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6 mars 2009

3° La matrice de l’économie de marché (solution globale ou “l’impératif catégorique” de Kant)

Classé dans : l'économie de marché — Mots-clefs : — admin @ 18:36

Troisième chapitre

3° La matrice de l’économie de marché

3.1 La matrice économique

3.2 Conséquences

3.3 Solution économique équitable

3.4 Conclusion

Joseph Schumpeter (1942), Capitalisme, socialisme et démocratie, page 157,158.

« Cependant, qu’ils soient favorables ou défavorables, les jugements de valeur portant sur la performance capitaliste ne présentent qu’un faible intérêt. En effet, l’humanité n’est pas libre de faire son choix. Cette impuissance ne tient pas seulement au fait que la masse populaire n’est pas en mesure de comparer rationnellement des alternatives et qu’elle accepte toujours ce qu’on lui souffle, mais elle s’explique également par une raison beaucoup plus profonde. Les phénomènes économiques et sociaux sont mus par une impulsion interne et les situations résultantes contraignent les individus et les groupes à adopter, bon gré mal gré, tels ou tels comportements spécifiques : non pas, certes, parce que ces situations annihilent leur liberté de choix, mais en raison du fait qu’elles modèlent leurs préférences et réduisent le nombre des possibilités de choix. »

André Gorz. Métamorphoses du travail. Quête du sens,  page 216.

« La raison n’en est pas l’existence d’une « nature » antérieure et réfractaire à toute socialisation mais l’impossibilité qu’il y a à extérioriser l’intériorité, à objectiver le subjectif ».

« Ce que les « post-modernes » prennent pour la fin de la modernité et la crise de la raison est en réalité la crise des contenus irrationnels, quasi religieux sur lesquels s’est édifiée cette rationalisation sélective et partielle qu’est l’industrialisme » page 13

Avant la culture scripturale, les biens ne possédaient pas de valeur économique, mais une valeur  énergétique. La valeur économique d’un bien, représentée éventuellement par la monnaie est artificielle et de fait non équivalente à la valeur énergétique du bien. Le coût économique ne se calcule que dans le but de réaliser un profit.

André Gorz. Métamorphoses du travail. Quête du sens,  page 154

« La mesure quantitative comme substitut du jugement de valeur rationnel confère la sécurité morale et le confort intellectuel suprêmes… .  « Credo irrationnel qu’une rationalisation sélective a soustrait à l’examen argumenté et à la critique ».  André Gorz. Métamorphoses du travail. Quête du sens,  couverture. »

Si nous comparons l’évolution biologique du requin et cognitive des civilisations orales, nous pouvons constater qu’elles ont toutes deux atteint une limite, le requin depuis 100 millions d’années (les scientifiques disent de lui qu’il est parfaitement adapté à son milieu…) et les civilisations orales, depuis 350.000 ans (apparition des premiers rites funéraires lors des enterrements, utilisation du feu, usage de vêtements).

La matière vivante comme nous le savons  possède un déséquilibre énergétique et la mémoire d’un état énergétique stable propre à la matière originelle dont elle est le produit et qu’elle tend à retrouver. Si dans sa quête d’énergie, la matière vivante atteint un équilibre permanent, la recherche n’a plus d’intérêt et l’évolution biologique ou cognitive s’arrête.

Pour expliquer la nécessité de créer la monnaie économique, il nous faut tout d’abord établir l’information insatisfaisante (potentiellement dangereuse) qui provoqua la recherche d’une solution.

Edmund Husserl, « die Krisis der europaîschen Wissenschaffen…”

»  André Gorz. Métamorphoses du travail. Quête du sens,  page 156

« Les mouvements sociaux sont, certes, anti-technocratiques, c’est-à-dire comme le montre A.Touraine, dirigés contre l’hégémonie culturelle de la classe dominante, mais il n‘attaquent la domination de celle-ci que dans ses fondements culturels et dans ses conséquences sociales, non dans sa base matérielle : sa matrice économique. »

« L’intention étant en quelque sorte subrogée par des procédés de calcul qui fonctionnent de façon quasi automatique et autonome, le travestissement idéel fait que le sens authentique de la méthode, des formules, des « théories » reste incompréhensible et n’a jamais été compris lors de la mise au point naïve de la méthode ».

3.1 La matrice économique

Dans les sociétés orales, les besoins énergétiques sont satisfaits par la répartition équitable du produit énergétique issu des différentes activités communes. Il n’existe pas, au sein de ces sociétés, d’échelle de valeur classifiant ces différentes activités par ordre d’importance (si de telles classifications existent, elles ne mettent pas en péril l’existence d’une partie du groupe). Cela s’explique par le fait que chaque individu est considéré comme utile, indispensable  au groupe et cela du fait (du lien affectif qui unit tous les individus du groupe) que chaque individu est connu du groupe depuis sa naissance (voyez votre propre expérience au sein de votre famille, dans vos échanges énergétiques avec votre conjoint, enfants…). Par conséquent, n’ayant pas de différence de valeur à matérialiser, le besoin d’échanger les biens (qui sont équitablement repartis) n’a pas d’objet et la création de la monnaie économique non plus (faute d’écriture l’instrument monétaire préhistorique n’a pas d’intérêt pour mon analyse, vu qu’il ne peut être capitalisé).

L’économie concentrationnaire décrite par Primo Lévi nous a démontré que pour développer une économie de marché, il faut réunir deux conditions (il est évident que la première condition est de savoir compter) :

a. créer impérativement un déséquilibre énergétique permanent ou sa potentialité (ici la création de la monnaie frappée ou papier ne fut pas nécessaire).

b. il faut que les rapports entre individus d’un même groupe, soient dépourvus de lien affectif  de manière à pouvoir réaliser un profit (le lien affectif n’est possible qu’à la condition que l’on ait besoin de l’autre, pour la satisfaction qu’il nous apporte ou qu’il est susceptible de nous apporter). Le profit réalisé n’étant que l’émanation de l’écriture qui a pour but premier comme nous l’avons vu de protéger l’individu et ses biens dans sa recherche d’énergie.

Dans sa quête d’équilibre énergétique, la matière vivante a généré un système de régulation composé de différents neurotransmetteurs et hormones afin de gérer les informations perçues qui peuvent constituer une source d’énergie (source de satisfaction) ou une perte d’énergie (source d’insatisfaction). Une information perçue comme satisfaisante est donc considérée (parfois à tort du fait de la réflexion abstraite, qui peut être influencée par l’affectivité) comme une information utile à la recherche de l’équilibre énergétique. Tandis qu’une information considérée comme insatisfaisante (parfois à tort) constitue une menace potentielle pour cette même recherche.

André Gorz. Métamorphoses du travail. Quête du sens, page 137

« Qu’y a-t-il dans la rationalité économique qui lui a permis de gagner du terrain, dans la vie des individus, au détriment des rapports spontanés, affectif, de solidarité ? »

Il faut postuler que la création de la monnaie économique ne fut pas le résultat d’un déséquilibre énergétique direct, mais le moyen de compenser une insatisfaction (signal d’un possible déséquilibre). Insatisfaction produite par la nécessité de partager ou de troquer le produit d’une activité personnelle (que l’on considère subjectivement comme supérieur à celui d’autrui, de par la valeur affective qui y est associée) avec celui d’un individu qui nous est indifférent (individu dont on a pas besoin et qui ne peut donc pas être source de satisfaction), par conséquent avec lequel il ne peut exister de lien affectif.

Jusqu’au Néolithique il n’y eut que deux types d’individus « l’être satisfaisant, l’ami » et « l’être insatisfaisant, l’ennemi », l’expansion démographique généra un nouveau type d’individu « l’être indifférent, économiquement utile ou inutile ».

L’insatisfaction produite par l’absence de lien affectif à l’heure de répartir ou d’échanger des biens fut l’occasion de créer la monnaie économique.

Remarque

Ceci nous permet de comprendre pourquoi nous refuserons systématiquement la rémunération d’un travail ou service rendu à un être auquel nous sommes liés par un lien affectif. De même pour  le comportement de l’avare, qui ayant subi un déficit affectif profond au cours de l’enfance, ne peut s’empêcher de compenser   en thésaurisant inconsciemment l’amour que contient l’argent. Il n’en connaît pas la raison mais pour lui, toute dépense d’argent constitue une souffrance.  En théorie le comportement de l’avare est identique à toutes les conduites  addictives, je n’y reviendrai pas dans la cinquième partie « Exemples de résolutions de névroses », où  j’utilise uniquement des exemples de phobies et de névroses de contraintes (toc)pour lesquels je dispose de toutes les informations nécessaires à leurs résolutions théoriques. Pour ma part il n’y a aucune différence sur le fond entre l’anorexie, un trouble obsessionnel, la névrose de guerre … ou la schizophrénie. La différence essentielle se situe au niveau de la forme, c’est-à-dire du symptôme. Les seules différences pouvant exister entre des « tsunamis » et des « tremblements de terres » se situent exclusivement au niveau des conditions physiques et circonstancielles propres à chaque séisme. (L’essentiel des séismes a lieu au contact des grandes plaques lithosphériques, c’est-à-dire deux informations non associables).

Cette idée permit d’annuler une insatisfaction (signal d’une menace potentielle), mais elle possède une lame à double tranchant. Bien qu’elle ne fût pas directement le produit d’un déséquilibre énergétique, la monnaie économique fut avec l’utilisation du développement des sciences à l’origine des plus grands déséquilibres.

Ayant créé une valeur artificielle permettant d’acquérir tous les biens et services de valeur énergétique réelle, les hommes se sont lancés dans la course à l’argent (par tous les moyens, légaux ou non). Au sein d’un tel système, l’individu doit impérativement acquérir cette valeur qui lui permettra d’assurer son équilibre énergétique. Le meilleur moyen d’assurer cet équilibre est donc de posséder cette valeur en suffisance. Le profit est le seul moyen légal de réaliser cet objectif et l’économie en sera la technique.

3.2 Conséquences

L’économie dont le seul but est d’augmenter la valeur d’un capital de départ, va être l’élément générateur d’un déséquilibre énergétique, social, écologique et psychologique.

Le déséquilibre énergétique est produit par la destruction d’une partie de l’énergie générée par l’activité humaine, du fait de sa transformation en capital composé d’une valeur monétaire artificielle capitalisée et ayant une inflation permanente du fait de l’augmentation permanente des prix, générateurs de profit et soumise aux critères du marché. La monnaie étant un produit, sa création peut aussi générer une hyperinflation. De plus la répartition de la richesse économique n’obéit à aucun critère rationnel. Qu’est ce qui justifie les différences de rémunérations ? Si nous devions établir une répartition inéquitable, sur base de critères rationnels, nous devrions nous référer exclusivement à la pyramide des besoins de Maslow, qui nous permettrait de déterminer une échelle de valeur des professions. Ainsi l’agriculteur suivit de l’ouvrier et de la prostituée auraient les plus fortes rémunérations.

Absurdité économique sur laquelle se fonde la politique démocratique du même nom

Le rapport du Conseil central de l’économie (CCE) démontre que la part des salariés dans la répartition de la richesse économique nationale qu’ils ont générée baisse depuis 2003 et accélèrent l’appauvrissement de la population laborieuse et « inactive » belge.

2003 2004 2005 2006 2007 2008
% PIB 65,8 64,2 63,2 63,0 62,6 62,2

Sources : Le Monde, INSEE, Observatoire des inégalités, La finance pour tous, INSERM

France

Patrimoine net 2005, dettes déduites: 8066,7 milliards d’euros

Dette publique 2005 : 1150 milliards d’euros soit 14,2% du patrimoine des ménages.

3,7 millions de personnes ont moins de 681 euros par mois pour « vivre », dont 1,74 millions de travailleurs.

L’espérance de vie d’un ouvrier est inférieure de 6 ans et demi à celle d’un cadre.

André Gorz. Métamorphoses du travail. Quête du sens,  page 154

« Cette scission du système social et ce divorce entre rationalités différentes engendrent l’éclatement de la vie des individus eux-mêmes : vie professionnelle et vie privée sont dominées par des normes et des valeurs radicalement différentes, voire contradictoires ».

Le déséquilibre social résulte de l’asservissement économique d’une partie de la population subissant des discriminations énergétiques sans lesquelles aucun profit n’est possible et l’exclusion d’une autre partie de la population du fait de son inutilité économique pour la réalisation de ce profit. Nos sociétés « modernes » et « démocratiques » ont été contraintes (par les différentes luttes entre classes économiques) de créer un système de sécurité sociale permettant, par le prélèvement d’impôts sur le revenu, de redistribuer une faible partie du profit économique. Sur le plan rationnel ou mathématique de la recherche d’un équilibre, les politiques ne peuvent réaliser qu’une seule tâche, qui s’apparente à celle des Danaïdes, remplir à jamais des tonneaux percés.  Il est impossible de compenser une perte énergétique effective, par la redistribution d’une fraction des revenus du profit ayant généré cette perte.

Joseph Schumpeter relève l’apparente absurdité de l’impôt au sein d’une société à  économie monétaire «  socialiste » (il me semble antinomique de placer côte à côte socialisme et économie monétaire, puisque la pratique de l’économie capitaliste fut ce qui provoqua la naissance de l’idéologie socialiste).

Joseph Schumpeter (1942), Capitalisme, socialisme et démocratie : organigrammes comparés  page 314

« Aucun autre phénomène ne met aussi crûment en lumière les gaspillages provoqués par le conflit des principes structurels au sein d’un corps social. Le capitalisme moderne compte sur le principe du profit pour gagner son pain quotidien, mais la société ne consent pas à laisser prévaloir ce principe. Or, un tel conflit et, par conséquent, de tels gaspillages n’existeraient pas dans une société socialiste. Comme celle-ci contrôlerait toutes les sources de revenus, les impôts disparaîtraient en même temps que l’État (ou, si l’on ne se rallie pas à ma conception de l’État, en même temps que l’État bourgeois). Enfin, et c’est là une simple question de bon sens, il serait évidemment absurde que le conseil central commence par verser des revenus aux particuliers, puis, ceci fait, coure après les bénéficiaires aux fins d’en récupérer une fraction. Si les hommes de gauche n’étaient pas aussi enclins à faire monter les bourgeois à l’arbre en proclamant que les impôts n’ont qu’un tort, c’est d’être trop faibles, on aurait dû reconnaître depuis longtemps que la suppression des impôts constitue l’un des titres de supériorité les plus éclatants que l’on puisse reconnaître au plan socialiste. »

En 1942 déjà, Schumpeter est tiraillé entre le désir de conserver une rationalité économique, qu’il considère à tort comme la matrice de tout progrès et ses conséquences inévitables et inhumaines, comme  la pauvreté qu’elle génère, a une idée  intéressante, non pas d’un point de vue rationnel, mais parce qu’elle rejoint celle d’une  compensation  énergétique de l’activité humaine en dehors d’un système économique capitaliste.

Joseph Schumpeter (1942), Capitalisme, socialisme et démocratie : 1re et 2e parties 89

«Cependant, qu’il soit durable ou temporaire, qu’il empire ou non, le chômage, on ne saurait le contester, est et a toujours été un fléau. Dans la prochaine partie de cet ou­vra­ge, nous aurons à apprécier son élimination possible en tant que l’un ces éléments de supériorité que le système socialiste peut faire valoir. Toutefois, je consi­dère que la tragédie réelle ne consiste pas dans le chômage en soi, mais dans le chô­ma­ge aggravé par l’impossibilité de subvenir adéquatement aux besoins des chômeurs sans compromettre les conditions du progrès économique ultérieur: en effet, de toute évidence, la souffrance et la dégradation – la destruction des valeurs humaines – que nous associons au terme chômage (mais non pas le gaspillage de ressources producti­ves inutilisées) seraient largement éliminées et le chômage cesserait pratiquement d’être un objet d’effroi si la vie des chômeurs n’était plus sérieusement affectée par la perte de leurs emplois. Certes, l’on ne saurait dénier que, dans le passé – disons, environ jusqu’à la fin du XIXe siècle -, le régime capitaliste, non seulement se serait refusé à accorder une telle garantie aux chômeurs, mais aurait même été tout à fait hors d’état de le faire. Cependant, étant donné qu’il serait désormais en mesure de leur procurer la sécurité à laquelle ils aspirent, pourvu qu’il maintienne pendant un demi-siècle le rythme de ses accomplissements antérieurs, cet argument anticapitaliste doit, dans le cas d’espèce, rejoindre au cimetière de l’histoire les tristes spectres du travail des enfants, de la journée de seize heures, de la chambre habitée par cinq personnes – c’est-à-dire de toutes les tares qu’il est tout à fait équitable de souligner quand on ap­pré­cie le coût social des achèvements capitalistes du passé, mais qui cessent d’être nécessairement pertinentes lorsque l’on soupèse les possibilités alternatives de l’ave­nir. Notre époque se situe quelque part entre les insuffisances manifestées par l’évolu­tion capitaliste au cours de ses premières phases et les réalisations susceptibles d’être accomplies par le système parvenu à sa pleine maturité. Aux États-Unis, tout au moins, la meilleure partie de l’œuvre capitaliste pourrait, dès à présent, être réalisée sans imposer une tension excessive au système. Les difficultés à surmonter ne paraissent pas tellement consister dans le défaut d’un excédent de ressources suffisant pour effacer les ombres les plus noires du tableau social – mais elles consistent, d’une part, dans le fait que de 1931 à 1940, des mesures d’inspiration anti-capitaliste ont gon­flé le nombre des chômeurs au delà du minimum inévitable et, d’autre part, dans le fait que l’opinion publique, dès qu’elle prend conscience du devoir à remplir envers les chômeurs, s’oriente immédiatement vers des méthodes irrationnelles de finance­ment des secours et vers des méthodes relâchées et onéreuses de gestion de ces secours.

Une grande partie de l’argumentation précédente vaut pour les possibilités futures (et, dans une large mesure, immédiates) inhérentes à l’évolution capitaliste en ce qui concerne la protection des vieillards et des malades, l’éducation, l’hygiène, etc. De même, en se plaçant au point de vue des foyers individuels, on pourrait raisonna­blement s’attendre à ce qu’un nombre croissant de marchandises sortent de la zone des biens économiques (et donc rares) et deviennent pratiquement disponibles jusqu’à satiété. Une telle situation pourrait être réalisée par voie d’arrangements soit conclu entre des sociétés productrices et des offices publics, soit de nationalisation ou de municipalisation, car le développement progressif de telles institutions constituerait, bien entendu, l’un des traits de l’évolution future du capitalisme même si à tous autres égards, il devait rester libre d’entraves. »

André Gorz pg 93 « Capitalisme, Socialisme, Ecologie».

« Il ne peut y avoir de modernisation écologique sans restriction de la dynamique de l’accumulation capitaliste et sans réduction par autolimitation de la consommation. »

Le déséquilibre écologique résulte donc d’un gaspillage énergétique abyssal provoqué par la transformation de l’énergie en valeur artificielle et de l’utilisation du développement des sciences afin de rationaliser l’outil économique au service du profit. L’activité humaine mise au service de ce profit, dépasse donc largement l’activité humaine nécessaire qu’il faudrait pour générer l’énergie utile à l’équilibre énergétique de l’humanité et cela en n’excluant aucune activité, à part celles visant à détruire l’homme et son milieu. Le plein emploi (de fait avec horaire de travail très largement inférieur aux 35 H) ne pourra être atteint que lorsque notre société « moderne » (et comme l’ont réalisé involontairement les sociétés orales) aura pour projet politique de remplacer la recherche du profit, par la recherche de l’équilibre énergétique global.

La réflexion abstraite étant le produit de la matière vivante, il est illusoire de penser qu’un déséquilibre énergétique (même latent) ne puisse provoquer un déséquilibre psychique. D’autre part, pour des raisons liées à la labilité de l’attention mais que l’on peut résumer par le fait que l’on peut réduire l’homme à l’état d’animal, le taux de suicide au USA est de 10,6 pour 100000, alors qu’en France il est de 20 pour 100 000, et vous ne trouverez presque pas de suicidaire dans un bidonville. Mais la paupérisation matérielle et intellectuelle des populations économiquement moins utiles ou inutiles est le fond de commerce de tout mouvement violent organisé ou non.

Seuls les pays de l’ex- Union des républiques socialistes soviétiques, suivis de près par la République populaire de Chine (communiste), cumulent des taux de suicide et d’homicide très élevés !

Le tableau suivant montre les taux d’homicides en 2000 pour différents pays.

Statistiques mondiales des homicides en 2000 (ou l’année la plus proche) [1]
Rang Pays Nombre total
(environ)
Taux
pour 100 000
habitants
Pourcentage
des décès
1 Colombie 60,8
2 Russie 28,4
3 Brésil 50 000 23,3
4 Kazakhstan 18,8
5 Lettonie 15,3
6 Estonie 13,9
7 Ukraine 13,1
8 Moldavie 11,9
9 Biélorussie 11,4
10 Mexique 10,8
11 Lituanie 9,3
12 Kirghizistan 7,7
13 États-Unis 17 000 6,2 0,7 %
14 Cuba 5,2
15 Albanie 4,2
16 Géorgie 3,3
17 République de Macédoine 3,0
18 Pologne 2,1
19 Belgique 1,9
20 Pérou 1,8
21 Corée du Sud 1,7
22 Canada 1,5
23 Pays-Bas 1,4
24 Italie 1,2
25 Suède 1,2
26 Allemagne 0,9
27 Espagne 0,9
28 France 430 0,7 0,08 %
29 Royaume-Uni 406 0,7 0,07 %
30 Japon 0,6

Le fait que le taux de suicide soit proportionnel au niveau de protection sociale ne peut s’expliquer que par la mise à jour de la raison psychologique qui poussa l’homme à passer de la culture orale à la culture scripturale (sans oublier l’importance fondamentale du mécanisme de l’attention). L’expansion démographique du néolithique provoqua l’éclatement du groupe social familial des sociétés orales en un groupement d’individus divisé en une constellation de cellules familiales sans lien affectif entre elles. La personne souffrant d’un trouble psychique (provoqué par un déficit affectif) est donc confrontée à la souffrance que représente le risque potentiel (effectif ou non) conscient ou non de se retrouver à l’extérieur de la cellule familiale.

3.3 Solution économique équitable

En l’absence de lien affectif, l’échange d’énergie entre individus génère un déficit affectif (information  insatisfaisante, donc potentiellement dangereuse), que nous compensons par de l’énergie qui elle est bien réelle puisque la monnaie permet d’acheter de l’énergie. L’argent nous permet donc de payer (un prix sans rapport exact, dans lequel est compris  la valeur économique de l’énergie achetée et l’absence d’affectivité) ou de faire payer l’absence d’affectivité, de fait une information abstraite.  Nous prenons donc l’énergie que nous estimons avoir perdue ou nous donnons de l’énergie afin de ne pas être obligés de nous investir sur le plan affectif (de perdre de l’énergie). En réalité et dans les faits, nous échangeons une idée (information abstraite) ou l’absence de cette idée contre de l’énergie.

La matière notre mère n’a que faire de l’affectivité, elle « sanctionnera » irrémédiablement « l’humanité » chaque fois qu’elle s’écartera de son essence qui est un état originel d’équilibre énergétique permanent. Ce qui, en extrapolant, me fait penser que le but de la vie sera en finalité, biologiquement et définitivement trouvé dans la mort. Il n’existe ni pulsion de vie ni pulsion de mort, contrairement à ce que pensait Sigmund Freud.

Il est irrationnel de vouloir  transformer de l’énergie  en monnaie capitalisable, puisque l’unité de mesure du travail est le « joule ».

L’avantage (de la compensation énergétique) du joule  est qu’il ne peut être échangé que contre un joule, sa valeur est invariable et toujours égale à un joule. La science a pu établir la consommation d’énergie du cerveau pendant le sommeil paradoxal. La rationalisation énergétique peut donc établir un équilibre optimal, en fonction des besoins, entre l’énergie dépensée et l’énergie consommée, il ne peut par conséquent y avoir aucun intérêt à travailler plus que nécessaire (à produire plus que nécessaire).  Si la compensation énergétique est garantie et crée la condition d’un équilibre, la capitalisation me semble impossible puisque sans objet. Vous annulerez de fait toutes formes de trafics, d’esclavages, de corruptions et de discriminations énergétiques. Vous créerez le plein emploi dans un monde écologique (je rappelle qu’une politique de croissance économique est de fait inconciliable avec une vraie politique écologique d’économie d’énergie visant un développement durable), dont l’unique contrainte pour la réalisation d’un quelconque projet sera le temps (je rappelle que dans certains domaines de recherche, le premier obstacle est aujourd’hui le moyen économique, l’argent), puisque l’on aura remplacé la recherche d’un profit par la recherche d’un équilibre énergétique global.  La compensation énergétique a déjà fait ses preuves, au sein des sociétés à culture orale.

3.4 Conclusion

L’équilibre énergétique global est la garantie de l’équilibre psychique.

Extrait : Thomas Edward Lawrence (1888-1935), dans « Les sept piliers de la sagesse ». Payot, Paris 1940. Page 582.

« J’arrivais au renoncement (dans la mesure où j’y arrivais) par une route tout opposée, grâce à ma conviction que le mental et le physique ne font qu’un, indissolublement; que nos corps, l’univers, nos pensées, nos sensibilités aux contacts doivent être conçus à l’intérieur de la boue moléculaire, composés de cette boue, élément universel où dérivent les formes, caillots, combinaisons de densités diverses ».

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