 129.

« En effet, l’homme ne diffère point des animaux, sauf en ce qui est accidentel, et c’est en cela qu’il révèle sont essence divine ; car au point où la nature s’arrête de produire ses espèces, l’homme avec les choses naturelles, crée à l’aide de cette nature une variété infinie d’espèces, et comme elles ne sont point nécessaire à ceux qui se gouvernent justement, comme les animaux, il n’est point dans la disposition de ceux-ci de les rechercher. »

Léonard de Vinci de Vinci, L. (1987) : les carnets de Léonard de Vinci, Tome 1, feuillet B 2 v. Collection Tel, Gallimard. Page 85.

« L’idée ou la faculté d’imaginer est à la fois gouvernail et frein des sens, dans la mesure où la chose imaginée émeut le sang. »

Nous pouvons donc en déduire que le lien affectif peut interférer dans la réflexion et freiner la rationalité, donc le progrès scientifique et que l’absence de lien affectif peut aussi interférer dans la réflexion inconsciente (par l’angoisse potentielle que peut constituer l’absence ou la perte du lien affectif) et représenter un frein pour la création d’une société équitable ayant pour but un équilibre énergétique global, donc soucieuse de l’environnement.

(Pascal, pensées)

« Il ne faut pas qu’il sente (le peule) la vérité de l’usurpation : elle a été introduite autrefois sans raison (l’absence de lien affectif entre individus d’une même communauté), elle est devenue raisonnable (nécessité de protéger l’individu); il faut la faire regarder comme authentique, éternelle, et en cacher le commencement (on ne peut cacher quelque chose que l’on ignore) si on ne veut qu’elle ne prenne bientôt fin. »

Comme vous pouvez le constater ci-dessous, pour la réflexion rationnelle le frein est l’être humain lui-même au travers de l’affectivité, puisque l’homme depuis le moment où il sait qu’il existe doit en permanence demander l’avis sur ce qu’il pense à quelqu’un qu’il aime, c’est-à-dire lui-même (deux informations associables).

(Encyclopédie Universalis V9, Pierre Costabel)

« Galilée est néanmoins convaincu de la position centrale du Soleil, et il publiera en février 1632 à Florence le Dialogo [...] sopra i due massimi sistemi del mondo, tolemaico, e copernicano (Dialogue sur les deux grands systèmes du monde), un excellent ouvrage de vulgarisation qui met à mal les doctrines d’Aristote sur le mouvement et la physique. Galilée sera cependant obligé d’abjurer la doctrine héliocentrique : le 22 juin 1633, le Dialogo sera condamné par le Saint-Office. Plus de cent ans après, cette doctrine n’était pas encore totalement acceptée par l’Église. Galilée ne sera réhabilité, par le pape Jean-Paul II, que le 31 octobre 1992. »

2.4 Conclusion

Freud, S. (1926) : Le malaise dans la culture, Œuvres complètes, Presses universitaires de France (1999) Vol. XVIII, p. 283.

« Une bonne part de la lutte de l’humanité se concentre sur une seule tâche, trouver un équilibre approprié, c’est à dire porteur de bonheur, entre ces revendications individuelles et les revendications culturelles de la masse; un dès problème qui engagent le destin de l’humanité est de savoir si cet équilibre peut être atteint par une configuration déterminée de la culture ou si le conflit exclut toute réconciliation. »

Cette nouvelle configuration culturelle devrait nous permettre d’éradiquer toutes formes de discriminations non naturelles (en réalité tous les déficits affectifs angoissants) et par conséquent tout type de protection qu’elle soit économique, culturelle, ou psychique, facteurs à l’origine des conflits visant à rétablir l’équilibre énergétique.

De Vinci, L. (1987) : les carnets de Léonard de Vinci, Tome 1, C.A. 288 V.a. Collection Tel, Gallimard. Page 94.

« L’inégalité est la cause de tout mouvement local. Il n’est point de repos sans égalité. »

4° Fondements de « la conscience morale »

Classé dans : la conscience morale, origine de la culture scripturale — Mots-clefs : — admin @ 17:47

Quatrième chapitre

4° Fondements de « la conscience morale »

4.1 Résumé

4.2 La conscience

4.3 L’affectivité

4.4 La réflexion associative

4.5 La mémoire à long terme

4.6 Le conditionnement de la mémoire affective et de la réflexion culturelle, simultanée à la réflexion consciente

4.7 L’attention

4.8 La temporalité

4.9 La connexion temporelle

4.10 La « conscience morale »

4.11 Le rêve manifeste

4.12 La zone cérébrale située à cheval entre le cortex préfrontal ventro médian et le cortex préfrontal ventro médian et cingulaire

Introduction

Syllogisme

Toute modification de l’état d’une information implique d’abord son déplacement.

Tout déplacement d’information est généré par un déséquilibre énergétique.

La matière en déplacement étant la génitrice et le support de l’information abstraite, il ne saurait être autrement pour la naissance et l’évolution de la réflexion abstraite (voir première partie).

Si nous pensons aux causes naturelles qui pourraient faire migrer les populations de culture orale, vivants encore en Amazonie, nous pouvons inférer la raison exacte (théorique) qui poussa certains primates à quitter leur forêt : un milieu devenu hostile (un déséquilibre énergétique).

Le corps est l’esprit

Un esprit sans corps serait dans l’incapacité de distinguer « le bien » satisfaisant, « du mal »  insatisfaisant.

L’information abstraite, comme nous le savons, est le produit de la matière vivante, et bien qu’elle ne soit pas perceptible pour les sens, elle n’est aucunement privée de réalité concrète puisqu’elle possède un corollaire matériel, le neurone. Une information abstraite est par conséquent toujours concrète, et participe à la recherche de l’équilibre énergétique originel « mémorisé ». En réalité, il est donc inexact de faire une distinction entre le corps et l’esprit.

Pour la bonne compréhension je continuerai malgré tout à faire cette distinction mais en parlant de réflexion abstraite. D’ores et déjà, il me faut rappeler qu’une information ne possède qu’une des trois qualifications suivantes : satisfaisante, insatisfaisante ou indifférente. Il relève donc d’une impossibilité matérielle, et d’une erreur culturelle de penser que l’on puisse agir de façon désintéressée, à moins d’être capable de réaliser une action, dans l’indifférence la plus totale et sans but précis, absurdité qui ne relève que du mythe littéraire ou, pour être plus exact, d’un onanisme intellectuel nécessaire puisque apparemment satisfaisant.

L’idée du suicide est l’ultime solution, trouvée afin d’annuler une souffrance physique permanente : un déséquilibre chimique permanent et insatisfaisant produit par la sécrétion pathologique, par les surrénales, de corticoïdes et d’adrénaline.

L’idée du sacrifice volontaire est aussi la solution ultime, mais celle-ci est trouvée afin d’éviter le potentiel déséquilibre chimique, insatisfaisant et permanent.

Une réaction neuronale est produite par un stimulus qui convertit la charge électrique négative, de la cellule, en charge positive afin de provoquer par une liaison synaptique, une réaction dans la cellule cible.

Remarque

La « performance » du corbeau de Nouvelle Calédonie (dans la confection d’outils sophistiqués, par rapport à ceux qu’utilise le chimpanzé) me fit comprendre que le référentiel que je devais utiliser pour étudier l’évolution cognitive d’une espèce en particulier, devait faire partie de la même espèce. En effet, il m’apparut alors clairement que je comparais les performances d’espèces différentes, en utilisant toujours le même référentiel, l’être humain.

A mon sens, le cerveau de chaque espèce est toujours parfaitement adapté à son milieu, en poids, masse, volume et « performances », il ne peut donc être considéré dans ses spécificités comme supérieur ou inférieur à celui d’une autre espèce.

De même pour la conception culturelle de la conscience morale qui me paraît être le référentiel philosophique humain (venant combler un vide scientifique) dont, par un heureux concours de circonstances, j’ai pu faire abstraction.


Extrait des Carnets de Léonard de Vinci. G 96 r

« Où l’on ne peut appliquer aucune des sciences mathématiques ni aucune de celles qui sont basées sur les sciences mathématiques, il n’est point de certitude.»

4.1 Résumé

Le but est ici de faire la démonstration que la « conscience morale », contrairement à ce que pensent les professeurs David Premack et Marc Hauser, n’est pas générée par un module ou un organe moral cérébral inné, permettant à l’homme de distinguer « le bien » du « mal », et qu’il s’agit en fait de l’interaction d’une mémoire possédant des informations culturelles acquises par conditionnement affectif avec deux réflexions : la première innée, associative et la deuxième acquise par conditionnement (donc occasionnelle). Je tiens à préciser qu’un sujet « asocial » possède évidemment aussi cette mémoire affective et ces réflexions, ce qui le différencie d’un sujet « social » ce sont les qualités satisfaisantes ou insatisfaisantes opposées à celles que possède un sujet « social », dans leurs associations aux données qui composent la mémoire affective acquise par conditionnement.

La réflexion particulière et circonstancielle que je nomme « la réflexion simultanée et culturellement conditionnée de la recherche en responsabilité » (simultanée à la réflexion consciente, par conséquent privée d’attention et donc inconsciente), sera initiée chaque fois que la réflexion associative innée (involontaire et inconsciente) détectera une représentation abstraite obstacle, donc insatisfaisante (qualifiée par Sigmund Freud de « refusement extérieur ») qui initiera le déficit affectif.

La permanence du déficit affectif associé à cette réflexion culturelle, non seulement participe au développement du trouble psychique (produit par déficit affectif permanent) mais en est aussi le moteur, l’inconscient dynamique dont parle Freud.

Remarque

Une fois que le déficit affectif est permanent, le motif initial du « refusement extérieur » peut être remplacé par le « refusement intérieur », la culpabilité inconsciente.

IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » page 161.

« Tandis qu’un deuil normal atteint son décours entre 1 et 2 ans, un deuil pathologique comme le sien est illimité dans la durée »

Le déficit affectif est une insatisfaction corporelle provoquée par l’impossibilité d’associer, du fait de leurs qualités opposées, deux informations abstraites ayant le même objet (en finalité la représentation abstraite et culturelle de la personne). Cette représentation initialement mémorisée comme source de satisfaction et inconsciemment associée au maintient de l’équilibre physiologique de l’individu (voir première et deuxième parties), ne peut plus s’associer à la perception de cette même représentation qui maintenant est de qualité insatisfaisante.

Bien que certains peuples de culture orale aient pratiqué occasionnellement l’anthropophagie (pour des raisons culturelles et affectives liées aux esprits de leurs ancêtres), leur organisation sociétale ne produit pas d’individu dont il faille se protéger, ni de menace pour l’équilibre de l’écosystème. Aujourd’hui et depuis le contact avec la civilisation occidentale, ces peuples ayant cessé ces pratiques culturelles, ressentent un déficit affectif provoqué par le fait qu’ils pensent ne plus pouvoir honorer leurs ancêtres, et par l’image réductrice et « inhumaine » de « coupeurs de têtes » que leur renvoie la culture occidentale.

Remarque

L’ « antisocial » idéologique pacifique ou violent (religieux, révolutionnaire ou terroriste politique) peut à l’origine posséder un conditionnement « asocial ». Conditionnement qu’il devra nécessairement adapter pour dans tous les cas, posséder un comportement moral comparable à celui d’un sujet « social ». Ceci est la condition sine qua non de la cause idéologique. Condition qui ne le privera pas (le cas échéant et avec l’assentiment de sa communauté), au nom du «  bien », de devenir le pire des sanguinaires.

Extrait des Carnets de Léonard de Vinci. C.A. 39v.c

« Le bonheur suprême sera la plus grande cause de misère, et la perfection de la sapience une occasion de folie ».

4.2 La conscience (voir premier chapitre)

Extrait O.C. XII puf S.Freud page 221 :

« Il est nécessaire d’admettre qu’il n’existe pas dès le début, dans l’individu, une unité comparable au moi; le moi doit subir un développement ».

La conscience est un  « état temporel de perception » (données temporelles utilisées par la réflexion abstraite) centralisateur d’informations sensorielles et abstraites, qui naîtra lorsque le sujet s’apercevra qu’il existe.

C’est à cet instant que se développera la représentation idéelle et satisfaisante de l’affectivité « l’amour ».

4.3 L’affectivité

Remarque : une information affective est une information abstraite, possédant une qualité satisfaisante ou insatisfaisante, associée et déterminant la représentation culturelle et abstraite de soi. De ce fait, la définition officielle du mot « affectivité » ne me paraît plus appropriée. J’aurais très bien pu nommer cette information X, Y, ou Z puisque l’affectivité résulte de la réflexion abstraite et comme nous le verrons, sa singularité, propre à chaque individu, résultera du conditionnement aléatoire de la mémoire « affective » (déterminant la représentation abstraite et culturelle du sujet).

Pour une bonne compréhension je continuerai malgré tout, à utiliser l’adjectif « affective » pour qualifier et différencier l’information.

A sa naissance l’intérêt qu’a l’enfant pour sa mère n’est que de type physiologique et non idéel. Et je ne veux pas dire ici que le nouveau-né n’a pas un besoin urgent d’affect  sensoriel. Ce que je veux dire, c’est qu’il ne peut avoir l’idée que l’on puisse l’aimer.

Entre le sixième et le huitième mois, il peut la reconnaître pour la même raison, l’enfant associe la mère à la satisfaction physique. Il est alors dans l’impossibilité de l’aimer de façon idéelle. L’affectivité ne peut exister sans réflexion abstraite, puisqu’elle représente un ensemble de phénomènes physiques satisfaisants ou insatisfaisants, provoqué par le rapport satisfaisant ou non, d’une information exclusivement associée à la représentation abstraite de la personne.

Au cours du développement de l’enfant, le mot apparaît vers douze mois, les phrases vers dix-huit mois, le pronom personnel « je » vers trente mois », c’est à partir de cet instant que nous saurons que l’enfant commence à exister pour lui-même.

Avant +/- 30 mois un enfant ne peut différencier un jeu d’une agression.

Exemple (il est possible que cette expérience n’ait pas le même résultat avec des personnes que l’enfant ne reconnaît pas comme source de satisfaction)

Un jour en présence de notre enfant, qui devait avoir un an et demi, ma femme me saisit afin de me chatouiller, je la pris à mon tour par le cou pour me dégager. Notre enfant terrorisé commença à crier et à pleurer. Il ne put inférer que nous jouions. Ceci démontre qu’à cet âge, l’enfant est incapable de réaliser une réflexion abstraite qui lui permettrait d’interpréter une lutte physique pacifique, autrement que comme une agression.

L’homme à partir de +/- 30 mois aura le besoin permanent d’avoir l’idée qu’il est aimé de l’être dont il a besoin physiologiquement, et cela indépendamment du fait qu’il soit effectivement aimé ou non, puisque cette idée sera déterminée par le comportement (volontairement ou involontairement) satisfaisant de l’être dont il a besoin.

Je rappelle ici que l’on situe le complexe d’Oedipe entre 2 et 3 ans.

A ma connaissance, l’homme est le seul animal qui à partir de +/- 30 mois et donc sans avoir atteint la maturité sexuelle, désirera prendre la place de l’un de ses géniteurs.

L’acte gratuit est une idée satisfaisante, mais si l’amour existe, il est toujours, du fait de notre condition animale et d’abord de matière, calculé.

Exemple : « si c’est un homme » Primo Levi. Pavillon, Robert Lafont. Page 132.

« Henri est au contraire éminemment civilisé et conscient de soi, et possède une théorie complète et articulée sur les façon de survivre au Lager. …selon sa théorie, pour échapper à la destruction tout en restant digne du nom d’homme, il n’y a que trois méthodes possibles : l’organisation, la pitié et le vol. Lui-même les pratique toutes les trois. Nul n’a comme lui l’art consommé de circonvenir (de « cultiver », comme il dit) les prisonniers de guerre anglais. Entre ses mains ils deviennent de véritables poules aux œufs d’or… . Henri a découvert que la pitié, étant un sentiment primaire et irraisonné, ne pouvait mieux prospérer, à condition d’être habilement instillée, que dans les âmes frustes des brutes qui nous commandent, … il n’a pas manqué de remarquer l’importance pratique d’une telle découverte, et c’est sur elle qu’il a fondé son industrie personnelle. De même que l’ichneumon paralyse les grosses chenilles velues en piquant leur unique ganglion vulnérable, de même il suffit d’un coup d’œil à Henri pour jauger son homme, « son type » ; il lui parle brièvement, en employant le langage approprié, et « le type » est conquis : il l’écoute avec une sympathie croissante, s’attendrit sur le sort du malheureux jeune homme, et il est en passe de devenir rentable. …. Mais son champ d’action favori demeure le K.B. Au K.B., Henri a entrée libre : ses amis- plus que ses protecteurs-, les docteurs Citron et Weis, l’hospitalisent quand il le veut et avec le diagnostic qu’il veut. Cela se produit notamment à l’approche des sélections et dans les périodes où le travail est particulièrement pénible : alors Henri « prend ses quartiers d’hiver », comme il dit. Il parle de ses conquêtes avec une modestie de bon ton, comme de proies faciles, mais s’étend volontiers sur les calculs qui l’on amené à aborder Hans en lui demandant des nouvelles de son fils envoyé au front, … .

Toutes mes conversations avec Henri, même les plus cordiales, m’on toujours laissé à la fin un léger goût de défaite ; le vague soupçon d’avoir été moi aussi, un peu à mon insu, non pas un homme face à un autre homme, mais un instrument entre ses mains.

Je sais aujourd’hui Henri est vivant. Je donnerais beaucoup pour connaître sa vie d’homme libre, mais je ne désire pas le revoir ».

Autre exemple. AFP

Dutroux est un homme qui pense à tout. » Jean-Marc Connerotte a résumé en quelques mots, jeudi, les redoutables talents du pédophile. « Manifestement, les caches étaient construites de manière à ne pas pouvoir être décelées. C’était d’un professionnalisme effrayant. » Il a raconté la réaction de Sabine et Laetitia à l’ouverture de la geôle de Marcinelle. D’abord apeurées d’être livrées à la « bande » dont Dutroux leur a affirmé vouloir les protéger, « elles ne veulent pas sortir ». « Ensuite, elles remercient Dutroux. C’est absolument épouvantable : elles l’embrassent. » Un « conditionnement » qui rappelle à M. Connerotte le « mode opératoire des proxénètes pour asservir les prostituées ».

Avec AFP

Le lien affectif ne peut exister que si l’être « aimé » dont on a besoin, satisfait une nécessité, s’il procure une satisfaction.

J’espère avoir éclairé sous un autre jour, ce que l’on nomme «  Le syndrome de Stockholm ».

Extrait

Le 23 août 1973 à 10 h 15, un évadé de prison, Jen Erik Olsson tente de commettre un hold-up au Crédit suédois de Stockholm. L’intervention des forces de l’ordre l’oblige à se retrancher dans la banque où il prend en otage quatre employés. Il obtient la libération de son compagnon de cellule, Clark Olofsson, qui vient immédiatement le rejoindre. Les médias rapportent les surprenantes déclarations des personnes détenues : « Nous avons pleinement confiance dans les deux bandits, les voleurs nous protègent contre la police [1, 2]. » Six jours de négociation aboutissent, finalement, à la libération des otages au cours de laquelle ceux-ci s’interposeront entre leurs ravisseurs et les forces de l’ordre. Par la suite, ils refuseront de témoigner à charge lors du procès, contribueront à leur défense et iront leur rendre visite en prison. L’une des victimes, tombée amoureuse de Jen Erik Olsson, finira même par l’épouser.

Rappel

La force du lien affectif est qu’il confère, inconsciemment au travers de la nécessité de l’autre (association, identification), le pouvoir à l’autre de prendre une décision nous concernant et cela, en dépit parfois du respect de toutes règles morales. S’opposer à l’autre, c’est aussi s’opposer à soi-même et cela est inconsciemment insatisfaisant (source d’un déficit affectif) donc potentiellement dangereux (Exemple : le comportement passif voir actif des épouses de criminels tels que Dutroux et Fourniret).

4.4 La réflexion associative

La réflexion associative est inconsciente (privée d’attention et donc indépendante de notre volonté). Sa motivation est le maintien de l’équilibre physiologique.

Cette recherche permanente d’équilibre est motivée par  ce que S.Freud nomme « le tertium comparationis » la qualité satisfaisante ou insatisfaisante attachée aux représentations comparées et au résultat de la comparaison.

Extrait.S.Freud. O.C. puf XII.page 111.

« La nature de ces symboles n’est pas encore appréhendée par la recherche avec clarté suffisante ; ce sont des remplacements et des comparaisons fondés sur des similitudes qui pour une part apparaissent clairement ; mais pour une autre partie de ces symboles, le tertium comparationis (l’élément commun grâce auquel deux objets, situations, idées, etc. peuvent être comparés) qu’on doit présumer a échappé à notre connaissance consciente ».

Exemple

Connaissant l’objet de mes investigations, un collègue m’informa qu’immanquablement lorsqu’il se lave les mains au bureau, le souvenir du sauna lui vient à l’esprit et cela sans possibilité d’y échapper. Il me fit remarquer que le parfum du savon au bureau était identique à celui du centre thermal où il se détend.

Cet exemple mérite toute notre attention.

Que perçoit la réflexion attentive et donc consciente de mon collègue ?

1°. Une perception sensorielle, le parfum du savon.

2°. Le souvenir du sauna.

L’analyse effectuée par mon collègue lui permet (par association) de déduire que la réminiscence a été possible, parce que le savon fourni au centre de détente possède le même parfum que celui du bureau. Or, pour que cela soit possible, il faut évidemment que la réflexion associative ait utilisé deux représentations sensorielles associables (du parfum), celle perçue au bureau avec celle mémorisée du sauna, associées grâce au « tertium comparationis » (ici, la qualité satisfaisante fut la cause de sa mémorisation involontaire. Il est clair que la mémorisation d’une information insatisfaisante est essentiellement réalisée dans le but de pouvoir l’annuler, si l’occasion devait se représenter), or la réflexion attentive n’a pas perçu cette dernière représentation, elle est restée totalement inconsciente.

Vous aurez remarqué que la représentation inconsciente possède une dynamique inconsciente (une connexion neuronale) permettent à la réflexion consciente de remémorer le souvenir du centre de détente.

La réflexion associative inconsciente est motivée par la recherche de satisfaction, totalement autonome, dynamique, indépendante de notre volonté, et au service de l’équilibre physiologique.

4.5 La mémoire à long terme

Remarque

Si nous considérons la matière comme une information chargée d’énergie stable, nous pouvons postuler que cet équilibre énergétique garantit l’existence de l’information.

Je considère donc que la matière est une information « mémorielle » éternelle pourvu que son équilibre énergétique soit préservé.

« Cette   instance  permet d’emmagasiner, de conserver et de restituer des données ».

Au cours de notre existence un nombre infini d’informations à caractère conscient n’aura pas eu accès à la mémoire à long terme. Essentiellement parce qu’elles ne possèdent pas le niveau d’intensité suffisant. La sélection d’un nombre considérable d’informations (de niveau d’intensité, ou d’activité et connexions neuronales suffisant) qui aura accès à la mémoire et sans aucun effort particulier, sera indépendante de notre volonté. L’intensité de l’information sera la raison de son entrée dans la mémoire au travers de sa représentation, et la qualité satisfaisante ou insatisfaisante sera liée à sa représentation sans aucune possibilité de modification ultérieure ni de qualité ni de niveau d’intensité (c’est une question « de survie » d’équilibre physiologique). Une représentation perçue par la réflexion associativité et conservée pour son caractère agréable ou déplaisant sera liée à cette qualité quoi qu’il arrive et jusqu’à la mort de la mémoire (en réalité jusqu’à la destruction de l’information puisque toute information possédant un équilibre énergétique est mémoire).

Contrairement à ce que pensait Sigmund Freud, elle ne pourra évidemment jamais perdre sa qualité par refoulement, si cela était le cas une névrose mentale (acquise par déficit affectif permanent) disparaîtrait, puisque le refoulement aurait de fait annulé la cause du déficit affectif.

IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » page 169.

« Le refoulement s’est ici servi d’un autre mécanisme, à vrai dire plus simple; au lieu d’oublier le trauma, il lui a retiré l’investissement d’affect, si bien qu’il reste dans la conscience un contenu de représentation indifférent considéré comme non essentiel ».

Remarque

Seule la qualité d’une information affective (abstraite) acquise par conditionnement est susceptible d’être modifiée par la réflexion abstraite consciente (exemple, voir deuxième partie, l’abandon par Aménophis IV du polythéisme et de son propre nom).

Extrait des Carnets de Léonard de Vinci. quaderni I 13 v.

« Les choses mentales qui n’ont pas passé par la compréhension sont vaines et ne donnent naissance à aucune vérité qui ne soit nuisible ».

.

4.6 Le conditionnement de la mémoire affective et de la réflexion culturelle, simultanée à la réflexion consciente

Extrait : « Une assez grande part des apprentissages – dont l’importance est d’ailleurs un sujet de controverse – peuvent être regardés comme étant de type associatif : ce sont ceux qui reposent sur des liaisons entre deux événements bien différenciés. Ces événements peuvent être la réaction d’un individu et un stimulus ayant valeur de renforcement, ou un stimulus et une réponse, ou encore deux stimuli, mais leur contiguïté est toujours une condition nécessaire de l’apprentissage considéré. C’est la proximité temporelle qui joue ici le rôle déterminant, et l’apprentissage est d’autant plus difficile et plus fragile que l’écart est plus grand entre les deux éléments de la liaison : par exemple la sanction d’un acte, positive ou négative, qui ne survient pas immédiatement, perd de son efficacité à proportion de son retard.

La condition d’acquisition la plus favorable est évidemment celle d’une contiguïté constante et répétée; toutefois, si cette contiguïté est seulement fréquente, un apprentissage peut également s’établir. Comme dans le cas du délai, la psychologie expérimentale a pu établir ici des relations quantitatives et montrer que l’apprentissage était alors déterminé par la probabilité qu’avait l’événement A d’être accompagné par B ». Universalis.

Le conditionnement optimal de la  mémoire affective  et de la réflexion culturellement conditionnée, « la conscience morale », (conformément aux règles morales en vigueur) d’un individu à l’état de veille, procède pour son efficacité de trois conditions :

1° de motiver l’apprentissage par la nécessité de satisfaire un besoin abstrait, celui de se savoir aimé de l’être dont on a besoin (en réalité, être certain de posséder l’être dont on a besoin, pour sa propre satisfaction, son propre équilibre physiologique).

Expérience

L’observation d’un enfant, me permit de constater qu’à partir de plus ou moins 30 mois (lorsque l’enfant existe pour lui-même), l’enfant pris en défaut rejettera systématiquement la faute sur un congénère « Ce n’est pas moi c’est lui », en aucun cas il ne reconnaîtra sa responsabilité. Ce fait est caractéristique du comportement de l’enfant jusqu’à plus ou moins six ans (là, on peut lui faire admettre qu’il a menti).

A l’âge de 4 ans, le conditionnement n’étant pas finalisé, l’enfant ne pourra maîtriser son angoisse (la peur que génère une information abstraite insatisfaisante), confirmé par le fait qu’il n’avouera pas, mais la représentation abstraite, culturelle (langage) et satisfaisante de soi existe.

L’enfant associe la faute à un danger, la future sanction affective (l’autorité affective se fâche, il y a risque de rupture, l’enfant se sent instinctivement en danger d’abandon) et/ ou physique dans le pire des cas, donc à la souffrance, ce qui déclenchera une réflexion instinctive de défense.

À cet âge, l’enfant est en phase d’apprentissage, il ne sait pas encore que la réprobation de la faute ne signifie pas un tel danger. S’il parvient à faire disparaître la faute, il se sauve. La tension nerveuse provoquée par la réaction de défense et générée par la permanence du danger, le force à ne pas avouer. Il retrouvera la perception satisfaisante de lui-même par la destruction de la faute ou une fois la colère de l’autorité affective passée, donc du danger lié à la possible rupture affective.

Confronté à un danger abstrait, cet événement doit être l’une des premières expériences angoissantes de l’homme.

La répétition de cet événement donnera naissance à l’instance affective mémorielle (culturelle et conditionnée) et à la réflexion inconsciente simultanée et conditionnée qui ensemble formeront (lorsqu’elles seront activées par la réflexion associative) ce que nous appelons communément, « la conscience morale ».

Remarque

En réalité, nous devrions parler de connexion neuronale possible, en lieu et place d’une réflexion.

Extrait : O.C XVIII S.Freud puf . « le malaise dans la culture »  page 311

« On appelle cet état » mauvaise conscience » mais à vrai dire il ne mérite pas ce nom, car à ce stade la conscience de culpabilité n’est manifestement qu’angoisse devant la perte d’amour, angoisse sociale. Chez le petit enfant elle ne peut jamais être quelque chose d’autre… ».

La représentation de soi sera évidemment évolutive et conditionnée par une éducation psychoaffective et socioculturelle. La mémoire affective conditionnée, deviendra une donnée fondamentale de cette représentation, dont la valeur morale sera relative, parce qu’associée à la qualité de la relation affective d’apprentissage (conditionnement).

Extrait : O.C XVIII S.Freud puf . « Le malaise dans la culture »  page 312.

« Un grand changement n’intervient que lorsque l’autorité est intériorisée par l’érection d’un sur-moi. Par là, les phénomènes de conscience morale sont haussés à un nouveau stade; au fond, c’est seulement maintenant qu’on devrait parler de conscience morale et de sentiment de culpabilité. Dès lors disparaît l’angoisse d’être découvert et, qui plus est, la différence entre faire le mal et vouloir le mal, car rien ne peut se cacher du sur-moi, pas même les pensées ».

Nous pouvons en déduire que l’acquisition des valeurs morales de « la conscience morale » est stimulée par l’être qui la transmet s’il est aimé de celui qui l’acquiert (s’il satisfait celui qui l’acquiert), puisqu’il associera inconsciemment la transgression de l’interdit à un état (d’insatisfaction) d’angoisse (peur d’un danger abstrait) lié à un déficit affectif inconscient. Voilà pourquoi la correction de la faute doit être extrêmement mesurée mais surtout pédagogique. Vous pouvez peut- être imaginer les idées résultant d’une réflexion initiée par l’enfant (futur adulte) à la suite d’une relation affective insatisfaisante d’apprentissage. En finalité et s’il n’y a pas rupture d’identification, l’enfant retournera inconsciemment sa défense contre lui-même, dans le cas contraire il deviendra un être potentiellement dangereux pour autrui.

Remarque : le bégaiement apparaît au même moment que le langage, vers +/- 3ans.

Le bègue associe la prise de parole à un événement insatisfaisant qui a dû nécessairement se produire pendant ou juste après cet événement particulier, dont nous ne pouvons nous souvenir, qui est la prise de conscience de sa propre existence (C’est-à-dire quand l’animal devient aussi être humain). Il faut peut- être émettre l’hypothèse que cette prise de conscience puisse aussi, mais pas uniquement, être l’événement pathogène inconscient.

Il faudrait aussi envisager qu’à l’origine, l’homosexualité fut le résultat du comblement d’un déficit affectif intervenu dans la petite enfance, et ayant toujours pour objet l’insatisfaction affective produite par la représentation abstraite perçue de l’être du même sexe, en charge de l’éducation (présent ou non). J’utilise le terme représentation, parce qu’il a été démontré statistiquement qu’aux USA, il n’existe pas plus d’homosexuels issus de couples homosexuels, que de couples hétérosexuels.

Vous aurez remarqué que souvent dans un couple homosexuel, l’un des partenaires est en apparence plus féminin ou moins masculin que l’autre. J’ai toujours eu l’impression (peut-être inexacte), qu’ils forment la réplique abstraite et inconsciente du couple hétérosexuel, non seulement dans leur apparence mais aussi dans leurs combats légitimes pour l’acquisition des mêmes droits culturels.

Relation affective «sociale » d’apprentissage : la faute est inconsciemment associée à la perte de l’être aimé, insatisfaction d’où danger.

Relation affective «asociale » d’apprentissage : la faute est inconsciemment associée à la perte de l’être haï ou aimé et haï.

Dans ce dernier cas, la réalisation d’une faute doit nécessairement être source de satisfaction. (Absence de « conscience morale »).

La vengeance est le mal (l’exécution d’une faute) qui procure une satisfaction.

Remarque

Bien qu’il soit évident qu’un conditionnement affectif insatisfaisant puisse être à l’origine d’un comportement asocial violent, nous verrons qu’en l’absence physique de mémoire affective conditionnée, et donc de ce que nous appelons communément, « la conscience morale », cela n’est pas le cas.

J’ai le souvenir d’un bègue repris de justice racontant (dans un reportage de la RTBF) que lorsqu’il faisait irruption dans une banque afin de la dévaliser, il s’adressait aux employés, en s’exprimant alors, sans aucun handicap.

Remarque

Dans le Maryland aux USA se trouve l’île Smith, populations 364 habitants, une école, une église, aucune autorité officielle, pas de police, pas de prison….

L’ingénieur néerlandais Hans Monderman, a fait chuter le nombre d’accidents de la circulation dans la ville de Drachten, en faisant disparaître toutes formes de signalisations sur la voie publique. Sans le savoir, Hans Monderman a réinstauré la seule loi qui régisse la matière vivante douée de pensée abstraite, la rationalité humaine (gage de l’équilibre énergétique), puisqu’il n’y a aucune priorité, chaque individu est aussi important que soi-même, il y a identification (association) inconsciente, l’autre ne constitue plus un obstacle, une insatisfaction (voir deuxième partie).

2° que le sur- apprentissage de l’utilisation d’une règle reçoive des milliers, voire des millions de confirmations entre la petite enfance et l’âge adulte

Il me semble que ce point n’a aucun besoin d’être commenté.

3° la contiguïté de trois événements : la faute personnelle (la transgression de l’interdit) justifiant le déficit affectif (l’autorité affective se fâche, il y a risque de rupture) et la sanction.

La culture scripturale fondée pour la protection de l’individu (voir deuxième partie) pense pouvoir garantir sa viabilité par la correction de toute faute culturelle, en condamnant son auteur à une sanction (une information insatisfaisante).

Remarque sur la  faute (le péché), le pardon, la  rédemption, l’enfer, en finalité sur Dieu…

La correction de la « faute » peut posséder une dynamique inconsciente satisfaisante, dans le cas où elle permet de retrouver une association des deux représentations de soi, et une dynamique inconsciente insatisfaisante dans le cas contraire, par exemple lorsque le sujet perd quand même (dans le cas de l’identification) l’être qu’il aime (dont il a besoin) en finalité lui-même.

Remarque

Nous abordons ici, l’essence du complexe de culpabilité.

Extrait : O.C XVIII S.Freud puf . « le malaise dans la culture »  page 312.

« A ce second stade de développement, la conscience morale présente une particularité qui était étrangère au premier et qui n’est plus facile à expliquer. Elle se comporte en effet avec d’autant plus de sévérité et de méfiance que l’homme est plus vertueux. »

Le corps du névrosé est le champ où se livrent bataille différents types de « réflexions ».

Le cercle vicieux

La réflexion attentive consciente, associative et conditionnée inconsciente, initiée par le sujet afin de se libérer de la tension nerveuse permanente produite par « le refusement extérieur ou intérieur », accentuera le déficit affectif en associant d’autres idées (motivées par la recherche de satisfaction) et générant un comportement adapté mais irrationnel, qui maintiendra le sujet en état de souffrance sans cesse croissant.

Faysal (1883-1933), prince de Hedjaz, repris par Thomas Edward Lawrence (1888-1935), dans « Les sept piliers de la sagesse ». Payot, Paris 1940, page 127

« Le bien imposé est une souffrance, comme le mal imposé ».

« Le minerai admire-t-il la flamme qui le transforme ?».

Entre « le refusement extérieur » et le déclenchement du trouble psychique, il doit obligatoirement s’écouler un certain délai, étant donné que la névrose ne peut apparaître que s’il y a permanence de l’information insatisfaisante. Cela explique aussi pourquoi le patient ne peut souvent pas identifier l’information pathogène, le symptôme étant apparu dans le temps bien après l’avènement du « refusement  extérieur». Mais le facteur le plus important de cette incompréhension est, comme nous le verrons dans le cas Emma .puf. Naissance de la Psychanalyse S. Freud. Pages 364,365, que la réflexion conditionnée va interférer et tromper le sujet dans son analyse consciente, en substituant le « refusement extérieur » effectif (ayant initié le déficit affectif) par la faute culturelle générique inconsciente le « refusement intérieur ». Il connaît l’information, mais il ne l’a pas identifiée comme (il n’est pas conscient du fait qu’elle est) la cause de sa souffrance. S’il ne peut pas l’identifier, il sera condamné, en recherchant une solution, à augmenter sa souffrance en s’imposant le bien conforme à sa propre morale, de fait il augmentera son niveau d’angoisse.

Ce processus psychique unique et propre au déficit affectif permanent est ce que Sigmund Freud nomme, « le refoulement ».

IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » Page 200.

« Dans ce trouble le refoulement ne se produit pas par amnésie mais par rupture des corrélations causales à la suite d’un retrait d’affect. Une certaine force d’avertissement-que j’ai comparée ailleurs à une perception endopsychique (psychopathologie de la vie quotidienne)- semble alors subsister dans ces relations refoulées, de sorte qu’elles sont introduites, par la voie de la projection, dans le monde extérieur et y portent témoignage de ce qui dans le psychique n’a pas eu lieu ».

IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » page 169.

« 1. il faut donc concéder qu’il y a, pour la névrose de contrainte, deux manières de savoir et de connaître, et on a le droit d’affirmer à la fois que le malade de contrainte « connaît » ses traumas et qu’il « ne les connaît » pas. C’est qu’il les connaît dans la mesure où il ne les a pas oubliés et qu’il ne les connaît pas puisqu’il ne reconnaît pas leur significativité ».

Je voudrais ici illustrer par un exemple que la réflexion consciente n’a pas d’autre choix (comme seule explication d’un état de souffrance psychique (tension nerveuse) généré par un déficit affectif) que de suivre «  la réflexion conditionnée de défense culturelle » en trouvant de manière empirique le double observable (voir point 4.9), c’est à dire une « faute » effective et associable à la faute amorale générique inconsciente.

La réflexion ne peut ensuite se défendre d’une idée menaçante, qu’en recherchant une idée libératrice : le coupable responsable du préjudice.

Journal Le Soir.

Sabine restera séquestrée par Dutroux du 28 mai au 15 août 1996 : 81 jours. Dès le 8 juin, jour où Dutroux l’enferme dans la cache de sa cave, la petite tiendra, à l’insu de son ravisseur, un journal bouleversant, annoté de mots, lettres et sigles tels que « parti » (les jours où elle ne le voyait pas), « R » (revenu,), « + » (quand Dutroux « l’embêtait ») ou une étoile (quand il l’embêtait en faisant très mal).

Dutroux a su conditionner Sabine au point de la convaincre rapidement que ses parents refusaient de payer la rançon et qu’en conséquence, un mystérieux chef était décidé à la tuer. Un conditionnement qui, dit le juge, a généré chez elle un sentiment d’abandon, de culpabilité et d’obsession de la mort. Il cite, à l’appui, des extraits de lettres de Sabine à sa maman que Dutroux promettait à Sabine de poster : Il m’a dit que tu lui as dit que vous vous étiez fait une raison, écrivait-elle.

Pardonnez-moi pour tout le mal que je vous ai fait Si je reviens, ce serait pour que nous nous fassions tous tuer, et ça, je ne le veux pas Savez-vous me dire pourquoi je suis ici ?

Je n’ai rien fait à ce chef Ce que j’espère, c’est que vous allez tous bien, que vous passez de bonnes vacances.

Le juge Langlois livre avec pudeur ces indices qui permettent de comprendre le calvaire que Sabine évoque encore dans une lettre qu’elle croit envoyée aux siens : Mon cœur cassé se reformera vite avec votre amour

Le déficit affectif : «  Il m’a dit que tu lui as dit que vous vous étiez fait une raison, écrivait-elle ». « Mon cœur cassé se reformera vite avec votre amour»

La recherche de la faute : « Je n’ai rien fait à ce chef »

La faute personnelle : « Pardonnez-moi pour tout le mal que je vous ai fait »

Remarque

On ne peut être coupable de la perte d’un « amour » dont on n’a plus besoin.

Le déficit affectif peut disparaître par l’identification et la destruction de la faute idéelle, ou dans le cas du déficit lié à une relation, le renoncement à l’idée inconsciente d’être satisfait par l’être aimé perdu (ou que l’on risque de perdre) et victime de la faute (destruction de l’identification), ce qui entraînera de fait la destruction de la faute personnelle (de la culpabilité). Donc en finalité, le comblement idéel du déficit affectif, c’est-à-dire la possibilité d’associer à nouveau, la représentation cultuelle et personnelle perçue.

Extrait. Le dimanche 14 novembre 2004

Monde. Judith Lachapelle

Mais si Sabine Dardenne a vécu l’enfer entre la «chambre du calvaire», où elle subissait régulièrement des sévices sexuels, et la «cache» de la cave où elle était enfermée, elle n’avait rien de la victime passive et muette de peur. Dès les premiers moments de son enlèvement, elle tient tête à Dutroux. Elle râle, il la traite de «chiante». «Si je n’avais pas eu ce «sale caractère », j’ignore comment j’aurais survécu. Probablement très mal. »


Ni de cette haine pour Dutroux. Lorsque les policiers lui apprennent qu’elle a été manipulée, elle explose. «Ah oui? Il est dans une cellule à côté ? Je veux le voir, moi ! Lui dire ce que j’en pense !»

Elle attendra huit ans, jusqu’au procès, pour enfin l’affronter. Lorsque la cour s’est déplacée à Marcinelle pour aller voir la maison de Dutroux, Sabine Dardenne a laissé filer un «Crapule !» bien senti lorsqu’il est passé près d’elle. Il ne l’a pas regardée.

Peut- on générer une idée menaçante (la culpabilité culturelle, la responsabilité justifiée de la perte de l’être aimé), la mémoriser, en ressentir physiquement les effets (une angoisse ou tension nerveuse permanente) et ne pas pouvoir s’en souvenir dans une réflexion attentive consciente ?

Pascal, Blaise, 100 Amour-propre

« La nature de l’amour-propre et de ce moi humain est de n’aimer que soi et de ne considérer que soi.

Mais que fera-t-il ? Il ne saurait empêcher que cet objet qu’il aime ne soit plein de défauts et de misères : il veut être grand, et il se voit petit; il veut être heureux, et il se voit misérable; il veut être parfait, et il se voit plein d’imperfections; il veut être l’objet de l’amour et de l’estime des hommes, et il voit que ses défauts ne méritent que leur aversion et leur mépris.

Cet embarras où il se trouve produit en lui la plus injuste et la plus criminelle passion qu’il soit possible de s’imaginer; car il conçoit une haine mortelle contre cette vérité qui le reprend, et qui le convainc de ses défauts. Il désirerait l’anéantir, et, ne pouvant la détruire en elle-même, il la détruit, autant qu’il peut, dans sa connaissance et dans celle des autres; c’est à dire qu’il met tout son soin à couvrir ses défauts et aux autres et à soi-même, et qu’il ne peut souffrir qu’on les lui fasse voir, ni qu’on les voie.

C’est sans doute un mal que d’être plein de défauts mais c’est encore un plus grand mal que d’en être plein et de ne les vouloir pas reconnaître, puisque c’est ajouter encore celui d’une illusion volontaire ».

La réflexion conditionnée peut arriver à convaincre la réflexion attentive d’un sujet « social », qu’il est « asocial ».

Remarque : la responsabilité est justifiée parce qu’en l’absence de renoncement à l’être aimé, en finalité soi-même (deux représentations associables), la réflexion conditionnée et simultanée nécessite une faute effective ou non, afin de justifier la perte de l’être aimé. (C’est une question de logique). Deux représentations abstraites ne peuvent plus s’associer, que lorsque l’une des deux est modifiée et possède une qualité opposée.

Et comme nous le savons, la représentation culturelle conditionnée et abstraite de soi, ne peut être endommagée que par la transgression de sa propre morale, celle qui servit au conditionnement.

Extrait O.C XII S.Freud puf page 190 :

« L’analysé ne raconte pas qu’il se souvient d’avoir été frondeur et incrédule envers l’autorité de ses parents, mais il se comporte de cette même façon avec le médecin. Il ne se remémore pas le fait d’être resté arrêté, désemparé et en désaide, dans sa recherche sexuelle infantile, mais il apporte tout un tas de rêves et idées incidentes confus, se lamente de ne réussir en rien et soutient que c’est son destin de ne jamais mener une entreprise à son terme. Il ne se remémore pas le fait d’avoir eu intensément honte de certaines activités sexuelles et d’avoir redouté qu’elles soient découvertes, mais il fait voir qu’il a honte du traitement auquel il s’est à présent soumis et cherche à le tenir secret à l’égard de tous, etc. »

Remarque

Seule une réflexion simultanée peut générer une insatisfaction ayant la force de provoquer un lapsus. Cette réflexion, pour interférer dans la réflexion attentive consciente, doit nécessairement être simultanée et privée d’attention consciente (temporelle) donc inconsciente.

Exemple de réflexion sensorielle conditionnée et simultanée à la réflexion consciente.

Au bureau il m’arrive souvent de me retrouver dans les toilettes, avec l’intention de rincer ma tasse de café, je ne m’aperçois de l’incongruité de la situation que lorsque je remarque la cuvette des wc. Or nous possédons juste après les toilettes une petite cuisine équipée. (Le bureau a été subdivisé, afin de réaliser les toilettes ainsi que la cuisine. L’ensemble fait donc partie d’un même espace clos.). Ce bureau est relativement récent +/- 3ans.

Auparavant et cela durant plus de 15 années, j’étais obligé, vu l’absence de cuisine dans l’ancien bureau, d’utiliser le lavabo des toilettes comme évier de cuisine.

Si la vision de la cuvette (ou toute autre représentation sensorielle non associable) ne venait initier une réflexion attentive consciente (temporelle), l’action motrice (réflexion conditionnée atemporelle) aurait été jusqu’à son terme, sans aucune possibilité de correction par la réflexion attentive consciente, qui à cet instant s’occupe d’autres réflexions abstraites.

La réflexion culturellement conditionnée de la recherche en responsabilité (fruit de la culture scripturale) aura quant à elle, comme résultat, non une action motrice, mais une idée, la faute cultuelle associée à son auteur. Cette faute générique (n’a aucun besoin d’être associable à une faute effective), produit d’une réflexion conditionnée donc privée de conscience (de temporalité) sera elle-même dépourvue de conscience et donc de temporalité. Cette faute (ne possédant pas la connexion de temporalité, puisque acquise par conditionnement) ne sera pas accessible à la réflexion attentive consciente, pas plus que les données entrant en jeu dans l’exemple des toilettes et révélées par l’action motrice, action rectifiée par la non associativité d’une perception sensorielle visuelle temporelle, la cuvette des toilettes (je rappelle que l’attention est d’abord liée à la réflexion sensorielle). Cette faute atemporelle figurera dans la mémoire et ne pourra être identifiée par la réflexion attentive consciente que comme dans l’exemple des toilettes, par une analyse. La faute inconsciente attaquera la représentation satisfaisante inconsciente, culturelle et abstraite de soi, dans une réflexion associative et simultanée, privée d’attention consciente. L’idée atemporelle de la culpabilité inconsciente sera activée (induite par des perceptions physiques insatisfaisantes), elle s’associera à la représentation atemporelle insatisfaisante de (et justifiera, le déficit affectif) la perte inconsciente de l’être dont on a besoin (aimé, en finalité la non associativité des deux représentations abstraite de soi). Le système nerveux sera informé de l’état psychique insatisfaisant et cherchera à se défendre.

La réflexion conditionnée est atemporelle et privée d’attention, parce qu’elle a été mémorisée par répétition comme le réflexe instinctif. Notre conscience et notre volonté n’interviennent pas dans le déclenchement d’un réflexe. Ces deux types d’information sont mémorisés sans la connexion de temporalité.

Remarque : le déficit affectif permanent provoqué par « le refusement extérieur » (la perspective ou la perte effective de l’être dont on a besoin, en finalité soi-même) est au départ le moteur de la réflexion simultanée et conditionnée de la recherche de la faute, mais constituera aussi en finalité (si « le refusement intérieur », la faute personnelle inconsciente est trouvée) la sanction générique et inconsciente de la faute. La réflexion consciente n’a que peu de chances de se sortir d’un tel piège, tout est inconsciemment justifié.

Nous pouvons imaginer l’inertie inconsciente à laquelle est soumise la réflexion d’un être souffrant d’un trouble psychique.

Notre réflexion est capable (dans des conditions particulières) de priver toutes les données mémorisées et perçues de temporalité existentielle.

Cet état est le somnambulisme. Si vous posez une question à un somnambule, il vous répondra mais sera totalement incapable de s’en souvenir à son réveil.

Cette faute personnelle inconsciente ne peut être considérée que comme la transgression de sa propre morale.

IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » page 154.

« Il s’est dit, continue-t-il, qu’un reproche ne peut vraiment apparaître que par une violation des lois morales personnelles les plus propres, et non par une violation des lois extérieures. Je confirme en disant que celui qui viole simplement ces dernières se sent bien souvent un héros ».

Les lois morales personnelles ne peuvent être «  les plus propres » que si leur violation est susceptible d’entraîner une justification d’insatisfaction, deux représentations personnelles non associables.

Objectivement il n’y a aucune raison de se sentir coupable d’avoir commis une faute amorale qui n’a pas porté, et ne portera aucun préjudice à autrui, et la plupart du temps personne ne se sent coupable, même si parfois elle porte préjudice à autrui.

Mais la réflexion simultanée et inconsciente n’est pas objective mais culturellement conditionnée, (s’il y a une souffrance provoquée par un déficit affectif, il doit y avoir faute) si bien que le cas inexistant d’un être vierge de toute faute amorale pourrait en fonction de son passé affectif, de sa haute conception des valeurs morales et d’un déficit affectif permanent, se sentir coupable.

Voilà ce qui explique pourquoi celui qui possède « la foi » est plus à l’abri de la culpabilité.

Exemple:

«  Le suicide égoïste est le signe d’une intégration sociale insuffisante de l’individu. Par exemple, les protestants ont une plus forte propension au suicide que les catholiques en raison du degré élevé d’individualisme de leur religion (pratique du libre examen) et les catholiques se suicident plus que les juifs chez qui l’intégration au groupe est particulièrement forte. Ainsi, la religion protège l’individu du suicide en participant à son intégration sociale, tout comme le fait la cellule familiale : le taux de suicide est plus fort chez les hommes célibataires que chez les hommes mariés. Enfin, les suicides décroissent en temps de guerre, où le sentiment d’appartenance à la collectivité renforce le groupe. »

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Extrait de O.C. XVIII S.Freud puf pg 314

« Le peuple d’Israël s’était pris pour l’enfant préféré de Dieu et quand le Père, dans sa grandeur, fit fondre malheur après malheur sur ce peuple qui était le sien, celui-ci ne fut pourtant pas désorienté dans cette relation, ni ne douta de la puissance et de la justice de Dieu, mais il engendra les prophètes qui lui reprochèrent son état de péché et créa à partir de sa conscience de culpabilité les préceptes extrêmement sévère de sa religion de prêtres.

Quelle remarquable différence avec le comportement du primitif ! Quand il a connu le malheur, il n’en attribue pas la faute à lui-même, mais au fétiche qui manifestement n’a pas fait son devoir et il le roue de coups au lieu de se punir lui-même ».

Conclusion, nous savons que le peuple d’Israël fut élu par Dieu.

La volonté de Dieu doit dans ce cas s’imposer de manière plus forte, que dans les deux autres religions.

S’il y a plus de volonté de la part de Dieu, il y a aussi plus de responsabilité pour Dieu et donc moins de culpabilité pour le juif. Nous pouvons donc considérer que, dans le malheur le juif se sent moins coupable que le catholique et encore moins que le protestant.

Bien que l’on décrive certains échouages de dauphins comme des suicides (par association d’idées) cela me semble être le fruit d’une interprétation erronée par suite d’une incompréhension.

Le suicide est, me semble-t-il, propre à l’homme, et bien que certains événements concrets, dans la vie d’un être humain puissent être un facteur déclencheur, ils ne peuvent être considérés comme l’élément moteur.

L’auto-agression abstraite permanente et inconsciente de la représentation satisfaisante de soi, produite par l’interaction irrationnelle des réflexions, associative, consciente, inconsciente conditionnée, et déterminée par la nécessité de traiter le « refusement extérieur ou intérieur » insatisfaisant et permanent, est le moteur de toute névrose, développée à la suite d’un déficit affectif permanent.

Notre culture pourrait transformer un saint en coupable, il suffirait pour cela qu’il ne se sente plus aimé de Dieu. Étant dans l’impossibilité (puisque la réflexion est inconsciente) de renoncer à être aimé de l’être dont il a besoin, ici Dieu, mais en réalité lui-même par identification, ou de se libérer de cette faute générique (le Péché Originel), il ne lui reste plus comme option que la souffrance psychique (physique).

La représentation symbolique abstraite de la responsabilité dans l’exécution d’une faute générique, issue de la réflexion culturellement conditionnée et simultanée (de la recherche en responsabilité) est inconsciente comme celle du parfum mémorisé dans l’exemple illustrant la réflexion associative. Et comme dans cet exemple, cette représentation possède une qualité et une dynamique inconsciente.

.

Extrait des O.C. XVI S.Freud puf Le moi et le ça p 260.

« N’oublions pas qu’au sens descriptif, il y a deux sortes d’inconscient, mais au sens dynamique seulement une.»

Il me semble que cette phrase corrobore mes propos. En effet une représentation mémorielle issue d’une réflexion abstraite peut parfois nous faire défaut, comme le fait de ne pas pouvoir se souvenir du nom d’une ville, alors que nous savons pertinemment que nous possédons l’information (le préconscient). Par contre, à part des perceptions somatiques insatisfaisantes (rougeurs, sueurs froides), rien ne vient nous informer lorsque nous réalisons une réflexion culturellement conditionnée (l’inconscient dynamique).

Sigmund Freud, p 262

« Nous reconnaissons que l’Ics ne coïncide pas avec le refoulé ; il reste exact que tout refoulé est ics, mais que tout Ics n’est pas pour autant refoulé. »

La réflexion associative originelle possède une dynamique inconsciente motivée par la recherche de satisfaction (ou l’évitement de l’insatisfaction) « le tertium comparationis ».

Les réflexions : consciente, associative et culturellement conditionnée inconsciente, sont interactives.

Extrait, encyclopédie Universalis.

« Il ne suffit pas, pour faire l’expérience de la culpabilité, de se représenter un de ses propres actes comme ayant transgressé un devoir, une loi, les règles d’un art, des usages. Pour passer de la faute objective à la culpabilité subjective, il faut que celle-là soit intériorisée, selon un processus dans lequel Jean Nabert a vu « l’un des phénomènes les plus mystérieux de la vie morale » et qui est « la surprise de la conscience, après l’action, non seulement de ne plus être pour soi ce qu’elle était avant l’action, mais de ne plus pouvoir dissocier l’idée de sa propre causalité du souvenir de l’acte singulier qu’elle a accompli ». L’idée d’une telle causalité morale intéresse d’ailleurs la justice elle-même, qui, lorsqu’elle a affaire à un criminel, ne se préoccupe pas seulement de l’imputabilité matérielle de l’action, mais cherche aussi à remonter de la pénalité à la culpabilité, c’est-à-dire à savoir s’il y a eu, chez l’auteur du crime, une intention dolosive, une volonté de porter préjudice, en dehors de circonstances justificatives reconnues. »

4.7 L’attention (voir première partie)

Si un être humain est victime d’une agression physique permanente, dans ce cas l’attention (liée d’abord à la réflexion sensorielle) ne peut être monopolisée par une réflexion abstraite idéelle, qui seule peut générer l’agression abstraite irrationnelle inconsciente.

Exemples.

Primo Levi – Si c’est un homme

Résistant, fait prisonnier le 13 décembre 1943 à l’âge de 24 ans. C’est un juif italien parmi d’autres. Arrive fin janvier 1944 à Fossoli près de Modène dans un camp d’internement. Déporté le 21 février 1944, il arrive à Auschwitz. Son témoignage est essentiel. Häfling, il décrit précisément le fonctionnement du camp, les difficultés de la vie quotidienne, les astuces pour survivre. C’est aussi une réflexion philosophique.

« Si c’est un homme » Primo Levi. Pavillon, Robert Lafont. Page 19.

«Ce sont justement les privations, les coups, le froid, la soif qui nous ont empêchés de sombrer dans un désespoir sans fond ».

Page 160

«  Mais, pour la plupart, nous supportâmes ce nouveau danger et ces nouvelles embûches avec la même indifférence, qui n’était pas de la résignation mais plutôt l’inertie obtuse des bêtes battues qui ne réagissent plus aux coups ».

Page 168

« La lutte, la faim, le froid et le travail laisse peu de place à la pensée »

La phrase suivante n’a pu être inspirée que par un moment de grande souffrance psychique, alors qu’il était libre, puisqu’il tente d’expliquer le fait qu’il ne se soit pas suicidé au Lager.

Page 177

« Ou encore, c’est la pluie, le vent, la faim de tous les jours, et alors on pense que si vraiment ce n’était plus possible, si vraiment on n’avait plus rien dans le cœur que souffrance et dégoût, comme il arrive parfois dans ces moments où on croit vraiment avoir touché le fond, et bien même alors, on pense que si on veut, quand on veut, on peut toujours aller toucher la clôture électrifiée, ou se jeter sous un train en manœuvre. Et alors il ne pleuvrait plus. »

Primo Levi « libre », s’est suicidé en avril 1987.

4.8 La temporalité

À sa naissance, l’attention est une « interface » centralisatrice de perceptions sensorielles uniquement, elle n’acquerra sa temporalité que lorsque le sujet s’apercevra qu’il existe, avec la conscience de soi. Pourtant nous ne pouvons affirmer que nous possédons des informations mémorisées dont nous ne pouvons pas nous souvenir. Sauf si pour être associables deux représentations doivent aussi posséder la connexion temporelle, et si du fait de la labilité de l’attention, il soit possible lors d’un état de somnolence (sommeil paradoxal) d’utiliser une représentation mémorisée non remémorée et donc atemporelle, dans un rêve qui, ayant la connexion temporelle, pourra être remémoré ultérieurement.

Exemple : « Je rêvai un jour, dans un certain contexte, d’une personne qui m’avait à coup sûr rendu un service et que je voyais nettement devant moi. C’était un borgne, de petite taille, gros, la tête profondément enfoncée dans les épaules. Je déduisis du contexte que c’était un médecin. Par bonheur, je pus demander à ma mère, qui vivait encore, à quoi ressemblait le médecin de ma ville natale, que j’avais quittée à trois ans, et j’appris d’elle qu’il était borgne, petit, gros, avec la tête profondément enfoncée dans les épaules; j’appris aussi au cours de quel accident, oublié de moi, il m’avait porté secours ».S.Freud XIV O.C puf pg 207.

Le souvenir atemporel a été utilisé dans une réflexion onirique, à l’état de somnolence. Le rêve porte donc la connexion temporelle, et pourra être rappelé par association lors du réveil, contrairement au souvenir qui lui restera atemporel et donc non associable à l’état de veille, étant donné qu’il fut mémorisé avant que l’individu ait une conscience totale de sa propre existence, et donc aussi de la temporalité.

Extrait des carnets de Léonard de Vinci B.M. 278.v

« Pourquoi l’œil voit-il une chose plus nettement en rêve, que l’imagination à l’état de veille ? »

A l’état de veille temporelle, (lorsque l’on sait que l’on existe, donc de la conscience) la réflexion ne peut utiliser que des données mémorisées temporelles. Par contre la réflexion atemporelle, donc inconsciente, utilisera toutes les données mémorisées temporelles et atemporelles associables. Durant le rêve, l’activité liée aux perceptions sensorielles est très faible, l’attention ou l’activation neuronale est concentrée sur l’activité onirique.

Rappel (voir première partie)

Il arrive parfois que des informations sensorielles soient perçues, mais jusqu’au réveil, elles seront interprétées, comme faisant partie du rêve (voir, IV O.C PUF.S.Freud, pg 413,414. 6. Sur la symbolique urinaire).

«Nous avons appris d’expérience que les processus animiques inconscients sont en soi atemporels ».XV O.C PUF.pg 299. Freud.

« 1. J’ajoute cette simple supposition que la formation et le renforcement de cette instance observante (la conscience morale) pourraient bien envelopper l’apparition tardive de la mémoire (subjective) et du facteur temps, qui ne vaut pas pour les processus inconscients ». XII O.C PUF. Page 239. Freud.

Remarque : comme nous l’avons vu, le facteur temps apparaît lorsque l’on sait que l’on existe, donc avant l’apparition de « la conscience morale », notre premier souvenir en est le témoin.

La mémoire chronologique propre à l’être humain, ne peut devenir chronologique qu’avec la prise de conscience de sa propre existence, au travers de la représentation abstraite de soi « temporelle existentielle » associée au concept de l’espace (concept que possèdent les chimpanzés, comme l’a démontré David Premack). Cela sous-entend que la représentation abstraite de soi mémorisée est en constante évolution puisque toujours différente de la représentation de soi perçue, et de toutes celles que nous percevrons ultérieurement (ce qui me paraît logique, lorsque je me souviens de moi à 10 ans, ce moi est bien différent du moi actuel que je perçois). C’est la seule explication permettant de comprendre, à mon sens, la naissance du passé, du présent et donc du futur. Le temps qui passe est une impression produite par le déplacement de l’information.

Nous sommes une infinité linéaire du « moi».

4.9 La connexion temporelle

Pour observer un objet, il nous faut non seulement développer un organe visuel, mais aussi une mémoire immédiate. La conséquence est que pour une même information observée, le cerveau doit continuellement en associer deux : la permanence visuelle de l’objet observé et la même représentation mémorisée. Il en va de même pour l’information abstraite, qui elle utilise « la mémoire à long terme » et associe la représentation sonore à la représentation visuelle (voir première partie, et le langage des signes qui associe deux représentations visuelles de l’objet en question).

En développant le langage, l’abstraction, l’affectivité et la temporalité, l’information se multiplie de façon exponentielle. Ce nouvel état permet à l’information, nouvellement mémorisée, de posséder beaucoup plus de connexions synaptiques (le résultat de l’interaction, des connexions neuronales à l’état de veille, entre réflexion sensorielle et réflexion abstraite consciente), que celles (uniquement sensorielles) éventuellement mémorisées avant l’état de conscience.

Vu le nombre d’informations mémoires et potentiellement utiles, l’activation des zones cérébrales (l’attention) doit être faite en fonction de priorités, qui sont déterminées par les circonstances propres à chaque résolution de problème.

L’attention est incapable, étant monopolisée à l’état de veille par l’activité des connexions temporelles, de s’investir dans l’activation d’informations qui ont été mémorisées avant l’état de conscience et cela, du fait, qu’elles ne possèdent pas à l’origine de connexions temporelles avec leur double existentiel temporel abstrait, puisque inexistant. Autrement dit, pour être remémorée, une information mémorisée avant l’état de conscience devrait pouvoir être associée à son double réel nouvellement perçu (la mémoire animale).

Néanmoins, il sera possible lors d’un désinvestissement de l’activité de veille, durant le sommeil paradoxal ou sous hypnose, de transférer cet investissement et d’établir des connexions entre ces informations et le rêve. Connexions qui seront interrompues lors de l’éveil. Le rêve dont on se souvient par association, doit obligatoirement posséder les connexions temporelles propres à la conscience.

Remarque très importante

La réflexion abstraite culturellement conditionnée (pour être active) doit nécessairement être connectée à la réflexion temporelle consciente. Le caractère inconscient de ces informations est produit par l’impossibilité matérielle de les associer à leur double sensoriel conscient (puisque inexistant), contrairement à l’exemple du parfum, ou encore de pouvoir en voir la manifestation motrice, comme dans l’exemple des toilettes et du réflexe.

4.10 La « conscience morale »

Extrait de « Si c’est un homme » Primo Levi, Pavillon, Robert Lafont, page 132.

« La loi du Lager disait : « Mange ton pain, et si tu peux celui de ton voisin» ; elle ignorait la gratitude ».

Nous avons tous un jour ou l’autre dit un mensonge, et pour certain commis les crimes les plus odieux, sans éprouver le moindre remord.

S’il n’y a pas de remord, il ne peut exister dans notre esprit de sentiment de culpabilité et donc aucune parcelle de conscience morale.

Envisager l’hypothèse de l’inexistence de la conscience morale nous permettrait :

1° de ne pas avoir besoin pour expliquer « le penchant inné de l’homme au « mal », à l’agression, à la destruction et par là aussi à la cruauté » S. Freud. O.C. Puf XVIII p. 306, « d’une pulsion d’agression particulière et autonome ».

2°de penser que ne possédant pas de pulsion d’agression l’homme serait à l’image des autres primates, un être génétiquement pacifique.

Or, nous connaissons tous la souffrance que peut provoquer le remords. Et comment expliquer l’enfer que s’infligent les hommes comme par exemple celui qui fut la règle dans les camps de la mort ?

Cette contradiction ne peut être levée par « une conscience morale », ou « une pulsion d’agression » en fonction de la situation.

L’existence de la « conscience morale » n’a pas de caractère permanent, parce qu’elle est acquise, et n’existe que dans le cas où elle est utilisée, c’est-à-dire uniquement lorsque deux représentations de soi ne peuvent pas s’associer.

La réflexion culturellement conditionnée de la recherche en responsabilité sera la réponse abstraite à cette incompatibilité, uniquement comme défense, lorsqu’ une menace d’agression physique pèse sur la personne ou lorsque l’idée inconsciente d’une menace d’agression abstraite (deux représentations non associables) pèse sur la représentation abstraite satisfaisante, et culturelle de soi.

« La conscience morale » varie en fonction de l’individu, comme dans la théorie de la relativité, chaque voyageur emporte avec lui, son propre « temps ».

Extrait : O.C XVIII S.Freud puf . « Le malaise dans la culture »  page 313

« Tant que tout se passe bien pour l’homme sa conscience morale, elle aussi, est clémente et passe au moi toutes sortes de choses; quand un malheur l’a frappé, il fait retour sur lui-même, reconnaît son état de péché, accroît les revendications de sa conscience morale, s’impose des abstinences et se punit par des pénitences ».

C’est au prix d’une complexe construction ( O.C XVIII S.Freud puf . « Le malaise dans la culture »  page 316), utilisant l’existence d’une très hypothétique pulsion d’agression, ainsi que de la mise à mort du père préhistorique par l’union des frères (page 318) que Freud explique le passage du premier (avant +/- 6 ans) au second stade. En reconnaissant que cette construction est contradictoire.

Extrait : ( O.C XVIII S.Freud puf . « le malaise dans la culture »  page 316,317)

« A vrai dire, la contradiction de cette thèse avec la genèse de la conscience morale déjà exposée n’est pas si grande… »

«Des deux conceptions, laquelle a raison ? La première, qui nous apparaissait génétiquement inattaquable, ou la nouvelle, qui parfait la théorie d’une façon si bien venue ?

Page 326.

« Même si cette thèse n’est exacte que par approximation, elle mérite notre intérêt ».

Extrait : ( O.C XVIII S.Freud puf . « Le malaise dans la culture »  page 322)

« On devrait pouvoir comprendre ces choses une fois pour toutes, mais on ne le peut pas encore ».

L’état permanent de conflits (de tous ordres), dans lequel se trouve l’humanité, n’est pas compatible avec l’existence d’une « conscience morale ».

Remarque : au préalable à ce qui va suivre, je voudrais afin de ne pas heurter les personnes ayant été victimes d’agressions, préciser que le but recherché est la compréhension, sans jugement de valeurs.

Et s’il n’existe pas de pulsion d’agression particulière et autonome, tout type d’agression doit alors être considéré comme la manifestation d’une pensée irrationnelle, au service de la recherche d’un équilibre physiologique perdu (le déficit affectif), évitant par la même occasion à l’agresseur, de tomber dans la seconde et unique voie possible, la névrose.

Remarque

Il me semble nécessaire de revoir les définitions du masochiste (qui se responsabilise de la faute) et du sadique (qui rejette la responsabilité de la faute), comme étant des êtres qui lorsqu’ils subissent ou infligent la sanction, comblent leurs déficits affectifs inconscients, et donc souffrent moins. Ce qui, débarrassés de la faute, leur permettra d’atteindre un état émotionnel satisfaisant, propice à de possibles rapports sexuels.

Exemple :IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » page 189.

« Les doutes concernant la mémoire du père et les réserves portant sur la valeur de la bien aimée s’étaient accrus; dans un tel état d’esprit, il se laissa aller à outrager l’un et l’autre, ce dont ensuite, il se punit ».

Du fait de son conditionnement culturel, le névrosé est incapable de se libérer de la pensée irrationnelle à laquelle son corps est soumis. Il adopte les seules voies possibles, tantôt un comportement sadique (rejet de la faute, agressif) tantôt un comportement masochiste (se responsabilise de la faute, l’auto-harcèlement moral inconscient).

IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » page 206.

« Une séparation des deux opposées survenue très précocement dans les années préhistoriques de l’enfance, avec refoulement de l’un des éléments, habituellement la haine, paraît être la condition de cette déconcertante constellation de la vie amoureuse ».

« Pour cette constellation, Bleuler a crée plus tard le terme approprié, d’ambivalence ».


4.11 Le rêve manifeste

Remarque

La théorie psychanalytique de « la pulsion sexuelle refoulée », énoncée par Sigmund Freud, est une adaptation complexe et non démontrée, basée sur l’observation des mécanismes psychiques entrant en jeu dans l’élaboration de ce qu’il nomme « le rêve manifeste ».

Ceci dit (ayant fait l’expérience de l’interprétation d’un rêve manifeste personnel), je pense sincèrement, comme le fait remarquer S. Freud, que ces observations décrites et analysées dans son livre « L’interprétation du rêve », auraient dû permettre la compréhension rationnelle du «  rêve  manifeste » et donc être la clef pour la compréhension de la réflexion qui génère le trouble psychique, puisque identique.

Extrait : O.C S.Freud puf XII page106.

« … nous mettant en mains, pour ainsi dire, les clefs de toutes les énigmes de la psychologie des névroses. Le rêve devient ainsi le prototype normal de toutes les formations psychopathologiques. Celui qui comprend le rêve peut aussi percer à jour le mécanisme psychique des névroses et psychoses. »

Grâce à « L’interprétation du rêve » Freud nous permet de comprendre que :

1° L’action du rêve se déroule toujours au présent (à partir du moment où nous pouvons nous en souvenir). C’est-à-dire ce qui existe maintenant pour la conscience.

2° La censure qui exerce son veto contre des souhaits « amoraux » induit le travail du rêve et permet de transformer un rêve latent en rêve manifeste.

«Les tendances qui exercent la censure sont celles qui sont reconnues par le jugement vigile du rêveur, celles avec lesquelles ils se sent d’accord». XIV O.C PUF. pg 144. Freud.

Je voudrais faire remarquer ici qu’il y aura travail du rêve que si la réalisation du souhait constitue une représentation d’agression (deux représentations non associables) dirigée contre le sujet, ce qui nous fait comprendre que l’agresseur est à son insu l’agressé, comme dans le trouble psychique.

Si la réalisation du souhait ne constitue pas un danger, il n’y aura pas de travail du rêve et le rêve latent ne sera pas transformé en rêve manifeste. Le rêve ne nécessitera donc pas d’interprétation, il sera directement compréhensible.

La conséquence logique est qu’un éveil suffisant de l’attention consciente temporelle (l’interaction, connexions neuronales entre réflexion sensorielle et réflexion abstraite consciente) est nécessaire, pour qu’une réflexion conditionnée intervienne dans la réalisation d’un rêve manifeste, qui puisse être remémoré ultérieurement par association. Le rêve dont on se souvient doit donc posséder la connexion temporelle, et par conséquent avoir été réalisé dans un état proche de l’état de veille.

4.12 La zone cérébrale située à cheval entre le cortex préfrontal ventro médian et le cortex préfrontal ventro médian et cingulaire

Zone cérébrale dont j’ai compris la fonction en écoutant l’exposé du Professeur Houde, O.

( 2000) :le développement de l’intelligence chez l’enfant

http://www.canalu.fr/canalu/index.php?q=houde

Remarque : comme vous allez le constater, dans le cas où « la mémoire affective » acquise par conditionnement est détruite ou déconnectée, la réflexion culturellement conditionnée de la recherche en responsabilité est annulée, puisque les données auxquelles peuvent être comparées les données perçues et donc capables de produire un déficit affectif (deux représentations abstraites non associables) n’existent plus ou ne possèdent plus de connexions neuronales.

L’intuition, sixième sens et porte entrouverte sur le subconscient » (sur internet) Hervé Morin

Extrait : «Le personnage à l’origine de cette impulsion fort peu cartésienne de la part d’un savant (le professeur Antonio Damasio) est Phinéas Gage, un jeune chef de chantier sur les voies ferrées de Nouvelle-Angleterre, qui, un jour d’été 1848, eut le crâne perforé par une barre à mine (Le Monde du 28 avril 1995). Le malheureux survécut à la perte d’une bonne portion de son cerveau, sans que ses facultés intellectuelles paraissent affectées. Mais bien vite Gage devint méconnaissable et perdit son emploi. Auparavant avenant et dynamique, il devint ombrageux, grossier, et finit misérable en Californie, après avoir échoué dans toutes ses entreprises ».

Après vérification, la symptomatologie de ces préfrontaux est qu’ils ont tous un comportement contraire à la bienséance. Ils sont désinhibés.

Extrait des Carnets de Léonard de Vinci. C.A. 299 r. b

« Qui attend de l’expérience ce qu’elle ne possède point, dit adieu à la raison ».

Le détecteur de mensonges ne détecte pas un mensonge mais une émotion issue d’une réflexion…. La qualité d’une émotion est soit satisfaisante soit insatisfaisante. Cette qualité sera déterminée par la perception d’un événement, pour le cas qui nous occupe, un événement associé à un danger, donc de qualité insatisfaisante. Par exemple, si un homme présentant la même lésion du cerveau que Phinéas Gage est mis en présence d’un événement, et qu’il puisse l’associer à un danger physique ou abstrait (par exemple, le risque de se faire écraser par un train), il éprouvera (un réflexe) une émotion qui lui permettra de se sauver. Ce que Phineas Gage a perdu, ce n’est pas sa capacité à éprouver un sentiment, mais sa capacité d’associer un événement inconnu à un danger abstrait, puisque sa mémoire affective acquise par conditionnement est hors d’usage.

Pour ressentir une émotion insatisfaisante produite par une réflexion abstraite, il faut d’abord que l’information perçue soit (par la réflexion associative) associable et comparée à une information mémorisée, et cela afin de déterminer si l’information perçue possède une qualité insatisfaisante, opposée à celle de l’information mémorisée, donc potentiellement dangereuse.

Le danger sans représentation n’a pas d’existence, et l’angoisse naît de l’impossibilité d’associer deux représentations abstraites et inconscientes de soi (de qualités opposées), par la réflexion associative. Jusqu’à preuve du contraire une émotion est le résultat du traitement par la réflexion de certaines données.

Émettre l’hypothèse qu’il existe un siège des émotions ou des sentiments n’est pas très réaliste, pour moi cela équivaut à soutenir que Dieu existe (idée non matérialisée et que je respecte).

D’un point de vue purement rationnel, la réflexion de tels sujets n’a été modifiée que dans la mesure où elle n’est plus capable d’associer une information à un danger abstrait puisque l’instance, la mémoire affective et culturellement conditionnée « la conscience morale », « le Surmoi » (sans laquelle la culpabilité inconsciente, ne peut exister) a été détruite, ou n’est plus accessible. Phinéas Gage est devenu sur le plan de la morale en vigueur, un enfant, vierge de tout conditionnement moral. Il est devenu un être totalement rationnel.
Le Professeur O. Houde cite Paper un psychologue genevois : « même lorsqu’il se trompe (moins de 6ans), l’enfant répond toujours juste à la question qu’il se pose ».

Extrait des carnets de L. de Vinci C. A. 154 r.c

« L’expérience n’est jamais en défaut. Seul l’est notre jugement, qui attend d’elle des choses étrangères à son pouvoir. Les hommes se plaignent injustement de l’expérience et lui reprochent amèrement d’être trompeuse. Laissez l’expérience tranquille et tournez plutôt vos reproches contre votre propre ignorance qui fait que vos désirs vains et insensés vous égarent au point d’attendre d’elle des choses qui ne sont pas en son pouvoir. »

Extrait : l’intuition, sixième sens …

Hervé Morin

« L’expérience du jeu de poker lui a permis de valider cette hypothèse. Elle consistait à placer le sujet face à quatre piles de cartes, à lui donner 2 000 dollars en faux billets et à lui demander de tirer des cartes afin de maximiser ses gains. Au départ, le joueur ignore que dans les tas A et B chaque carte retournée rapporte 100 dollars, mais qu’il arrive aussi qu’une carte impose de payer jusqu’à 1 250 dollars à l’expérimentateur. Dans les paquets C et D, les gains sont moins élevés (50 dollars par carte), mais les pénalités sont aussi plus faibles, ce qui les rend globalement plus « rentables ».

Les individus normaux, après avoir tâtonné, commencent à choisir les « bons » paquets avant d’être capables d’énoncer la bonne stratégie, alors que les patients « préfrontaux » continuent à faire le mauvais choix, le plus risqué, y compris après qu’on leur a expliqué la bonne stratégie. La différence ? Après quelques pertes élevées, les individus normaux montrent rapidement des réponses électrodermales plus élevées – synonymes d’émotion – lorsqu’ils s’apprêtent à choisir une carte sur un paquet risqué. Ils traversent ensuite une phase où ils ont l’intuition (« hunch », littéralement « rentrer les épaules ») des règles implicites, avant d’en être pleinement conscients. Les préfrontaux, eux, ne montrent pas de réponse électrodermale, et continuent à persister dans l’erreur. »
La décision est toujours et exclusivement une affaire de raisonnement. Il faut néanmoins en comprendre les mécanismes, afin de pouvoir interpréter le résultat de l’expérience.

Quelle erreur ou danger y a-t-il dans le fait de perdre dans un test de la fausse monnaie qui ne vous appartient pas ? À part peut-être, celui de passer pour un idiot aux yeux de ceux qui observent et analysent nos performances…, l’instance « observante » dont parle Sigmund Freud.

Extrait

Hervé Morin

«  La prosopagnosie offre un exemple du même type : les personnes qui en souffrent sont incapables de reconnaître les visages, y compris le leur et celui de leur époux et enfants. Mais si on leur projette des photographies tout en mesurant leur réponse électrodermale, celle-ci est plus élevée lorsqu’il s’agit de proches»,

Extrait, O.C. XII S.Freud puf page 238.

« Il ne serait pas étonnant que nous finissions par trouver une instance psychique particulière qui remplisse la tâche de veiller à ce que soit assurée la satisfaction narcissique provenant de l’idéal du moi, et qui, dans cette intention, observe sans cesse le moi actuel et le mesure à l’idéal. Si une telle instance existe, il est possible que nous la découvrions inopinément; nous ne pouvons que l’identifier comme telle et nous pouvons nous dire que ce que nous nommons notre conscience morale remplit cette caractéristique ».

« Si c’est un homme » Primo Levi. Pavillon, Robert Lafont. Page 261,262.

« Il faut donc nous méfier de ceux qui cherchent à nous convaincre par d’autres voies que la raison, autrement dit des chefs charismatiques : nous devons peser notre décision avant de déléguer à quelqu’un d’autre le pouvoir de juger et de vouloir à notre place ».

« Il vaut mieux se contenter d’autres vérités plus modestes et moins enthousiasmantes, de celles que l’on conquiert laborieusement, progressivement et sans brûler les étapes, par l’étude, la discussion et le raisonnement, et qui peuvent être vérifiées et démontrées ».

Extrait : O.C XII puf S.Freud page 208

« Mais c’est là le caractère essentiel de tout état amoureux. Il n’en est aucun qui ne répète des prototypes infantiles. C’est justement ce qui constitue son caractère marqué de contrainte, évoquant le pathologique, qui provient de son conditionnement infantile ».

Extrait des Carnets de Léonard de Vinci. Tr. 53 a

« Rien ne peut être inscrit comme étant le résultat de recherche nouvelle ».

L’humanité est un but un état psychologique individuel et donc collectif qui pour moi n’a pas encore été atteint, et cela par défaut de compréhension exacte, des mécanismes mentaux inconscients qui interfèrent dans la pensée consciente.

La puissance et l’essence d’une idée réside dans le fait qu’elle n’est aucune réalité, vient-elle à se matérialiser qu’elle cesse aussitôt d’exister dans l’esprit qui l’a générée.

Les charges électriques équilibrées, positives et négatives de la matière élémentaire, nous forcent à rechercher le bien satisfaisant, en levant tout obstacle insatisfaisant susceptible d’entraver le déplacement de l’information, et cela afin de garantir l’équilibre physiologique de la matière  vivante.

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