Fasgenitor.com

6 mars 2009

1° Comment la matière vivante a-t-elle pris conscience de sa propre existence ?

Premier chapitre

1° Comment la matière vivante a-t-elle pris conscience de sa propre existence ?

1.1 Un rêve à l’origine de l’humanité

1.2 Un rêve devenu réalité

Ce qui différencie l’homme des autres êtres vivants est principalement la pensée abstraite.

Chez l’animal, ce sont essentiellement l’instinct de reproduction et de conservation qui le caractérise. Son comportement ne sera déterminé que par des perceptions sensorielles.

Les questions qui se posent, afin de comprendre la singularité de l’homme sont : comment et quelles informations ont été traitées par les hominidés ?

La prise de conscience de sa propre existence n’est possible que si la matière vivante réussit à percevoir et à traiter l’information abstraite, c’est-à-dire la représentation abstraite de l’information perçue par les sens. Il est entendu que cette représentation abstraite aura comme corollaire une information interne concrète, chargée d’énergie et traitée par l’entité ad hoc.

L’information abstraite ne peut donc être produite que par le sujet puisque le milieu externe ne produit pas d’information abstraite observable.

1.1 Un rêve à l’origine de l’humanité

Avant que la matière vivante ne génère les organes sensoriels afin d’appréhender les informations existantes comme la lumière, le son, la matière, les saveurs du milieu externe, elle ne traitait que très peu d’informations et toujours par contact. Avec l’apparition des sens et de la vision en particulier, l’être vivant a, simultanément à la création d’un nouvel organe, généré une entité cérébrale capable de traiter les informations perçues par cet organe. Le cerveau a ainsi du traiter un nouveau type d’information, la représentation de l’information perçue.

Si nous observons le cerveau de plusieurs vertébrés comme le requin, le lézard, l’oiseau, le chien, le singe, l’homme, nous constatons que le tronc cérébral passe d’une position horizontale chez le requin, à une position presque verticale chez l’homme. Nous observons aussi que la masse du cerveau augmente avec la rotation du tronc cérébral.

Cette rotation est due à la croissance du volume de l’instance cérébrale traitant les nouvelles données et au changement de milieu. Il est entendu que l’augmentation des informations perçues doit nécessairement provoquer une augmentation de l’activité cérébrale qui n’est possible qu’avec l’augmentation proportionnelle de la masse cérébrale (neurones). Ce qui me permet d’en déduire que si certaines espèces animales ont atteint la limite des informations existantes et observables dans leur milieu, associé à un équilibre énergétique dans la satisfaction de leurs besoins physiologiques, il y aura de fait une stabilisation du développement cérébral.

L’instance cérébrale ayant ainsi développé plusieurs entités différentes en fonctions du type d’information traitée, a créé « l’attention ». L’attention est « l’interface » qu’utilise la réflexion, pour des raisons évidentes d’efficacité dans le traitement de l’information, entre les données mémorisées associables et celles qui ne le sont pas ou moins. Il est entendu que toute donnée utilisée par la réflexion doit d’abord être « mémorielle ». Cette marque provoquée par la force de la charge en énergie déterminera s’il s’agit d’une donnée marquée à courte ou longue durée de vie.

Lors du passage d’un état de sommeil à un état d’éveil, il se produit un état de somnolence nommé « le sommeil paradoxal » durant lequel l’attention (labile), permet à la réflexion d’utiliser uniquement les représentations abstraites mémorisées. Il arrive parfois que des perceptions sensorielles soient perçues, mais jusqu’au réveil, elles seront interprétées comme faisant parties du rêve. L’information abstraite nécessaire au développement de l’instance cérébrale permettant la réflexion abstraite est donc produite par l’être vivant.

Durant le sommeil paradoxal, la consommation d’énergie du cerveau est supérieure à celle dont il a besoin éveillé, lorsqu’il réfléchit à un problème complexe.

Le développement de la masse cérébrale bloquée dans son expansion par la boîte crânienne va provoquer, dans sa recherche d’espace, une poussée sur le sphénoïde, entraînant une « rotation » du massif facial.

Le déplacement du trou occipital est du à la rotation (vu l’augmentation de la masse cérébrale et sa recherche d’espace) de la masse cérébrale en direction du cervelet, entraînant le déplacement du centre de gravité et le redressement du tronc cérébral, permettant d’adopter la bipédie permanente.

Si je compare les crânes d’un chimpanzé (dont l’ADN est identique à plus de 95% à celui de l’homme) et d’un homme, il y a expansion de la voûte crânienne dans les trois dimensions, largeur, longueur et hauteur.  Ce qui me permet de penser qu’en lieu et place d’un affaissement ou rotation du massif facial, la pression exercée par le développement du cerveau a provoqué le développement de l’os frontal, occipital et la rotation du sphénoïde. Ces différentes pressions sont à la base d’un déplacement horizontal (translation) des os, frontal, propres du nez et zygomatique, qui ont ainsi gagné du terrain sur l’os maxillaire. L’arcade dentaire chez l’homme perd aussi de sa longueur (par rapport à celle du chimpanzé) et s’élargit en rapport avec l’élargissement de la base du crâne qui suit la croissance du cerveau.

Cette dynamique associée au changement de milieu (vu la morphologie des membres postérieurs et antérieurs) et donc d’alimentation (vu le besoin d’alimenter un cerveau consommant chaque fois plus d’énergie), va au cours de l’évolution permettre à l’être d’adopter la bipédie permanente, le langage articulé (avec la capacité d’émettre une gamme de sons plus riches) et finalement de prendre conscience de sa propre existence.

Vous me direz que la conscience de soi se fait à l’état de veille et non de somnolence et que de plus d’autres espèces animales ont aussi développé la capacité de rêver.

En effet mais au cours de l’évolution l’hominidé va rêver beaucoup plus que ces autres espèces animales et ces dernières sont bien incapables de se souvenir d’un rêve.

Une des caractéristiques du sommeil paradoxal est qu’il se traduit par une paralysie quasi totale du corps. Ce qui implique une cessation d’activité des mécanismes cérébraux de contrôle. Le sommeil paradoxal n’est possible que si l’individu se sent physiquement en sécurité. Cet état de sécurité n’est possible que si l’être parvient à se libérer de sa condition originelle de proie potentielle. Ainsi ses périodes de repos sécurisées, ont favorisé le sommeil paradoxal et donc le pouvoir de développer à loisir la réflexion abstraite onirique. Ceci est démontré par le fait qu’un enfant consacre plus de huit heures au sommeil paradoxal et qu’il acquiert la marche autonome sur les deux membres inférieurs entre 12 et 24 mois, ce qui est un handicap et une évolution non compatible avec un état de proie potentielle dans un milieu où règne la sélection naturelle.

Quant aux animaux domestiqués ou en captivité qui dû à leur récente sécurité peuvent avoir de longues heures de sommeil paradoxal, ils n’ont pas encore comblé leur « retard » et possèdent toujours, pour l’instant, une réflexion dont l’attention à l’état de veille, est monopolisée par la réflexion instinctive limitée aux informations sensorielles.

1.2 Un rêve devenu réalité

Néanmoins, les capacités d’association de perceptions et de représentations sensorielles (la capacité de la réflexion à associer des représentations, ne peut être qu’une caractéristique originelle puisque conditionnable par la répétition) plus la modification de la cavité du larynx (permettant l’émission de sons plus riches) me paraissent insuffisantes sans une relation à l’autre au travers d’un dialogue. Un élément très important permettant à l’être humain d’exister en tant que représentation idéelle, est donc de pouvoir nommer toute chose, c’est-à-dire de pouvoir la dédoubler afin de lui donner une existence abstraite et ainsi multiplier son associativité, de façon exponentielle. En associant la représentation sonore à la représentation visuelle, notre ancêtre s’est libéré de l’obligation de voir physiquement l’hominidé, pour être capable de l’imaginer, en nommant l’abstraction de l’homme qu’il est finalement devenu, en sachant communiquer, au travers d’abord d’un dialogue dans sa relation à l’autre et ensuite à lui-même, dans un monologue.

En effet l’imagerie cérébrale montre que l’aire de Broca (centre du langage) est activée lorsqu’un sujet réalise une réflexion abstraite de logique et cela sans expression verbale orale.

On ne peut communiquer qu’avec un être que l’on perçoit et qui nous répond, donc qui nous perçoit aussi. Finalement être capable et ressentir le besoin abstrait, de se poser une question.

L’hominidé au cours de l’évolution a réussit l’exploit de se libérer de sa condition originelle de proie potentielle pour être uniquement prédateur. Le sommeil paradoxal, associé au déséquilibre énergétique permanent, a libéré l’homme de son état originel conditionné par le milieu. L’activité énergétique neuronale générée par la réflexion abstraite et motivée par le besoin d’abord physiologique (un déséquilibre énergétique permanent), a surpassé celle générée par la réflexion sensorielle. L’homme a réussit, à l’état de veille, le transfert de l’attention sur la réflexion abstraite, supplantant définitivement la réflexion sensorielle.

Remarque : je dois préciser que la réflexion abstraite est située d’après l’imagerie cérébrale dans la partie antérieure du cerveau, par opposition à la réflexion sensorielle qui elle est localisée dans la partie postérieure du cerveau (ce qui vient chronologiquement vérifier l’apparition de la réflexion abstraite, le déplacement du trou occipital et du centre de gravité du cerveau en direction de la partie antérieure de la boîte crânienne).

La réflexion instinctive ne peut être maîtrisée que par une réflexion rationnelle, abstraite, consciente.

Conclusion, paraphrasant Léonard de Vinci, le déséquilibre énergétique est source de tout mouvement local, il n’est point de repos sans équilibre.

Propulsé par WordPress

Copy Protected by Chetan's WP-CopyProtect.