Fasgenitor.com

6 mars 2009

Théorie de l’évolution et de l’adaptation

Classé dans : évolution et adaptation — Mots-clefs : — admin @ 19:26

2003 – 2007

Ontogenèse et phylogenèse de la condition humaine

Fondements de la conscience morale

.

« Toute personne est légitimée d’accepter comme vraie une chose qui est présentée comme vraie et qui est compréhensible pour elle, faute de raisons plus fortes pour ne pas le faire ».

T.Burge(1993) « Content Preservation » philosophical review 102 :457-88

Premier chapitre

1° Comment la matière vivante a-t-elle pris conscience de sa propre existence ?

Deuxième chapitre

2° Processus psychologique à l’origine de la culture scripturale.

Troisième chapitre

3° La matrice de l’économie de marché (solution globale).

Quatrième chapitre

4° Fondements de « la conscience morale ».

Cinquième chapitre

5° Exemples de résolutions théoriques de névroses.

.

Cher lecteur,

Si vous avez besoin d’un psy, d’un confesseur ou d’un voyant…, vous vous trompez de site…

Si par contre votre motivation est celle qui fut la mienne : comprendre comment notre pensée s’articule et traite l’information, vous êtes au bon endroit.

La tâche vous semble insurmontable, ma théorie indigeste, je peux vous l’expliquer.

Vous voulez savoir combien vous coutera le cours ?

Taux horaire : celui que vous pratiquez ou que l’on vous octroie. Pourquoi ? Étudiez le chapitre 3 : « La matrice de l’économie de marché ».



.


Contrairement à l’idée reçue, le critère d’acceptation d’une solution irrationnelle, pour la résolution d’un problème rationnel, n’est pas la facilité mais toujours la qualité satisfaisante de l’information solution.

.

Pour les âmes en quête de Dieu…

« Rencontrez Dieu et vous sonnerez le glas de votre foi en son existence ».

.

Politiciens de toutes les idéologies, sachez que votre fonction était justifiée par un vide scientifique qui vient d’être comblé.




.


Théorie élaborée par…

Manuel Vazquez

Contact : vazquez@fasgenitor.com

.

Fas Genitor

.

Tel Gallimard « Les carnets de Léonard de Vinci »

Leonardo da Vinci

.

« Toi qui médites sur la nature des choses, je ne te loue point de connaitre les processus que la nature effectue ordinairement d’elle-même, mais me réjouis si tu connais le résultat des problèmes que ton esprit conçoit ». G47r

.

Fas,

n.indécl.(fari) :-1-parole Divine, l’ordre de Dieu, droit divin, justice divine, droit naturel, lois divines, destin.. -2- Ce qui est ordonné ou permis par les Dieux. -3- Ce qui est permis, le juste, le légitime, le bien. -4- Justice divine (personnifiées).

- fas<>jus : la loi humaine.

.

Genitor


  • 1 - gĕnĭtŏr, ōris, m. : - a - père (qui donne naissance; nom qui désigne souvent les dieux). - b - créateur, fondateur.
    - genitor deûm, Ov. Am. 1, 13, 45 : père des dieux (Jupiter).
    - fraudum genitor, Sil. 13, 738 : artisan de ruses.
    2 - Gĕnĭtŏr, ōris, m. : Génitor (nom d’homme).

Le monde étant ce qu’il est, le 16 mai 2007, « La Maison Des Auteurs » a enregistré le dépôt de ma théorie sous le n°. 1359

.

Limites

La publication d’une citation ou d’une analyse de l’œuvre est autorisée, dans la mesure où celle-ci est brève et justifiée par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information, de l’œuvre.

.

Remerciements à…

.

Léonardo da Vinci


« Pour qui les a étudiés, ces manuscrits, produit de milliers d’heures d’activité cérébrale, attestent le travail de la plus puissante machine intellectuelle que fut jamais cerveau humain ». E. McCurdy

.

Sigmund Freud


Vienne, 15 mars 1931

O.C.PUF. « L’interprétation du rêve ».

«Il contient même (L’interprétation du rêve), selon mon jugement actuel, la plus précieuse de toutes les découvertes que j’ai eu la bonne fortune de faire. Une telle intelligence des choses ne nous échoit qu’une fois dans une vie ». « La plus belle découverte que j’ai faite la seule probablement qui me survivra ».

.

André Gorz


« Métamorphoses du travail. Quête du sens », page 143

La quantification faisait surgir un critère irrécusable et une échelle hiérarchique qui n’avaient besoin d’être validés par aucune autorité, aucune norme, aucune échelle des valeurs. L’efficacité était mesurable et, à travers elle, la capacité de l’individu, sa vertu : plus vaut plus que moins, celui qui réussit à gagner plus vaut mieux que celui qui gagne moins. »

.


André Gorz


« Métamorphoses du travail. Quête du sens », Editions Galilée.

« La mesure quantitative comme substitut du jugement de valeur rationnel confère la sécurité morale et le confort intellectuel suprêmes… . « Credo irrationnel qu’une rationalisation sélective a soustrait à l’examen argumenté et à la critique ».

.


Primo Lévi


Turin, janvier 1947 « Si c’est un homme. En deçà du bien et du mal ».

« Le vol à la Buna, puni par la Direction civile, est autorisé et encouragé par les SS ; le vol au camp, sévèrement sanctionné par les SS, est considéré par les civils comme une simple modalité d’échange.

Le vol entre Haftlinge est généralement puni, mais la punition frappe aussi durement le voleur que le volé.

Nous voudrions dès lors inviter le lecteur à s’interroger : que pouvaient bien justifier au Lager des mots comme « bien » et « mal », « juste » et « injuste » ? À chacun de se prononcer d’après le tableau que nous avons tracé et des exemples fournis ; à chacun de nous dire ce qui pouvait bien subsister de notre monde moral en deçà des barbelés ».

.


Ainsi qu’aux Professeurs Dambricourt, Morange, Otte et Deutsch .

.

.


Théorie de l’évolution et de l’adaptation

1° Comment la matière vivante a-t-elle pris conscience de sa propre existence ?

Premier chapitre         

 

1° Comment la matière vivante a-t-elle pris conscience de sa propre existence ?

1.1 Un rêve à l’origine de l’humanité

 1.2 Un rêve devenu réalité

 

 

Ce qui différencie l’homme des autres êtres vivants est principalement la pensée abstraite.

Chez l’animal, ce sont essentiellement l’instinct de reproduction et de conservation qui le caractérise. Son comportement ne sera déterminé que par des perceptions sensorielles.

Les questions qui se posent, afin de comprendre la singularité de l’homme sont : comment et quelles informations ont été traitées par les hominidés ?

La prise de conscience de sa propre existence n’est possible que si la matière vivante réussit à percevoir et à traiter l’information abstraite, c’est-à-dire la représentation abstraite de l’information perçue par les sens. Il est entendu que cette représentation abstraite aura comme corollaire une information interne concrète, chargée d’énergie et traitée par l’entité ad hoc.   

L’information abstraite ne peut donc être produite que par le sujet puisque le milieu externe ne produit pas d’information abstraite observable.

 

 

1.1 Un rêve à l’origine de l’humanité

 

Avant que la matière vivante ne génère les organes sensoriels afin d’appréhender les informations existantes comme la lumière, le son, la matière, les saveurs du milieu externe, elle ne traitait que très peu d’informations et toujours par contact. Avec l’apparition des sens et de la vision en particulier, l’être vivant a, simultanément à la création d’un nouvel organe, généré une entité cérébrale capable de traiter les informations perçues par cet organe. Le cerveau a ainsi du traiter un nouveau type d’information, la représentation de l’information perçue.

Si nous observons le cerveau de plusieurs vertébrés comme le requin, le lézard, l’oiseau, le chien, le singe, l’homme, nous constatons que le tronc cérébral passe d’une position horizontale chez le requin, à une position presque verticale chez l’homme. Nous observons aussi que la masse du cerveau augmente avec la rotation du tronc cérébral.

Cette rotation est due à la croissance du volume de l’instance cérébrale traitant les nouvelles données et au changement de milieu. Il est entendu que l’augmentation des informations perçues doit nécessairement provoquer une augmentation de l’activité cérébrale qui n’est possible qu’avec l’augmentation proportionnelle de la masse cérébrale (neurones). Ce qui me permet d’en déduire que si certaines espèces animales ont atteint la limite des informations existantes et observables dans leur milieu, associé à un équilibre énergétique dans la satisfaction de leurs besoins physiologiques, il y aura de fait une stabilisation du développement cérébral. 

L’instance cérébrale ayant ainsi développé plusieurs entités différentes en fonctions du type d’information traitée, a créé « l’attention ».  L’attention est « l’interface » qu’utilise la réflexion, pour des raisons évidentes d’efficacité dans le traitement de l’information, entre les données mémorisées associables et celles qui ne le sont pas ou moins. Il est entendu que toute donnée utilisée par la réflexion doit d’abord être « mémorielle ». Cette marque provoquée par la force de la charge en énergie déterminera s’il s’agit d’une donnée marquée à courte ou longue durée de vie.

Lors du passage d’un état de sommeil à un état d’éveil, il se produit un état de somnolence nommé « le sommeil paradoxal » durant lequel l’attention (labile), permet à la réflexion d’utiliser uniquement les représentations abstraites mémorisées. Il arrive parfois que des perceptions sensorielles soient perçues, mais jusqu’au réveil, elles seront interprétées comme faisant parties du rêve. L’information abstraite nécessaire au développement de l’instance cérébrale permettant la réflexion abstraite est donc produite par l’être vivant.

Durant le sommeil paradoxal, la consommation d’énergie du cerveau est supérieure à celle dont il a besoin éveillé, lorsqu’il réfléchit à un problème complexe.

Le développement de la masse cérébrale bloquée dans son expansion par la boîte crânienne va provoquer, dans sa recherche d’espace, une poussée sur le sphénoïde, entraînant une « rotation » du massif facial.

Le déplacement du trou occipital est du à la rotation (vu l’augmentation de la masse cérébrale et sa recherche d’espace) de la masse cérébrale en direction du cervelet, entraînant le déplacement du centre de gravité et le redressement du tronc cérébral,  permettant d’adopter la bipédie permanente.  

Si je compare les crânes d’un chimpanzé (dont l’ADN est identique à plus de 95% à celui de l’homme) et d’un homme, il y a expansion de la boîte crânienne dans les trois sens, largeur, longueur et hauteur.  Ce qui me permet de penser qu’en lieu et place d’un affaissement ou rotation du massif facial, la pression exercée par le développement du cerveau a provoqué le développement de l’os frontal, occipital et la rotation du sphénoïde. Ces différentes pressions sont à la base d’un déplacement horizontal (translation) des os, frontal, propre du nez et zygomatique, qui ont ainsi gagné du terrain sur l’os maxillaire. L’arcade dentaire chez l’homme perd aussi de sa longueur (par rapport à celle du chimpanzé) en s’élargissant.

Cette dynamique associée au changement de milieu (vu la morphologie des membres postérieurs et antérieurs) et donc d’alimentation (vu le besoin d’alimenter un cerveau consommant chaque fois plus d’énergie), va au cours de l’évolution permettre à l’être d’adopter la bipédie permanente, le langage articulé (avec la capacité d’émettre une gamme de sons plus riches) et finalement de prendre conscience de sa propre existence.

Vous me direz que la conscience de soi se fait à l’état de veille et non de somnolence et que de plus d’autres espèces animales ont aussi développé la capacité de rêver.

En effet mais au cours de l’évolution l’hominidé va rêver beaucoup plus que ces autres espèces animales et ces dernières sont bien incapables de se souvenir d’un rêve.

Une des caractéristiques du sommeil paradoxal est qu’il se traduit par une paralysie quasi totale du corps. Ce qui implique une cessation d’activité des mécanismes cérébraux de contrôle. Le sommeil paradoxal n’est possible que si l’individu se sent physiquement en sécurité. Cet état de sécurité n’est possible que si l’être parvient à se libérer se sa condition originelle de proie potentielle. Ainsi ses périodes de repos sécurisées, ont favorisé le sommeil paradoxal et donc le pouvoir de développer à loisir la réflexion abstraite onirique.  Ceci est démontré par le fait qu’un enfant consacre plus de huit heures au sommeil paradoxal et qu’il acquiert la marche autonome sur les deux membres inférieurs entre 12 et 24 mois, ce qui est un handicap et une évolution non compatible avec un état de proie potentielle dans un milieu où règne la sélection naturelle.

Quant aux animaux domestiqués ou en captivité qui du a leurs récente sécurité peuvent avoir de longues heures de sommeil paradoxal, ils n’ont pas encore comblé leur « retard » et possèdent toujours, pour l’instant, une réflexion dont l’attention à l’état de veille, est monopolisée par la réflexion instinctive limitée aux informations sensorielles.

 

1.2 Un rêve devenu réalité

Néanmoins, les capacités d’association de perceptions et de représentations sensorielles (La capacité de la réflexion à associer des représentations, ne peut être qu’une caractéristique originelle puisque conditionnable par la répétition) plus la modification de la cavité du larynx (permettant l’émission de sons plus riches) me paraissent insuffisantes sans une relation à l’autre au travers d’un dialogue. Un élément très important permettant à l’être humain d’exister en tant que représentation idéelle, est donc de pouvoir nommer toute chose, c’est-à-dire de pouvoir la dédoubler afin de lui donner une existence abstraite et ainsi multiplier son associativité, de façon exponentielle. En associant la représentation sonore à la représentation visuelle, notre ancêtre s’est libéré de l’obligation de voir physiquement l’hominidé, pour être capable de l’imaginer, en nommant l’abstraction de l’homme qu’il est finalement devenu, en sachant communiquer, au travers d’abord d’un dialogue dans sa relation à l’autre et ensuite à lui-même, dans un monologue.

En effet l’imagerie cérébrale montre que l’aire de Broca (centre du langage) est activée lorsqu’un sujet réalise une réflexion abstraite de logique et cela sans expression verbale orale.

On ne peut communiquer qu’avec un être que l’on perçoit et qui nous répond, donc qui nous perçoit aussi. Finalement être capable et ressentir le besoin abstrait, de se poser une question.

L’hominidé au cours de l’évolution a réussit l’exploit de se libérer se sa condition originelle de proie potentielle pour être uniquement prédateur. Le sommeil paradoxal, associé au déséquilibre énergétique permanent, a libéré l’homme de son état originel conditionné par le milieu. L’activité énergétique neuronale générée par la réflexion abstraite et motivée par le besoin d’abord physiologique (un déséquilibre énergétique permanent), a surpassé celle générée par la réflexion sensorielle. L’homme a réussit, à l’état de veille, le transfert de l’attention sur la réflexion abstraite, supplantant définitivement la réflexion sensorielle.

 

Remarque : je dois préciser que la réflexion abstraite est située d’après l’imagerie cérébrale dans la partie antérieure du cerveau, par opposition à la réflexion sensorielle qui elle est localisée dans la partie postérieure du cerveau (ce qui vient chronologiquement vérifier  l’apparition de la réflexion abstraite, le déplacement du trou occipital et du centre de gravité du  cerveau en direction de la partie antérieure de la boîte crânienne). 

 

 La réflexion instinctive ne peut être maîtrisée que par une réflexion rationnelle, abstraite, consciente.

Conclusion, paraphrasant Léonard de Vinci, le déséquilibre énergétique est source de tout mouvement local, il n’est point de repos sans équilibre.

 

2° Processus psychologique à l’origine de la culture scripturale

Classé dans : origine de la culture scripturale — Mots-clefs : — admin @ 18:52

 

Deuxième chapitre

 

2° Processus psychologique à l’origine de la culture scripturale

2.1 Information à l’origine de la modification de la pensée

2.2 1ère modification psychologique

2.3 2ème modification psychologique

2.4 Conclusion

 

 

 

 

 

Freud, S. (1926) : Le malaise dans la culture, Œuvres complètes, Presses universitaires de France (1999) Vol. XVIII, p. 309

« Et c’est pourquoi le développement de la culture doit être, sans plus de détours, qualifié de combat vital de l’espèce humaine. Vraisemblablement, pour être plus précis : tel qu’il a dû prendre forme à partir d’un certain évènement qui reste encore à deviner. »

 

 

 

Ahijado Quintillan, M. Osuna Guerrero, R.(1996) : Lecciones de introduccion a la microeconomia para administracion y direcccion de empresas, (ADE), Ediciones Academicas, S.A. (EDIASA), page 37

« Antes de los asentamientos que se produjeron en el periodo Neolitico, cuando los individuos vivían en tribus nómadas y se dedicaban a la recolección de los frutos salvajes y la caza, no había propiamente economía o problema económico- ni ciertamente Economía-, ya que prácticamente todos los bienes eran libres o gratuitos, dado que se obtenían a un coste prácticamente nulo (Hicks, J. 1.970 : A Theory of Economic History, Oxford University Press. Existe traducción castellana en Ariel). Una cuestión interesante que no respondemos aquí es por qué se produjo aquel cambio de cultura. » 2

 

2 Ahijado, M. Osuna Guerrero, R. (1996) « Avant la sédentarisation du Néolithique, quand les individus vivaient dans des tribus nomades et qu’ils se consacraient à la récolte des fruits sauvages et à la chasse, il n’y avait pas à proprement parlé d’économie ou de problèmes économiques – ni à fortiori d’Économie -, puisque pratiquement tous les biens étaient libres ou gratuits, puisqu’ils étaient obtenus à un coût pratiquement nul. (Hicks, J. 1970: A Theory of Economic History, Oxford University Press. (Il existe une traduction en castillan par Ariel) Une question intéressante à laquelle nous ne répondons pas ici c’est pourquoi se produit ce changement de culture.» 

 

 

 

2.1 Information à l’origine de la modification de la pensée

 

Pour changer de culture, il faut que la réflexion ait subi une modification psychologique induite par de nouvelles informations. De plus, le développement des sciences n’est possible qu’à trois conditions :

1° le besoin, (lié à la modification psychologique induite par de nouveaux évènements).

2° que la réflexion soit rationnelle.

3° que l’on ait du temps à consacrer à la réflexion abstraite logique.

 

Dans l’histoire de l’humanité, cette modification psychologique historique s’est produite à deux reprises, la 1ère fois entre -5000 et –3400 av. JC., et la 2ème fois après -1347 av. JC. Il est évident que la principale se produisit lorsque l’homo sapiens se rendit compte qu’il existait, c’est d’ailleurs ce qui différencie l’homme des animaux, sans réflexion abstraite il ne peut y avoir de culture. La réflexion instinctive ne peut être maîtrisée que par une réflexion abstraite et la représentation affective ne peut pas naître sans réflexion abstraite.

La réflexion abstraite est parfois soumise à certaines inerties (provoquées par les données de la mémoire affective) que j’aborderai plus loin en détails mais dont je vais donner un exemple.

 

Prenons une agression verbale (x) dirigée à votre encontre. Plaçons cette information dans la bouche de cinq sujets différents, un passant, un de vos collègues, un de vos enfants, votre épouse ou époux, votre mère ou père. Bien que l’information soit identique, sa perception et donc son interprétation seront différentes en fonction du sujet qui donnera l’information. Nous pouvons donc en déduire que la réflexion dans ce cas n’est pas rationnelle, puisque nous aurons cinq réactions différentes pour une information identique. Vous me direz que le lien affectif est une information, mais une réflexion empreinte d’affectivité n’a aucun intérêt pour la recherche d’un résultat rationnel. 

 

 

2.2 1ère modification psychologique

Toute communauté dont le nombre d’individus fut supérieur à celui auquel pouvait être lié affectivement un des membres la composant, développa par besoin social et économique (les rapports sociaux étant, en dehors de la cellule familiale, non affectifs) une culture scripturale, fondée sur la protection de l’individu et la sanction de la faute.2

2.  La protection de la propriété privée ne se conçoit qu’en dehors de la cellule familiale (en réalité du cercle affectif). Le législateur a prévu des lois en matière de succession, afin de protéger l’individu dans l’éventualité du décès d’un parent qui voudrait pour des raisons affectives déshériter le successeur. L’écriture ne fut créée que dans le but de protéger et de gérer la propriété privée, protection qui ne peut naître qu’en l’absence de lien affectif. La propriété privée existe bel et bien au sein des sociétés orales, ce qui n’existe pas ce sont des raisons de l’acquérir par le vol.

 

Comme vous pouvez le constater ci-dessous, la déclaration des droits de l’homme de 1789 fut la matérialisation de cet état psychologique et confirme donc le besoin qu’a l’individu (hors cellule familiale) vivant dans ce type de société « non affective » de se protéger du danger potentiel que constitue les autres individus composant cette même société.

 

 

 (Encyclopédie Universalis V9, auteur : Wanda Mastor)

« Consécration française de la philosophie des droits de l’homme, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen forme le préambule de la Constitution des 3-4 septembre 1791. Votée dès août 1789 par l’Assemblée nationale constituante, « sous les auspices de l’Être suprême », elle est l’aboutissement de la pensée des Lumières, un compromis entre Montesquieu et Rousseau, où triomphe la foi dans la Raison et le progrès, propagée par la franc-maçonnerie au sein des élites du royaume. Ses dix-sept articles traduisent la même conception individualiste des droits, qui avait inspiré, en 1776, la Déclaration d’indépendance américaine.

Les corps intermédiaires – famille, corporations, états et provinces –, sont ignorés. Les droits et libertés y sont reconnus de manière très abstraite, selon une logique universaliste peu soucieuse de la pratique. »

 

 

 

L’homme n’agit que par besoin. La sédentarisation et l’agriculture ont permis une expansion démographique nécessitant la création d’une technique de protection de l’individu, de contrôle et de gestion de la propriété privée : l’écriture. La viabilité d’une culture scripturale n’est possible que par la protection de celle-ci contre l’erreur, la faute et ce quel que soit le domaine, naissance des règles, des codes, des lois.

Débarrassé de la dépendance affective et muni d’un système de contrôle, l’homme peut désormais s’institutionnaliser comme outils de travail dans l’esclavage organisé, la création de la monnaie lui permettra de s’assujettir au travail. Pour penser il faut libérer du temps et l’utilisation de l’homme comme main-d’œuvre (d’abord par l’esclavage) va permettre à l’homme de se consacrer à la réflexion abstraite. 1

 1. L’attention au départ centralise les perceptions sensorielles, ensuite (à partir de +/- 30 mois, selon mes développements) elle devra aussi se déplacer sur la réflexion abstraite. Ceci m’a été confirmé lors d’une conférence, sur les fonctions cognitives supérieures, réalisée par Olivier Houde à l’université de tous les savoirs, dont j’ai pris connaissance sur Internet et dans laquelle il dit : « je pense donc j’inhibe » (activer la stratégie abstraite logique inhibe la stratégie perceptive sensorielle et inversement). Exemple : essayez simultanément de réaliser un calcul mental complexe et d’enfiler un fil à coudre à travers le chas d’une aiguille.

Houde, O. (2000) : le développement de l’intelligence chez l’enfant,

http://www.canal-u.tv/auteurs/houde_olivier

 

Le moteur de l’évolution de la culture scripturale ne peut être qu’une situation d’insatisfaction culturelle permanente (l’angoisse culturelle) donc inconsciemment dangereuse provoquée par l’absence de lien affectif entre les individus, vivant au sein d’une même communauté, et ayant la nécessité permanente de se protéger.

 

Joseph Schumpeter a approché la solution. En effet, il pressent l’importance du lien affectif dans le processus mental des sociétés « primitives ».

 

Capitalisme, socialisme et démocratie. Edition 1942, Joseph Schumpeter. 150 et 151.

 

« Il y a cinquante mille ans, l’homme a affronté les dangers et les chances de son milieu avec un comportement qui, selon certains « préhistoriens », sociologues et ethnologues, équivalait grossièrement à l’attitude des primitifs modernes. Deux éléments de cette attitude sont particulièrement importants à notre point de vue : la na­ture « collective » et « affective » du processus mental des primitifs et, s’y super­po­sant partiellement, le rôle de ce que, faute d’un meilleur terme, j’appellerai la ma­gie. Par « nature collective et affective » je fais allusion au fait que, dans les petits grou­pes sociaux indifférenciés ou peu différenciés, les idées collectives s’imposent d’elles-mêmes à l’esprit individuel beaucoup plus strictement que ce n’est le cas dans les grands groupes complexes: et aussi au fait que ces petits groupes aboutissent à leurs conclusions et décisions par des méthodes qui, au point de vue qui nous préoccupe, peuvent être caractérisées par un critérium négatif : le dédain pour ce que nous appe­lons la logique et, notamment, pour la règle de non-contradiction. En second lieu, j’entends par magie l’emploi d’un système de croyances qui, certes, ne font pas com­plètement abstraction de l’expérience - aucun rite magique ne saurait survivre à une série ininterrompue d’échecs - mais qui insèrent dans la succession des phénomè­nes observés des entités ou des influences émanant de sources non empiriques. La similitude de ce type de processus mental avec ceux des névrosés a été soulignée par G. Dromard (en 1911; son expression, délire d’interprétation, est particulièrement suggestive) et par S. Freud (Totem et Tabou, 1913). Cependant il ne s’ensuit pas qu’il soit étranger au comportement de l’homme contemporain. Bien au contraire, toute discussion politique devrait convaincre le lecteur qu’un groupe étendu de nos processus mentaux, extrêmement important du point de vue de l’action, se range exactement dans la même classe. »

 

Mais son analyse est erronée : il n’a pas une compréhension exacte de ce qu’est la logique de l’évolution, puisqu’il attribue, par les phrases ci-dessous, le progrès scientifique au système économique capitaliste.

 

 

Schumpeter, J. (1961) : Capitalisme, Socialisme, Démocratie, chapitre XI « la civilisation du capitalisme », Bibliothèque économique, Payot, Paris, page 215 et 217.

« Le schéma économique est la matrice de la logique. », « Or, une fois ainsi défini et quantifié dans le secteur économique, ce type de logique ou de méthode de comportement poursuit sa carrière de conquérant, en subjuguant- en rationalisant les outils et les philosophies de l’homme, ses pratiques médicales, sa vision de l’univers cosmique, sa conception de l’existence, en fait tout ce qui le préoccupe, y compris ses notions d’esthétique et de justice et ses aspirations spirituelles.»

 

 Néanmoins Schumpeter a un doute : « Comment se justifie l’existence des rois ou des papes ou des dîmes ou de la propriété ou de la subordination ? »

 

 

Contrairement à ce que pense Schumpeter, le schéma économique ne peut être la matrice de la logique puisque sa création fut le produit du développement des sciences au service de l’affectivité.  Le profit (élément vital propre à l’existence de toute entreprise et qui constitue une différence donc un déséquilibre (de compensation) entre le prix de la vente, d’un produit et le prix payé pour la réalisation de ce produit), est la matérialisation d’un déséquilibre énergétique venant compenser la potentialité d’un autre déficit énergétique, provoqué par l’absence de lien affectif entre individus vivant au sein d’une même société.

La matrice de la logique et donc de tout progrès scientifique ne peut être qu’une réflexion abstraite rationnelle, dépourvue d’affectivité et  donc de toute entrave économique (vous n’êtes pas sans savoir que le frein pour la recherche scientifique est le moyen économique).

 

 

Voici donc les 3 conditions nécessaires à l’apparition d’une économie de marché :

 

1° L’absence de lien affectif entre individus d’une même société.

2° un déséquilibre énergétique permanent entretenu par les besoins vitaux naturels (se nourrir) et ensuite culturel (l’argent). 1

1. Comme vous pourrez le constater dans le livre de Primo Lévi “si c’est un homme”. Dans l’économie concentrationnaire, la monnaie d’échange (le besoin économique culturel) n’est pas nécessaire au bon fonctionnement du marché ni à la cotation en bourse des valeurs, puisque le déséquilibre énergétique permanent était entretenu par l’insuffisance alimentaire.

 

3° Le monothéisme.

 

 

2.3 2ème modification psychologique

Une autre condition sera tout aussi indispensable pour le progrès scientifique. La science doit rendre grâce à Akhenaton (Aménophis IV) XIV siècle av. JC ; en effet il réforma le culte et instaura le monothéisme, momentanément pour son époque mais durablement pour l’histoire.

Le monothéisme permit à l’homme de rompre le lien affectif à la nature qu’entretiennent encore aujourd’hui les civilisations à culture orale d’Amérique ou d’Afrique. Ce lien fut présent aussi dans l’Égypte antique (dans laquelle les divinités ont une apparence humaine mais représentent des formes diverses tel que : homme, femme, chien, cobra, lotus …). 2

2 La force du lien affectif est qu’il confère, inconsciemment au travers du besoin de l’autre, le pouvoir à l’autre de prendre une décision nous concernant et cela parfois en dépit de toute rationalité et du respect de toutes règles morales (Exemple : le comportement passif voir actif des épouses de criminels tel que Dutroux et Fourniret). S’opposer à l’autre c’est aussi s’opposer à soi-même et cela est inconsciemment insatisfaisant (source d’un déficit affectif, d’une angoisse) donc potentiellement dangereux. Evidemment vous aurez compris que pour expliquer «la subordination », le besoin et notamment l’alimentaire est amplement suffisant.

 

André Gorz. Métamorphoses du travail. Quête du sens,  page 143

 

La quantification faisait surgir un critère irrécusable et une échelle hiérarchique qui n’avaient  besoin d’être validés par aucune autorité, aucune norme, aucune échelle des valeurs. L’efficacité était mesurable et, à travers elle, la capacité de l’individu, sa vertu : plus vaut plus que moins, celui qui réussit à gagner plus vaut mieux que celui qui gagne moins. »

 

 

Léonard de Vinci, L. (1987) : les carnets de Léonard de Vinci, Tome 1, feuillet B13 v. Collection Tel, Gallimard. Page 128, 129.

« En effet, l’homme ne diffère point des animaux, sauf en ce qui est accidentel, et c’est en cela qu’il révèle sont essence divine ; car au point où la nature s’arrête de produire ses espèces, l’homme avec les choses naturelles, crée à l’aide de cette nature une variété infinie d’espèces, et comme elles ne sont point nécessaire à ceux qui se gouvernent justement, comme les animaux, il n’est point dans la disposition de ceux-ci de les rechercher. »

 

 

Léonard de Vinci de Vinci, L. (1987) : les carnets de Léonard de Vinci, Tome 1, feuillet B 2 v. Collection Tel, Gallimard. Page 85.

 « L’idée ou la faculté d’imaginer est à la fois gouvernail et frein des sens, dans la mesure où la chose imaginée émeut le sang. »

 

Nous pouvons donc en déduire que le lien affectif peut interférer dans la réflexion et freiner la rationalité, donc le progrès scientifique et que l’absence de lien affectif peut aussi interférer dans la réflexion inconsciente (par l’angoisse potentielle que peut constituer l’absence ou la perte du lien affectif) et représenter un frein pour la création d’une société équitable ayant pour but un équilibre énergétique global, donc soucieuse de l’environnement.

 

(Pascal, pensées)

« Il ne faut pas qu’il sente (le peule) la vérité de l’usurpation : elle a été introduite autrefois sans raison (l’absence de lien affectif entre individus d’une même communauté), elle est devenue raisonnable (nécessité de protéger l’individu); il faut la faire regarder comme authentique, éternelle, et en cacher le commencement (on ne peut cacher quelque chose que l’on ignore) si on ne veut qu’elle ne prenne bientôt fin. »

 

Comme vous pouvez le constater ci-dessous, pour la réflexion rationnelle le frein est l’être humain lui-même au travers de l’affectivité, puisque l’homme depuis le moment où il sait qu’il existe doit en permanence demander l’avis sur ce qu’il pense à quelqu’un qu’il aime, c’est-à-dire lui-même (deux informations associables).

 

(Encyclopédie Universalis V9, Pierre Costabel)

« Galilée est néanmoins convaincu de la position centrale du Soleil, et il publiera en février 1632 à Florence le Dialogo [...] sopra i due massimi sistemi del mondo, tolemaico, e copernicano (Dialogue sur les deux grands systèmes du monde), un excellent ouvrage de vulgarisation qui met à mal les doctrines d’Aristote sur le mouvement et la physique. Galilée sera cependant obligé d’abjurer la doctrine héliocentrique : le 22 juin 1633, le Dialogo sera condamné par le Saint-Office. Plus de cent ans après, cette doctrine n’était pas encore totalement acceptée par l’Église. Galilée ne sera réhabilité, par le pape Jean-Paul II, que le 31 octobre 1992. »

 

 

2.4 Conclusion

 

 Freud, S. (1926) : Le malaise dans la culture, Œuvres complètes, Presses universitaires de France (1999) Vol. XVIII, p. 283.

« Une bonne part de la lutte de l’humanité se concentre sur une seule tâche, trouver un équilibre approprié, c’est à dire porteur de bonheur, entre ces revendications individuelles et les revendications culturelles de la masse; un dès problème qui engagent le destin de l’humanité est de savoir si cet équilibre peut être atteint par une configuration déterminée de la culture ou si le conflit exclut toute réconciliation. »

 

Cette nouvelle configuration culturelle devrait nous permettre d’éradiquer toutes formes de discriminations non naturelles (en réalité tous les déficits affectifs angoissants) et par conséquent tout type de protection qu’elle soit économique, culturelle,  ou psychique, facteurs à l’origine des conflits visant à rétablir l’équilibre énergétique.

 

 De Vinci, L. (1987) : les carnets de Léonard de Vinci, Tome 1, C.A. 288 V.a. Collection Tel, Gallimard. Page 94.  

 « L’inégalité est la cause de tout mouvement local. Il n’est point de repos sans égalité. »

 

 

3° La matrice de l’économie de marché (solution globale)

Classé dans : l'économie de marché — Mots-clefs : — admin @ 18:36

Troisième chapitre

 

3° La matrice de l’économie de marché

3.1 La matrice économique

3.2 Conséquences

3.3 Solution économique équitable

3.4 Conclusion

 

 

 

 

Joseph Schumpeter (1942), Capitalisme, socialisme et démocratie, page 157,158.

 « Cependant, qu’ils soient favorables ou défavorables, les jugements de valeur portant sur la performance capitaliste ne présentent qu’un faible intérêt. En effet, l’humanité n’est pas libre de faire son choix. Cette impuissance ne tient pas seulement au fait que la masse populaire n’est pas en mesure de comparer rationnellement des alternatives et qu’elle accepte toujours ce qu’on lui souffle, mais elle s’explique également par une raison beaucoup plus profonde. Les phénomènes économiques et sociaux sont mus par une impulsion interne et les situations résultantes contraignent les individus et les groupes à adopter, bon gré mal gré, tels ou tels comportements spécifiques : non pas, certes, parce que ces situations annihilent leur liberté de choix, mais en raison du fait qu’elles modèlent leurs préférences et réduisent le nombre des possibilités de choix. »

 

 

 André Gorz. Métamorphoses du travail. Quête du sens,  page 216.

 

 « La raison n’en est pas l’existence d’une « nature » antérieure et réfractaire à toute socialisation mais l’impossibilité qu’il y a à extérioriser l’intériorité, à objectiver le subjectif ».

 

« Ce que les « post-modernes » prennent pour la fin de la modernité et la crise de la raison est en réalité la crise des contenus irrationnels, quasi religieux sur lesquels s’est édifiée cette rationalisation sélective et partielle qu’est l’industrialisme » page 13

 

Avant la culture scripturale, les biens ne possédaient pas de valeur économique, mais une valeur  énergétique. La valeur économique d’un bien, représentée éventuellement par la monnaie est artificielle et de fait non équivalente à la valeur énergétique du bien. Le coût économique ne se calcule que dans le but de réaliser un profit.

 

  André Gorz. Métamorphoses du travail. Quête du sens,  page 154

 

« La mesure quantitative comme substitut du jugement de valeur rationnel confère la sécurité morale et le confort intellectuel suprêmes… .  « Credo irrationnel qu’une rationalisation sélective a soustrait à l’examen argumenté et à la critique ».  André Gorz. Métamorphoses du travail. Quête du sens,  couverture. »

 

 

Si nous comparons l’évolution biologique du requin et cognitive des civilisations orales, nous pouvons constater qu’elles ont toutes deux atteint une limite, le requin depuis 100 millions d’années (les scientifiques disent de lui qu’il est parfaitement adapté à son milieu…) et les civilisations orales, depuis 350.000 ans (apparition des premiers rites funéraires lors des enterrements, utilisation du feu, usage de vêtements).

La matière vivante comme nous le savons  possède un déséquilibre énergétique et la mémoire d’un état énergétique stable propre à la matière originelle dont elle est le produit et qu’elle tend à retrouver. Si dans sa quête d’énergie, la matière vivante atteint un équilibre permanent, la recherche n’a plus d’intérêt et l’évolution biologique ou cognitive s’arrête.

Pour expliquer la nécessité de créer la monnaie économique, il nous faut tout d’abord établir l’information insatisfaisante (potentiellement dangereuse) qui provoqua la recherche d’une solution.

 

 

Edmund Husserl, « die Krisis der europaîschen Wissenschaffen…”

»  André Gorz. Métamorphoses du travail. Quête du sens,  page 156

 

« Les mouvements sociaux sont, certes, anti-technocratiques, c’est-à-dire comme le montre A.Touraine, dirigés contre l’hégémonie culturelle de la classe dominante, mais il n‘attaquent la domination de celle-ci que dans ses fondements culturels et dans ses conséquences sociales, non dans sa base matérielle : sa matrice économique. »

 

 « L’intention étant en quelque sorte subrogée par des procédés de calcul qui fonctionnent de façon quasi automatique et autonome, le travestissement idéel fait que le sens authentique de la méthode, des formules, des « théories » reste incompréhensible et n’a jamais été compris lors de la mis au point naïve de la méthode ».

 

 

 

 

3.1 La matrice économique

 

Dans les sociétés orales, les besoins énergétiques sont satisfaits par la répartition équitable du produit énergétique issu des différentes activités communes. Il n’existe pas, au sein de ces sociétés, d’échelle de valeur classifiant ces différentes activités par ordre d’importance (si de telles classifications existent, elles ne mettent pas en péril l’existence d’une partie du groupe). Cela s’explique par le fait que chaque individu est considéré comme utile, indispensable  au groupe et cela du fait (du lien affectif qui unit tous les individus du groupe) que chaque individu est connu du groupe depuis sa naissance (voyez votre propre expérience au sein de votre famille, dans vos échanges énergétiques avec votre conjoint, enfants…). Par conséquent, n’ayant pas de différence de valeur à matérialiser, le besoin d’échanger les biens (qui sont équitablement repartis) n’a pas d’objet et la création de la monnaie économique non plus (faute d’écriture l’instrument monétaire préhistorique n’a pas d’intérêt pour mon analyse, vu qu’il ne peut être capitalisé).

L’économie concentrationnaire décrite par Primo Lévi nous a démontré que pour développer une économie de marché, il faut réunir deux conditions (il est évident que la première condition est de savoir compter) :

a. créer impérativement un déséquilibre énergétique permanent ou sa potentialité (ici la création de la monnaie frappée ou papier ne fut pas nécessaire).

b. il faut que les rapports entre individus d’un même groupe, soient dépourvus de lien affectif  de manière à pouvoir réaliser un profit (le lien affectif n’est possible qu’à la condition que l’on ait besoin de l’autre, pour la satisfaction qu’il nous apporte ou qu’il est susceptible de nous apporter). Le profit réalisé n’étant que l’émanation de l’écriture qui a pour but premier comme nous l’avons vu de protéger l’individu et ses biens dans sa recherche d’énergie.

 

Dans sa quête d’équilibre énergétique, la matière vivante a généré un système de régulation composé de différents neurotransmetteurs et hormones afin de gérer les informations perçues qui peuvent constituer une source d’énergie (source de satisfaction) ou une perte d’énergie (source d’insatisfaction). Une information perçue comme satisfaisante est donc considérée (parfois à tort du fait de la réflexion abstraite, qui peut être influencée par l’affectivité) comme une information utile à la recherche de l’équilibre énergétique. Tandis qu’une information considérée comme insatisfaisante (parfois à tort) constitue une menace potentielle pour cette même recherche.

 

 André Gorz. Métamorphoses du travail. Quête du sens, page 137

« Qu’y a-t-il dans la rationalité économique qui lui a permis de gagner du terrain, dans la vie des individus, au détriment des rapports spontanés, affectif, de solidarité ? »

 

Il faut postuler que la création de la monnaie économique ne fut pas le résultat d’un déséquilibre énergétique direct, mais le moyen de compenser une insatisfaction (signal d’un possible déséquilibre). Insatisfaction produite par la nécessité de partager ou de troquer le produit d’une activité personnelle (que l’on considère subjectivement comme supérieur à celui d’autrui, de par la valeur affective qui y est associée) avec celui d’un individu qui nous est indifférent (individu dont on a pas besoin et qui ne peut donc pas être source de satisfaction), par conséquent avec lequel il ne peut exister de lien affectif.

Jusqu’au Néolithique il n’y eut que deux types d’individus « l’être satisfaisant, l’ami » et « l’être insatisfaisant, l’ennemi », l’expansion démographique généra un nouveau type d’individu « l’être indifférent, économiquement utile ou inutile ».

L’insatisfaction produite par l’absence de lien affectif à l’heure de répartir ou d’échanger des biens fut l’occasion de créer la monnaie économique.

 

Remarque

Ceci nous permet de comprendre pourquoi nous refuserons systématiquement la rémunération d’un travail ou service rendu à un être auquel nous sommes liés par un lien affectif. De même pour  le comportement de l’avare, qui ayant subi un déficit affectif profond au cours de l’enfance, ne peut s’empêcher de compenser   en thésaurisant inconsciemment l’amour que contient l’argent. Il n’en connaît pas la raison mais pour lui, toute dépense d’argent constitue une souffrance.  En théorie le comportement de l’avare est identique à toutes les conduites  addictives, je n’y reviendrai pas dans la cinquième partie « Exemples de résolutions de névroses », où  j’utilise uniquement des exemples de phobies et de névroses de contraintes (toc)pour lesquels je dispose de toutes les informations nécessaires à leurs résolutions théoriques. Pour ma part il n’y a aucune différence sur le fond entre l’anorexie, un trouble obsessionnel, la névrose de guerre … ou la schizophrénie. La différence essentielle se situe au niveau de la forme, c’est-à-dire du symptôme. Les seules différences pouvant exister entre des « tsunamis » et des « tremblements de terres » se situent exclusivement au niveau des conditions physiques et circonstancielles propres à chaque séisme. (L’essentiel des séismes a lieu au contact des grandes plaques lithosphériques, c’est-à-dire deux informations non associables).

 

 

 

Cette idée permit d’annuler une insatisfaction (signal d’une menace potentielle), mais elle possède une lame à double tranchant. Bien qu’elle ne fût pas directement le produit d’un déséquilibre énergétique, la monnaie économique fut avec l’utilisation du développement des sciences à l’origine des plus grands déséquilibres.

 

Ayant créé une valeur artificielle permettant d’acquérir tous les biens et services de valeur énergétique réelle, les hommes se sont lancés dans la course à l’argent (par tous les moyens, légaux ou non). Au sein d’un tel système, l’individu doit impérativement acquérir cette valeur qui lui permettra d’assurer son équilibre énergétique. Le meilleur moyen d’assurer cet équilibre est donc de posséder cette valeur en suffisance. Le profit est le seul moyen légal de réaliser cet objectif et l’économie en sera la technique.

 

 

3.2 Conséquences

L’économie dont le seul but est d’augmenter la valeur d’un capital de départ, va être l’élément générateur d’un déséquilibre énergétique, social, écologique et psychologique.

Le déséquilibre énergétique est produit par la destruction d’une partie de l’énergie générée par l’activité humaine, du fait de sa transformation en capital composé d’une valeur monétaire artificielle capitalisée et ayant une inflation permanente du fait de l’augmentation permanente des prix, générateurs de profit et soumise aux critères du marché. La monnaie étant un produit, sa création peut aussi générer une hyperinflation. De plus la répartition de la richesse économique n’obéit à aucun critère rationnel. Qu’est ce qui justifie les différences de rémunérations ? Si nous devions établir une répartition inéquitable, sur base de critères rationnels, nous devrions nous référer exclusivement à la pyramide des besoins de Maslow, qui nous permettrait de déterminer une échelle de valeur des professions. Ainsi l’agriculteur suivit de l’ouvrier et de la prostituée auraient les plus fortes rémunérations.

 

 

Absurdité économique sur laquelle se fonde la politique démocratique du même nom

Le rapport du Conseil central de l’économie (CCE) démontre que la part des salariés dans la répartition de la richesse économique nationale qu’ils ont générée baisse depuis 2003 et accélèrent l’appauvrissement de la population laborieuse et « inactive » belge. 

 

2003

2004

2005

2006

2007

2008

% PIB

65,8

64,2

63,2

63,0

62,6

62,2

 

 

Sources : Le Monde, INSEE, Observatoire des inégalités, La finance pour tous, INSERM

 

France

Patrimoine net 2005, dettes déduites: 8066,7 milliards d’euros

Dette publique 2005 : 1150 milliards d’euros soit 14,2% du patrimoine des ménages.

3,7 millions de personnes ont moins de 681 euros par mois pour « vivre », dont 1,74 millions de travailleurs.

L’espérance de vie d’un ouvrier est inférieure de 6 ans et demi à celle d’un cadre.

 

 

André Gorz. Métamorphoses du travail. Quête du sens,  page 154

 

 « Cette scission du système social et ce divorce entre rationalités différentes engendrent l’éclatement de la vie des individus eux-mêmes : vie professionnelle et vie privée sont dominées par des normes et des valeurs radicalement différentes, voire contradictoires ». 

 

 

Le déséquilibre social résulte de l’asservissement économique d’une partie de la population subissant des discriminations énergétiques sans lesquelles aucun profit n’est possible et l’exclusion d’une autre partie de la population du fait de son inutilité économique pour la réalisation de ce profit. Nos sociétés « modernes » et « démocratiques » ont été contraintes (par les différentes luttes entre classes économiques) de créer un système de sécurité sociale permettant, par le prélèvement d’impôts sur le revenu, de redistribuer une faible partie du profit économique. Sur le plan rationnel ou mathématique de la recherche d’un équilibre, les politiques ne peuvent réaliser qu’une seule tâche, qui s’apparente à celle des Danaïdes, remplir à jamais des tonneaux percés.  Il est impossible de compenser une perte énergétique effective, par la redistribution d’une fraction des revenus du profit ayant généré cette perte.

 

Joseph Schumpeter relève l’apparente absurdité de l’impôt au sein d’une société à  économie monétaire «  socialiste » (il me semble antinomique de placer côte à côte socialisme et économie monétaire, puisque la pratique de l’économie capitaliste fut ce qui provoqua la naissance de l’idéologie socialiste).

 

 Joseph Schumpeter (1942), Capitalisme, socialisme et démocratie : organigrammes comparés  page 314

 

« Aucun autre phénomène ne met aussi crûment en lumière les gaspillages provoqués par le conflit des principes structurels au sein d’un corps social. Le capitalisme moderne compte sur le principe du profit pour gagner son pain quotidien, mais la société ne consent pas à laisser prévaloir ce principe. Or, un tel conflit et, par conséquent, de tels gaspillages n’existeraient pas dans une société socialiste. Comme celle-ci contrôlerait toutes les sources de revenus, les impôts disparaîtraient en même temps que l’État (ou, si l’on ne se rallie pas à ma conception de l’État, en même temps que l’État bourgeois). Enfin, et c’est là une simple question de bon sens, il serait évidemment absurde que le conseil central commence par verser des revenus aux particuliers, puis, ceci fait, coure après les bénéficiaires aux fins d’en récupérer une fraction. Si les hommes de gauche n’étaient pas aussi enclins à faire monter les bourgeois à l’arbre en proclamant que les impôts n’ont qu’un tort, c’est d’être trop faibles, on aurait dû reconnaître depuis longtemps que la suppression des impôts constitue l’un des titres de supériorité les plus éclatants que l’on puisse reconnaître au plan socialiste. »

 

En 1942 déjà, Schumpeter est tiraillé entre le désir de conserver une rationalité économique, qu’il considère à tort comme la matrice de tout progrès et ses conséquences inévitables et inhumaines, comme  la pauvreté qu’elle génère, a une idée  intéressante, non pas d’un point de vue rationnel, mais parce qu’elle rejoint celle d’une rémunération énergétique de l’activité humaine en dehors d’un système économique capitaliste. 

 

 Joseph Schumpeter (1942), Capitalisme, socialisme et démocratie : 1re et 2e parties                                                          89

 

 «Cependant, qu’il soit durable ou temporaire, qu’il empire ou non, le chômage, on ne saurait le contester, est et a toujours été un fléau. Dans la prochaine partie de cet ou­vra­ge, nous aurons à apprécier son élimination possible en tant que l’un ces éléments de supériorité que le système socialiste peut faire valoir. Toutefois, je consi­dère que la tragédie réelle ne consiste pas dans le chômage en soi, mais dans le chô­ma­ge aggravé par l’impossibilité de subvenir adéquatement aux besoins des chômeurs sans compromettre les conditions du progrès économique ultérieur: en effet, de toute évidence, la souffrance et la dégradation - la destruction des valeurs humaines - que nous associons au terme chômage (mais non pas le gaspillage de ressources producti­ves inutilisées) seraient largement éliminées et le chômage cesserait pratiquement d’être un objet d’effroi si la vie des chômeurs n’était plus sérieusement affectée par la perte de leurs emplois. Certes, l’on ne saurait dénier que, dans le passé - disons, environ jusqu’à la fin du XIXe siècle -, le régime capitaliste, non seulement se serait refusé à accorder une telle garantie aux chômeurs, mais aurait même été tout à fait hors d’état de le faire. Cependant, étant donné qu’il serait désormais en mesure de leur procurer la sécurité à laquelle ils aspirent, pourvu qu’il maintienne pendant un demi-siècle le rythme de ses accomplissements antérieurs, cet argument anticapitaliste doit, dans le cas d’espèce, rejoindre au cimetière de l’histoire les tristes spectres du travail des enfants, de la journée de seize heures, de la chambre habitée par cinq personnes - c’est-à-dire de toutes les tares qu’il est tout à fait équitable de souligner quand on ap­pré­cie le coût social des achèvements capitalistes du passé, mais qui cessent d’être nécessairement pertinentes lorsque l’on soupèse les possibilités alternatives de l’ave­nir. Notre époque se situe quelque part entre les insuffisances manifestées par l’évolu­tion capitaliste au cours de ses premières phases et les réalisations susceptibles d’être accomplies par le système parvenu à sa pleine maturité. Aux États-Unis, tout au moins, la meilleure partie de l’œuvre capitaliste pourrait, dès à présent, être réalisée sans imposer une tension excessive au système. Les difficultés à surmonter ne paraissent pas tellement consister dans le défaut d’un excédent de ressources suffisant pour effacer les ombres les plus noires du tableau social - mais elles consistent, d’une part, dans le fait que de 1931 à 1940, des mesures d’inspiration anti-capitaliste ont gon­flé le nombre des chômeurs au delà du minimum inévitable et, d’autre part, dans le fait que l’opinion publique, dès qu’elle prend conscience du devoir à remplir envers les chômeurs, s’oriente immédiatement vers des méthodes irrationnelles de finance­ment des secours et vers des méthodes relâchées et onéreuses de gestion de ces secours.

 

Une grande partie de l’argumentation précédente vaut pour les possibilités futures (et, dans une large mesure, immédiates) inhérentes à l’évolution capitaliste en ce qui concerne la protection des vieillards et des malades, l’éducation, l’hygiène, etc. De même, en se plaçant au point de vue des foyers individuels, on pourrait raisonna­blement s’attendre à ce qu’un nombre croissant de marchandises sortent de la zone des biens économiques (et donc rares) et deviennent pratiquement disponibles jusqu’à satiété. Une telle situation pourrait être réalisée par voie d’arrangements soit conclu entre des sociétés productrices et des offices publics, soit de nationalisation ou de municipalisation, car le développement progressif de telles institutions constituerait, bien entendu, l’un des traits de l’évolution future du capitalisme même si à tous autres égards, il devait rester libre d’entraves. »

 

 

André Gorz pg 93 « Capitalisme, Socialisme, Ecologie». 

« Il ne peut y avoir de modernisation écologique sans restriction de la dynamique de l’accumulation capitaliste et sans réduction par autolimitation de la consommation. »

 

 

Le déséquilibre écologique résulte donc d’un gaspillage énergétique abyssal provoqué par la transformation de l’énergie en valeur artificielle et de l’utilisation du développement des sciences afin de rationaliser l’outil économique au service du profit. L’activité humaine mise au service de ce profit, dépasse donc largement l’activité humaine nécessaire qu’il faudrait pour générer l’énergie utile à l’équilibre énergétique de l’humanité et cela en n’excluant aucune activité, à part celles visant à détruire l’homme et son milieu. Le plein emploi (de fait avec horaire de travail très largement inférieur aux 35 H) ne pourra être atteint que lorsque notre société « moderne » (et comme l’ont réalisé involontairement les sociétés orales) aura pour projet politique de remplacer la recherche du profit, par la recherche de l’équilibre énergétique global.

 

La réflexion abstraite étant le produit de la matière vivante, il est illusoire de penser qu’un déséquilibre énergétique (même latent) ne puisse provoquer un déséquilibre psychique. D’autre part, pour des raisons liées à la labilité de l’attention mais que l’on peut résumer par le fait que l’on peut réduire l’homme à l’état d’animal, le taux de suicide au USA est de 10,6 pour 100000, alors qu’en France il est de 20 pour 100 000, et vous ne trouverez presque pas de suicidaire dans un bidonville. Mais la paupérisation matérielle et intellectuelle des populations économiquement moins utiles ou inutiles est le fond de commerce de tout mouvement violent organisé ou non.

Seuls les pays de l’ex- Union des républiques socialistes soviétiques, suivis de près par la République populaire de Chine (communiste), cumulent des taux de suicide et d’homicide très élevés !

 

 

 

 

Le tableau suivant montre les taux d’homicides en 2000 pour différents pays.

Statistiques mondiales des homicides en 2000 (ou l’année la plus proche) [1]

Rang

Pays

Nombre total
(environ)

Taux
pour 100 000
habitants

Pourcentage
des décès

1

Colombie

 

60,8

 

2

Russie

 

28,4

 

3

Brésil

50 000

23,3

 

4

Kazakhstan

 

18,8

 

5

Lettonie

 

15,3

 

6

Estonie

 

13,9

 

7

Ukraine

 

13,1

 

8

Moldavie

 

11,9

 

9

Biélorussie

 

11,4

 

10

Mexique

 

10,8

 

11

Lituanie

 

9,3

 

12

Kirghizistan

 

7,7

 

13

États-Unis

17 000

6,2

0,7 %

14

Cuba

 

5,2

 

15

Albanie

 

4,2

 

16

Géorgie

 

3,3

 

17

République de Macédoine

 

3,0

 

18

Pologne

 

2,1

 

19

Belgique

 

1,9

 

20

Pérou

 

1,8

 

21

Corée du Sud

 

1,7

 

22

Canada

 

1,5

 

23

Pays-Bas

 

1,4

 

24

Italie

 

1,2

 

25

Suède

 

1,2

 

26

Allemagne

 

0,9

 

27

Espagne

 

0,9

 

28

France

430

0,7

0,08 %

29

Royaume-Uni

406

0,7

0,07 %

30

Japon

 

0,6

 

 

Le fait que le taux de suicide soit proportionnel au niveau de protection sociale ne peut s’expliquer que par la mise à jour de la raison psychologique qui poussa l’homme à passer de la culture orale à la culture scripturale (sans oublier l’importance fondamentale du mécanisme de l’attention). L’expansion démographique du néolithique provoqua l’éclatement du groupe social familial des sociétés orales en un groupement d’individus divisé en une constellation de cellules familiales sans lien affectif entre elles. La personne souffrant d’un trouble psychique (provoqué par un déficit affectif) est donc confrontée à la souffrance que représente le risque potentiel (effectif ou non) conscient ou non de se retrouver à l’extérieur de la cellule familiale.

 

3.3 Solution économique équitable

En l’absence de lien affectif, l’échange d’énergie entre individus génère un déficit affectif (information  insatisfaisante, donc potentiellement dangereuse), que nous compensons par de l’énergie qui elle est bien réelle puisque la monnaie permet d’acheter de l’énergie. L’argent nous permet donc de payer (un prix sans rapport exact, dans lequel est compris  la valeur économique de l’énergie achetée et l’absence d’affectivité) ou de faire payer l’absence d’affectivité, de fait une information abstraite.  Nous prenons donc l’énergie que nous estimons avoir perdue ou nous donnons de l’énergie afin de ne pas être obligés de nous investir sur le plan affectif (de perdre de l’énergie). En réalité et dans les faits, nous échangeons une idée (information abstraite) ou l’absence de cette idée contre de l’énergie.

 

La matière notre mère n’a que faire de l’affectivité, elle « sanctionnera » irrémédiablement « l’humanité » chaque fois qu’elle s’écartera de son essence qui est un état originel d’équilibre énergétique permanent. Ce qui, en extrapolant, me fait penser que le but de la vie sera en finalité, biologiquement et définitivement trouvé dans la mort. Il n’existe ni pulsion de vie ni pulsion de mort, contrairement à ce que pensait Sigmund Freud.

 

Il est irrationnel de vouloir  transformer de l’énergie  en monnaie capitalisable, puisque l’unité de mesure du travail est le « joule ».

L’avantage (de la rémunération énergétique) du joule  est qu’il ne peut être échangé que contre un joule, sa valeur est invariable et toujours égale à un joule. La science a pu établir la consommation d’énergie du cerveau pendant le sommeil paradoxal. La rationalisation énergétique peut donc établir un équilibre optimal, en fonction des besoins, entre l’énergie dépensée et l’énergie consommée, il ne peut par conséquent y avoir aucun intérêt à travailler plus que nécessaire (à produire plus que nécessaire).  Si la rémunération énergétique est garantie et crée la condition d’un équilibre, la capitalisation me semble impossible puisque sans objet. Vous annulerez de fait toutes formes de trafics, d’esclavages, de corruptions et de discriminations énergétiques. Vous créerez le plein emploi dans un monde écologique (je rappelle qu’une politique de croissance économique est de fait inconciliable avec une vraie politique écologique d’économie d’énergie visant un développement durable), dont l’unique contrainte pour la réalisation d’un quelconque projet sera le temps (je rappelle que dans certains domaines de recherche, le premier obstacle est aujourd’hui le moyen économique, l’argent), puisque l’on aura remplacé la recherche d’un profit par la recherche d’un équilibre énergétique global.  La rémunération énergétique a déjà fait ses preuves, au sein des sociétés à culture orale.

 

 

 

 

3.4 Conclusion

 

L’équilibre énergétique global est la garantie de l’équilibre psychique.

 

 

Extrait : Thomas Edward Lawrence (1888-1935), dans « Les sept piliers de la sagesse ». Payot, Paris 1940. Page 582.

« J’arrivais au renoncement (dans la mesure où j’y arrivais) par une route tout opposée, grâce à ma conviction que le mental et le physique ne font qu’un, indissolublement; que nos corps, l’univers, nos pensées, nos sensibilités aux contacts doivent être conçus à l’intérieur de la boue moléculaire, composés de cette boue, élément universel où dérivent les formes, caillots, combinaisons de densités diverses ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4° Fondements de « la conscience morale »

Classé dans : la conscience morale — Mots-clefs : — admin @ 17:47

Quatrième chapitre

 

 

4° Fondements de « la conscience morale »

4.1 Résumé

4.2 La conscience

4.3 L’affectivité

4.4 La réflexion associative

4.5 La mémoire à long terme

4.6 Le conditionnement de la mémoire affective et de la réflexion culturelle, simultanée à la réflexion consciente

4.7 L’attention

4.8 La temporalité

4.9 La connexion temporelle

4.10 La « conscience morale »

4.11 Le rêve manifeste

4.12 La zone cérébrale située à cheval entre le cortex préfrontal ventro médian et le cortex préfrontal ventro médian et cingulaire

Introduction

.

Syllogisme

 

Toute modification de l’état d’une information implique d’abord son déplacement.

Tout déplacement d’information est généré par un déséquilibre énergétique.

La matière en déplacement étant la génitrice et le support de l’information abstraite, il ne saurait être autrement pour la naissance et l’évolution de la réflexion abstraite (voir première partie).

 

Si nous pensons aux causes naturelles qui pourraient faire migrer les populations de culture orale, vivants encore en Amazonie, nous pouvons inférer la raison exacte (théorique) qui poussa certains primates à quitter leur forêt : un milieu devenu hostile (un déséquilibre énergétique).


 

Le corps est l’esprit

Un esprit sans corps serait dans l’incapacité de distinguer « le bien » satisfaisant, « du mal »  insatisfaisant.

L’information abstraite, comme nous le savons, est le produit de la matière vivante, et bien qu’elle ne soit pas perceptible pour les sens, elle n’est aucunement privée de réalité concrète puisqu’elle possède un corollaire matériel, le neurone. Une information abstraite est par conséquent toujours concrète, et participe à la recherche de l’équilibre énergétique originel « mémorisé ». En réalité, il est donc inexact de faire une distinction entre le corps et l’esprit.

Pour la bonne compréhension je continuerai malgré tout à faire cette distinction mais en parlant de réflexion abstraite. D’ores et déjà, il me faut rappeler qu’une information ne possède qu’une des trois qualifications suivantes : satisfaisante, insatisfaisante ou indifférente. Il relève donc d’une impossibilité matérielle, et d’une erreur culturelle de penser que l’on puisse agir de façon désintéressée, à moins d’être capable de réaliser une action, dans l’indifférence la plus totale et sans but précis, absurdité qui ne relève que du mythe littéraire ou, pour être plus exact, d’un onanisme intellectuel nécessaire puisque apparemment satisfaisant.

L’idée du suicide est l’ultime solution, trouvée afin d’annuler une souffrance physique permanente : un déséquilibre chimique permanent et insatisfaisant produit par la sécrétion pathologique, par les surrénales, de corticoïdes et d’adrénaline.

L’idée du sacrifice volontaire est aussi la solution ultime, mais celle-ci est trouvée afin d’éviter le potentiel déséquilibre chimique, insatisfaisant et permanent.

 

 

Une réaction neuronale est produite par un stimulus qui convertit la charge électrique négative, de la cellule, en charge positive afin de provoquer par une liaison synaptique, une réaction dans la cellule cible.

 

Remarque

La « performance » du corbeau de Nouvelle Calédonie (dans la confection d’outils sophistiqués, par rapport à ceux qu’utilise le chimpanzé) me fit comprendre que le référentiel que je devais utiliser pour étudier l’évolution cognitive d’une espèce en particulier, devait faire partie de la même espèce. En effet, il m’apparut alors clairement que je comparais les performances d’espèces différentes, en utilisant toujours le même référentiel, l’être humain.

A mon sens, le cerveau de chaque espèce est toujours parfaitement adapté à son milieu, en poids, masse, volume et « performances », il ne peut donc être considéré dans ses spécificités comme supérieur ou inférieur à celui d’une autre espèce.

De même pour la conception culturelle de la conscience morale qui me paraît être le référentiel philosophique humain (venant combler un vide scientifique) dont, par un heureux concours de circonstances, j’ai pu faire abstraction.


 

Extrait des Carnets de Léonard de Vinci. G 96 r

« Où l’on ne peut appliquer aucune des sciences mathématiques ni aucune de celles qui sont basées sur les sciences mathématiques, il n’est point de certitude.»

.

 

 

4.1 Résumé

Le but est ici de faire la démonstration que la « conscience morale », contrairement à ce que pensent les professeurs David Premack et Marc Hauser, n’est pas générée par un module ou un organe moral cérébral inné, permettant à l’homme de distinguer « le bien » du « mal », et qu’il s’agit en fait de l’interaction d’une mémoire possédant des informations culturelles acquises par conditionnement affectif avec deux réflexions : la première innée, associative et la deuxième acquise par conditionnement (donc occasionnelle). Je tiens à préciser qu’un sujet « asocial » possède évidemment aussi cette mémoire affective et ces réflexions, ce qui le différencie d’un sujet « social » ce sont les qualités satisfaisantes ou insatisfaisantes opposées à celles que possède un sujet « social », dans leurs associations aux données qui composent la mémoire affective acquise par conditionnement.

 

La réflexion particulière et circonstancielle que je nomme « la réflexion simultanée et culturellement conditionnée de la recherche en responsabilité » (simultanée à la réflexion consciente, par conséquent privée d’attention et donc inconsciente), sera initiée chaque fois que la réflexion associative innée (involontaire et inconsciente) détectera une représentation abstraite obstacle, donc insatisfaisante (qualifiée par Sigmund Freud de « refusement extérieur ») qui initiera le déficit affectif.

La permanence du déficit affectif associé à cette réflexion culturelle, non seulement participe au développement du trouble psychique (produit par déficit affectif permanent) mais en est aussi le moteur, l’inconscient dynamique dont parle Freud.

 

Remarque

Une fois que le déficit affectif est permanent, le motif initial du « refusement extérieur » peut être remplacé par le « refusement intérieur », la culpabilité inconsciente.

.

IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » page 161.

« Tandis qu’un deuil normal atteint son décours entre 1 et 2 ans, un deuil pathologique comme le sien est illimité dans la durée »

.

 

Le déficit affectif est une insatisfaction corporelle provoquée par l’impossibilité d’associer, du fait de leurs qualités opposées, deux informations abstraites ayant le même objet (en finalité la représentation abstraite et culturelle de la personne). Cette représentation initialement mémorisée comme source de satisfaction et inconsciemment associée au maintient de l’équilibre physiologique de l’individu (voir première et deuxième parties), ne peut plus s’associer à la perception de cette même représentation qui maintenant est de qualité insatisfaisante.

 

Bien que certains peuples de culture orale aient pratiqué occasionnellement l’anthropophagie (pour des raisons culturelles et affectives liées aux esprits de leurs ancêtres), leur organisation sociétale ne produit pas d’individu dont il faille se protéger, ni de menace pour l’équilibre de l’écosystème. Aujourd’hui et depuis le contact avec la civilisation occidentale, ces peuples ayant cessé ces pratiques culturelles, ressentent un déficit affectif provoqué par le fait qu’ils pensent ne plus pouvoir honorer leurs ancêtres, et par l’image réductrice et « inhumaine » de « coupeurs de têtes » que leur renvoie la culture occidentale.

 

Remarque

L’ « antisocial » idéologique pacifique ou violent (religieux, révolutionnaire ou terroriste politique) peut à l’origine posséder un conditionnement « asocial ». Conditionnement qu’il devra nécessairement adapter pour dans tous les cas, posséder un comportement moral comparable à celui d’un sujet « social ». Ceci est la condition sine qua non de la cause idéologique. Condition qui ne le privera pas (le cas échéant et avec l’assentiment de sa communauté), au nom du «  bien », de devenir le pire des sanguinaires.

.

Extrait des Carnets de Léonard de Vinci. C.A. 39v.c

« Le bonheur suprême sera la plus grande cause de misère, et la perfection de la sapience une occasion de folie ».

.

4.2 La conscience (voir premier chapitre)

Extrait O.C. XII puf S.Freud page 221 :

« Il est nécessaire d’admettre qu’il n’existe pas dès le début, dans l’individu, une unité comparable au moi; le moi doit subir un développement ».

.

La conscience est un  « état temporel de perception » (données temporelles utilisées par la réflexion abstraite) centralisateur d’informations sensorielles et abstraites, qui naîtra lorsque le sujet s’apercevra qu’il existe.

C’est à cet instant que se développera la représentation idéelle et satisfaisante de l’affectivité « l’amour ».

.

 

 

4.3 L’affectivité

Remarque : une information affective est une information abstraite, possédant une qualité satisfaisante ou insatisfaisante, associée et déterminant la représentation culturelle et abstraite de soi. De ce fait, la définition officielle du mot « affectivité » ne me paraît plus appropriée. J’aurais très bien pu nommer cette information X, Y, ou Z puisque l’affectivité résulte de la réflexion abstraite et comme nous le verrons, sa singularité, propre à chaque individu, résultera du conditionnement aléatoire de la mémoire « affective » (déterminant la représentation abstraite et culturelle du sujet).

 

Pour une bonne compréhension je continuerai malgré tout, à utiliser l’adjectif « affective » pour qualifier et différencier l’information.

.

 

A sa naissance l’intérêt qu’a l’enfant pour sa mère n’est que de type physiologique et non idéel. Et je ne veux pas dire ici que le nouveau-né n’a pas un besoin urgent d’affect  sensoriel. Ce que je veux dire, c’est qu’il ne peut avoir l’idée que l’on puisse l’aimer.

 

Entre le sixième et le huitième mois, il peut la reconnaître pour la même raison, l’enfant associe la mère à la satisfaction physique. Il est alors dans l’impossibilité de l’aimer de façon idéelle. L’affectivité ne peut exister sans réflexion abstraite, puisqu’elle représente un ensemble de phénomènes physiques satisfaisants ou insatisfaisants, provoqué par le rapport satisfaisant ou non, d’une information exclusivement associée à la représentation abstraite de la personne.

 

Au cours du développement de l’enfant, le mot apparaît vers douze mois, les phrases vers dix-huit mois, le pronom personnel « je » vers trente mois », c’est à partir de cet instant que nous saurons que l’enfant commence à exister pour lui-même.

 

Avant +/- 30 mois un enfant ne peut différencier un jeu d’une agression.

Exemple (il est possible que cette expérience n’ait pas le même résultat avec des personnes que l’enfant ne reconnaît pas comme source de satisfaction)

 

Un jour en présence de notre enfant, qui devait avoir un an et demi, ma femme me saisit afin de me chatouiller, je la pris à mon tour par le cou pour me dégager. Notre enfant terrorisé commença à crier et à pleurer. Il ne put inférer que nous jouions. Ceci démontre qu’à cet âge, l’enfant est incapable de réaliser une réflexion abstraite qui lui permettrait d’interpréter une lutte physique pacifique, autrement que comme une agression.

 

L’homme à partir de +/- 30 mois aura le besoin permanent d’avoir l’idée qu’il est aimé de l’être dont il a besoin physiologiquement, et cela indépendamment du fait qu’il soit effectivement aimé ou non, puisque cette idée sera déterminée par le comportement (volontairement ou involontairement) satisfaisant de l’être dont il a besoin.

 

Je rappelle ici que l’on situe le complexe d’Oedipe entre 2 et 3 ans.

A ma connaissance, l’homme est le seul animal qui à partir de +/- 30 mois et donc sans avoir atteint la maturité sexuelle, désirera prendre la place de l’un de ses géniteurs.

 

L’acte gratuit est une idée satisfaisante, mais si l’amour existe, il est toujours, du fait de notre condition animale et d’abord de matière, calculé.

.

 

Exemple : « si c’est un homme » Primo Levi. Pavillon, Robert Lafont. Page 132.

« Henri est au contraire éminemment civilisé et conscient de soi, et possède une théorie complète et articulée sur les façon de survivre au Lager. …selon sa théorie, pour échapper à la destruction tout en restant digne du nom d’homme, il n’y a que trois méthodes possibles : l’organisation, la pitié et le vol. Lui-même les pratique toutes les trois. Nul n’a comme lui l’art consommé de circonvenir (de « cultiver », comme il dit) les prisonniers de guerre anglais. Entre ses mains ils deviennent de véritables poules aux œufs d’or… . Henri a découvert que la pitié, étant un sentiment primaire et irraisonné, ne pouvait mieux prospérer, à condition d’être habilement instillée, que dans les âmes frustes des brutes qui nous commandent, … il n’a pas manqué de remarquer l’importance pratique d’une telle découverte, et c’est sur elle qu’il a fondé son industrie personnelle. De même que l’ichneumon paralyse les grosses chenilles velues en piquant leur unique ganglion vulnérable, de même il suffit d’un coup d’œil à Henri pour jauger son homme, « son type » ; il lui parle brièvement, en employant le langage approprié, et « le type » est conquis : il l’écoute avec une sympathie croissante, s’attendrit sur le sort du malheureux jeune homme, et il est en passe de devenir rentable. …. Mais son champ d’action favori demeure le K.B. Au K.B., Henri a entrée libre : ses amis- plus que ses protecteurs-, les docteurs Citron et Weis, l’hospitalisent quand il le veut et avec le diagnostic qu’il veut. Cela se produit notamment à l’approche des sélections et dans les périodes où le travail est particulièrement pénible : alors Henri « prend ses quartiers d’hiver », comme il dit. Il parle de ses conquêtes avec une modestie de bon ton, comme de proies faciles, mais s’étend volontiers sur les calculs qui l’on amené à aborder Hans en lui demandant des nouvelles de son fils envoyé au front, … .

Toutes mes conversations avec Henri, même les plus cordiales, m’on toujours laissé à la fin un léger goût de défaite ; le vague soupçon d’avoir été moi aussi, un peu à mon insu, non pas un homme face à un autre homme, mais un instrument entre ses mains.

Je sais aujourd’hui Henri est vivant. Je donnerais beaucoup pour connaître sa vie d’homme libre, mais je ne désire pas le revoir ».

.

 

Autre exemple. AFP

Dutroux est un homme qui pense à tout.” Jean-Marc Connerotte a résumé en quelques mots, jeudi, les redoutables talents du pédophile. “Manifestement, les caches étaient construites de manière à ne pas pouvoir être décelées. C’était d’un professionnalisme effrayant.” Il a raconté la réaction de Sabine et Laetitia à l’ouverture de la geôle de Marcinelle. D’abord apeurées d’être livrées à la “bande” dont Dutroux leur a affirmé vouloir les protéger, “elles ne veulent pas sortir”. Ensuite, elles remercient Dutroux. C’est absolument épouvantable : elles l’embrassent. Un “conditionnement” qui rappelle à M. Connerotte le “mode opératoire des proxénètes pour asservir les prostituées”.

Avec AFP

.

Le lien affectif ne peut exister que si l’être « aimé » dont on a besoin, satisfait une nécessité, s’il procure une satisfaction.

J’espère avoir éclairé sous un autre jour, ce que l’on nomme «  Le syndrome de Stockholm ».

.

Extrait

Le 23 août 1973 à 10 h 15, un évadé de prison, Jen Erik Olsson tente de commettre un hold-up au Crédit suédois de Stockholm. L’intervention des forces de l’ordre l’oblige à se retrancher dans la banque où il prend en otage quatre employés. Il obtient la libération de son compagnon de cellule, Clark Olofsson, qui vient immédiatement le rejoindre. Les médias rapportent les surprenantes déclarations des personnes détenues : « Nous avons pleinement confiance dans les deux bandits, les voleurs nous protègent contre la police [1, 2]. » Six jours de négociation aboutissent, finalement, à la libération des otages au cours de laquelle ceux-ci s’interposeront entre leurs ravisseurs et les forces de l’ordre. Par la suite, ils refuseront de témoigner à charge lors du procès, contribueront à leur défense et iront leur rendre visite en prison. L’une des victimes, tombée amoureuse de Jen Erik Olsson, finira même par l’épouser.

.

Rappel

La force du lien affectif est qu’il confère, inconsciemment au travers de la nécessité de l’autre (association, identification), le pouvoir à l’autre de prendre une décision nous concernant et cela, en dépit parfois du respect de toutes règles morales. S’opposer à l’autre, c’est aussi s’opposer à soi-même et cela est inconsciemment insatisfaisant (source d’un déficit affectif) donc potentiellement dangereux (Exemple : le comportement passif voir actif des épouses de criminels tels que Dutroux et Fourniret).

 

4.4 La réflexion associative

La réflexion associative est inconsciente (privée d’attention et donc indépendante de notre volonté). Sa motivation est le maintien de l’équilibre physiologique.

Cette recherche permanente d’équilibre est motivée par  ce que S.Freud nomme « le tertium comparationis » la qualité satisfaisante ou insatisfaisante attachée aux représentations comparées et au résultat de la comparaison.

 

Extrait.S.Freud. O.C. puf XII.page 111.

« La nature de ces symboles n’est pas encore appréhendée par la recherche avec clarté suffisante ; ce sont des remplacements et des comparaisons fondés sur des similitudes qui pour une part apparaissent clairement ; mais pour une autre partie de ces symboles, le tertium comparationis (l’élément commun grâce auquel deux objets, situations, idées, etc. peuvent être comparés) qu’on doit présumer a échappé à notre connaissance consciente ».

.

Exemple

Connaissant l’objet de mes investigations, un collègue m’informa qu’immanquablement lorsqu’il se lave les mains au bureau, le souvenir du sauna lui vient à l’esprit et cela sans possibilité d’y échapper. Il me fit remarquer que le parfum du savon au bureau était identique à celui du centre thermal où il se détend.

.

 

Cet exemple mérite toute notre attention.

Que perçoit la réflexion attentive et donc consciente de mon collègue ?

1°. Une perception sensorielle, le parfum du savon.

2°. Le souvenir du sauna.

L’analyse effectuée par mon collègue lui permet (par association) de déduire que la réminiscence a été possible, parce que le savon fourni au centre de détente possède le même parfum que celui du bureau. Or, pour que cela soit possible, il faut évidemment que la réflexion associative ait utilisé deux représentations sensorielles associables (du parfum), celle perçue au bureau avec celle mémorisée du sauna, associées grâce au « tertium comparationis » (ici, la qualité satisfaisante fut la cause de sa mémorisation involontaire. Il est clair que la mémorisation d’une information insatisfaisante est essentiellement réalisée dans le but de pouvoir l’annuler, si l’occasion devait se représenter), or la réflexion attentive n’a pas perçu cette dernière représentation, elle est restée totalement inconsciente.

Vous aurez remarqué que la représentation inconsciente possède une dynamique inconsciente (une connexion neuronale) permettent à la réflexion consciente de remémorer le souvenir du centre de détente.

 

La réflexion associative inconsciente est motivée par la recherche de satisfaction, totalement autonome, dynamique, indépendante de notre volonté, et au service de l’équilibre physiologique.

.

 

4.5 La mémoire à long terme

.

Remarque

Si nous considérons la matière comme une information chargée d’énergie stable, nous pouvons postuler que cet équilibre énergétique garantit l’existence de l’information.

Je considère donc que la matière est une information « mémorielle » éternelle pourvu que son équilibre énergétique soit préservé.

 

« Cette   instance  permet d’emmagasiner, de conserver et de restituer des données ».

 

Au cours de notre existence un nombre infini d’informations à caractère conscient n’auront pas eu accès à la mémoire à long terme. Essentiellement parce qu’elles ne possèdent pas le niveau d’intensité suffisant. La sélection d’un nombre considérable d’informations (de niveau d’intensité, ou d’activité et connexions neuronales suffisant) qui auront accès à la mémoire et sans aucun effort particulier, sera indépendante de notre volonté. L’intensité de l’information sera la raison de son entrée dans la mémoire au travers de sa représentation, et la qualité satisfaisante ou insatisfaisante sera liée à sa représentation sans aucune possibilité de modification ultérieure ni de qualité ni de niveau d’intensité (c’est une question « de survie » d’équilibre physiologique). Une représentation perçue par la réflexion associativité et conservée pour son caractère agréable ou déplaisant sera liée à cette qualité quoi qu’il arrive et jusqu’à la mort de la mémoire (en réalité jusqu’à la destruction de l’information puisque toute information possédant un équilibre énergétique est mémoire).

Contrairement à ce que pensait Sigmund Freud, elle ne pourra évidemment jamais perdre sa qualité par refoulement, si cela était le cas une névrose mentale (acquise par déficit affectif permanent) disparaîtrait, puisque le refoulement aurait de fait annulé la cause du déficit affectif.

.

 

IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » page 169.

« Le refoulement s’est ici servi d’un autre mécanisme, à vrai dire plus simple; au lieu d’oublier le trauma, il lui a retiré l’investissement d’affect, si bien qu’il reste dans la conscience un contenu de représentation indifférent considéré comme non essentiel ».

.

Remarque

Seule la qualité d’une information affective (abstraite) acquise par conditionnement est susceptible d’être modifiée par la réflexion abstraite consciente (exemple, voir deuxième partie, l’abandon par Aménophis IV du polythéisme et de son propre nom).

Extrait des Carnets de Léonard de Vinci. quaderni I 13 v.

« Les choses mentales qui n’ont pas passé par la compréhension sont vaines et ne donnent naissance à aucune vérité qui ne soit nuisible ».

.

4.6 Le conditionnement de la mémoire affective et de la réflexion culturelle, simultanée à la réflexion consciente

.

Extrait : « Une assez grande part des apprentissages – dont l’importance est d’ailleurs un sujet de controverse – peuvent être regardés comme étant de type associatif : ce sont ceux qui reposent sur des liaisons entre deux événements bien différenciés. Ces événements peuvent être la réaction d’un individu et un stimulus ayant valeur de renforcement, ou un stimulus et une réponse, ou encore deux stimuli, mais leur contiguïté est toujours une condition nécessaire de l’apprentissage considéré. C’est la proximité temporelle qui joue ici le rôle déterminant, et l’apprentissage est d’autant plus difficile et plus fragile que l’écart est plus grand entre les deux éléments de la liaison : par exemple la sanction d’un acte, positive ou négative, qui ne survient pas immédiatement, perd de son efficacité à proportion de son retard.

La condition d’acquisition la plus favorable est évidemment celle d’une contiguïté constante et répétée; toutefois, si cette contiguïté est seulement fréquente, un apprentissage peut également s’établir. Comme dans le cas du délai, la psychologie expérimentale a pu établir ici des relations quantitatives et montrer que l’apprentissage était alors déterminé par la probabilité qu’avait l’événement A d’être accompagné par B ». Universalis.

Le conditionnement optimal de la  mémoire affective  et de la réflexion culturellement conditionnée, « la conscience morale », (conformément aux règles morales en vigueur) d’un individu à l’état de veille, procède pour son efficacité de trois conditions :

1° de motiver l’apprentissage par la nécessité de satisfaire un besoin abstrait, celui de se savoir aimé de l’être dont on a besoin (en réalité, être certain de posséder l’être dont on a besoin, pour sa propre satisfaction, son propre équilibre physiologique).

Expérience

L’observation d’un enfant, me permit de constater qu’à partir de plus ou moins 30 mois (lorsque l’enfant existe pour lui-même), l’enfant pris en défaut rejettera systématiquement la faute sur un congénère « Ce n’est pas moi c’est lui », en aucun cas il ne reconnaîtra sa responsabilité. Ce fait est caractéristique du comportement de l’enfant jusqu’à plus ou moins six ans (Là, on peut lui faire admettre qu’il a menti).

A l’âge de 4 ans, le conditionnement n’étant pas finalisé, l’enfant ne pourra maîtriser son angoisse (la peur que génère une information abstraite insatisfaisante), confirmé par le fait qu’il n’avouera pas, mais la représentation abstraite, culturelle (langage) et satisfaisante de soi existe.

L’enfant associe la faute à un danger, la future sanction affective (l’autorité affective se fâche, il y a risque de rupture, l’enfant se sent instinctivement en danger d’abandon) et/ ou physique dans le pire des cas, donc à la souffrance, ce qui déclenchera une réflexion instinctive de défense.

À cet âge, l’enfant est en phase d’apprentissage, il ne sait pas encore que la réprobation de la faute ne signifie pas un tel danger. S’il parvient à faire disparaître la faute, il se sauve. La tension nerveuse provoquée par la réaction de défense et générée par la permanence du danger, le force à ne pas avouer. Il retrouvera la perception satisfaisante de lui-même par la destruction de la faute ou une fois la colère de l’autorité affective passée, donc du danger lié à la possible rupture affective.

Confronté à un danger abstrait, cet événement doit être l’une des premières expériences angoissantes de l’homme.

La répétition de cet événement donnera naissance à l’instance affective mémorielle (culturelle et conditionnée) et à la réflexion inconsciente simultanée et conditionnée qui ensemble formeront (lorsqu’elles seront activées par la réflexion associative) ce que nous appelons communément, « la conscience morale ».

 

Remarque

En réalité, nous devrions parler de connexion neuronale possible, en lieu et place d’une réflexion.

Extrait : O.C XVIII S.Freud puf . « le malaise dans la culture »  page 311

 

« On appelle cet état » mauvaise conscience » mais à vrai dire il ne mérite pas ce nom, car à ce stade la conscience de culpabilité n’est manifestement qu’angoisse devant la perte d’amour, angoisse sociale. Chez le petit enfant elle ne peut jamais être quelque chose d’autre… ».

.

 

La représentation de soi sera évidemment évolutive et conditionnée par une éducation psychoaffective et socioculturelle. La mémoire affective conditionnée, deviendra une donnée fondamentale de cette représentation, dont la valeur morale sera relative, parce qu’associée à la qualité de la relation affective d’apprentissage (conditionnement).

.

 

Extrait : O.C XVIII S.Freud puf . « Le malaise dans la culture »  page 312.

« Un grand changement n’intervient que lorsque l’autorité est intériorisée par l’érection d’un sur-moi. Par là, les phénomènes de conscience morale sont haussés à un nouveau stade; au fond, c’est seulement maintenant qu’on devrait parler de conscience morale et de sentiment de culpabilité. Dès lors disparaît l’angoisse d’être découvert et, qui plus est, la différence entre faire le mal et vouloir le mal, car rien ne peut se cacher du sur-moi, pas même les pensées ».

.

 

 

Nous pouvons en déduire que l’acquisition des valeurs morales de « la conscience morale » est stimulée par l’être qui la transmet s’il est aimé de celui qui l’acquiert (s’il satisfait celui qui l’acquiert), puisqu’il associera inconsciemment la transgression de l’interdit à un état (d’insatisfaction) d’angoisse (peur d’un danger abstrait) lié à un déficit affectif inconscient. Voilà pourquoi la correction de la faute doit être extrêmement mesurée mais surtout pédagogique. Vous pouvez peut- être imaginer les idées résultant d’une réflexion initiée par l’enfant (futur adulte) à la suite d’une relation affective insatisfaisante d’apprentissage. En finalité et s’il n’y a pas rupture d’identification, l’enfant retournera inconsciemment sa défense contre lui-même, dans le cas contraire il deviendra un être potentiellement dangereux pour autrui.

 

Remarque : le bégaiement apparaît au même moment que le langage, vers +/- 3ans.

Le bègue associe la prise de parole à un événement insatisfaisant qui a dû nécessairement se produire pendant ou juste après cet événement particulier, dont nous ne pouvons nous souvenir, qui est la prise de conscience de sa propre existence (C’est-à-dire quand l’animal devient aussi être humain). Il faut peut- être émettre l’hypothèse que cette prise de conscience puisse aussi, mais pas uniquement, être l’événement pathogène inconscient.

Il faudrait aussi envisager qu’à l’origine, l’homosexualité fut le résultat du comblement d’un déficit affectif intervenu dans la petite enfance, et ayant toujours pour objet l’insatisfaction affective produite par la représentation abstraite perçue de l’être du même sexe, en charge de l’éducation (présent ou non). J’utilise le terme représentation, parce qu’il a été démontré statistiquement qu’aux USA, il n’existe pas plus d’homosexuels issus de couples homosexuels, que de couples hétérosexuels.

Vous aurez remarqué que souvent dans un couple homosexuel, l’un des partenaires est en apparence plus féminin ou moins masculin que l’autre. J’ai toujours eu l’impression (peut-être inexacte), qu’ils forment la réplique abstraite et inconsciente du couple hétérosexuel, non seulement dans leurs apparences mais aussi dans leurs combats légitimes pour l’acquisition des mêmes droits culturels.

Relation affective «sociale » d’apprentissage : la faute est inconsciemment associée à la perte de l’être aimé, insatisfaction d’où danger.

Relation affective «asociale » d’apprentissage : la faute est inconsciemment associée à la perte de l’être haï ou aimé et haï.

Dans ce dernier cas, la réalisation d’une faute doit nécessairement être source de satisfaction. (Absence de « conscience morale »).

La vengeance est le mal (l’exécution d’une faute) qui procure une satisfaction.

Remarque

Bien qu’il soit évident qu’un conditionnement affectif insatisfaisant puisse être à l’origine d’un comportement asocial violent, nous verrons qu’en l’absence physique de mémoire affective conditionnée, et donc de ce que nous appelons communément, « la conscience morale », cela n’est pas le cas.

J’ai le souvenir d’un bègue repris de justice racontant (dans un reportage de la RTBF) que lorsqu’il faisait irruption dans une banque afin de la dévaliser, il s’adressait aux employés, en s’exprimant alors, sans aucun handicap.

Remarque

Dans le Maryland aux USA se trouve l’île Smith, populations 364 habitants, une école, une église, aucune autorité officielle, pas de police, pas de prison….

L’ingénieur néerlandais Hans Monderman, a fait chuter le nombre d’accidents de la circulation dans la ville de Drachten, en faisant disparaître toutes formes de signalisations sur la voie publique. Sans le savoir, Hans Monderman a réinstauré la seule loi qui régisse la matière vivante douée de pensée abstraite, la rationalité humaine (gage de l’équilibre énergétique), puisqu’il n’y a aucune priorité, chaque individu est aussi important que soi-même, il y a identification (association) inconsciente, l’autre ne constitue plus un obstacle, une insatisfaction (voir deuxième partie).

2° que le sur- apprentissage de l’utilisation d’une règle reçoive des milliers, voire des millions de confirmations entre la petite enfance et l’âge adulte

 

Il me semble que ce point n’a aucun besoin d’être commenté.

 

 

3° la contiguïté de trois événements : la faute personnelle (la transgression de l’interdit) justifiant le déficit affectif (l’autorité affective se fâche, il y a risque de rupture) et la sanction.

 

 

La culture scripturale fondée pour la protection de l’individu (voir deuxième partie) pense pouvoir garantir sa viabilité par la correction de toute faute culturelle, en condamnant son auteur à une sanction (une information insatisfaisante).

Remarque sur la  faute (le péché), le pardon, la  rédemption, l’enfer, en finalité sur Dieu…

La correction de la « faute » peut posséder une dynamique inconsciente satisfaisante, dans le cas où elle permet de retrouver une association des deux représentations de soi, et une dynamique inconsciente insatisfaisante dans le cas contraire, par exemple lorsque le sujet perd quand même (dans le cas de l’identification) l’être qu’il aime (dont il a besoin) en finalité lui-même.

 

 

Remarque

Nous abordons ici, l’essence du complexe de culpabilité.

 

Extrait : O.C XVIII S.Freud puf . « le malaise dans la culture »  page 312.

« A ce second stade de développement, la conscience morale présente une particularité qui était étrangère au premier et qui n’est plus facile à expliquer. Elle se comporte en effet avec d’autant plus de sévérité et de méfiance que l’homme est plus vertueux. »

.

Le corps du névrosé est le champ où se livrent bataille différents types de « réflexions ».

 

Le cercle vicieux

La réflexion attentive consciente, associative et conditionnée inconsciente, initiée par le sujet afin de se libérer de la tension nerveuse permanente produite par « le refusement extérieur ou intérieur », accentuera le déficit affectif en associant d’autres idées (motivées par la recherche de satisfaction) et générant un comportement adapté mais irrationnel, qui maintiendra le sujet en état de souffrance sans cesse croissant.

Faysal (1883-1933), prince de Hedjaz, repris par Thomas Edward Lawrence (1888-1935), dans « Les sept piliers de la sagesse ». Payot, Paris 1940, page 127

.

 

« Le bien imposé est une souffrance, comme le mal imposé ».

« Le minerai admire-t-il la flamme qui le transforme ?».

 

Entre « le refusement extérieur » et le déclenchement du trouble psychique, il doit obligatoirement s’écouler un certain délai, étant donné que la névrose ne peut apparaître que s’il y a permanence de l’information insatisfaisante. Cela explique aussi pourquoi le patient ne peut souvent pas identifier l’information pathogène, le symptôme étant apparu dans le temps bien après l’avènement du « refusement  extérieur». Mais le facteur le plus important de cette incompréhension est, comme nous le verrons dans le cas Emma .puf. Naissance de la Psychanalyse S. Freud. Pages 364,365, que la réflexion conditionnée va interférer et tromper le sujet dans son analyse consciente, en substituant le « refusement extérieur » effectif (ayant initié le déficit affectif) par la faute culturelle générique inconsciente le « refusement intérieur ». Il connaît l’information, mais il ne l’a pas identifiée comme (il n’est pas conscient du fait qu’elle est) la cause de sa souffrance. S’il ne peut pas l’identifier, il sera condamné, en recherchant une solution, à augmenter sa souffrance en s’imposant le bien conforme à sa propre morale, de fait il augmentera son niveau d’angoisse.

 

Ce processus psychique unique et propre au déficit affectif permanent est ce que Sigmund Freud nomme, « le refoulement ».

.

 

IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » Page 200.

« Dans ce trouble le refoulement ne se produit pas par amnésie mais par rupture des corrélations causales à la suite d’un retrait d’affect. Une certaine force d’avertissement-que j’ai comparée ailleurs à une perception endopsychique (psychopathologie de la vie quotidienne)- semble alors subsister dans ces relations refoulées, de sorte qu’elles sont introduites, par la voie de la projection, dans le monde extérieur et y portent témoignage de ce qui dans le psychique n’a pas eu lieu ».

.

 

IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » page 169.

« 1. il faut donc concéder qu’il y a, pour la névrose de contrainte, deux manières de savoir et de connaître, et on a le droit d’affirmer à la fois que le malade de contrainte « connaît » ses traumas et qu’il « ne les connaît » pas. C’est qu’il les connaît dans la mesure où il ne les a pas oubliés et qu’il ne les connaît pas puisqu’il ne reconnaît pas leur significativité ».

.

 

Je voudrais ici illustrer par un exemple que la réflexion consciente n’a pas d’autre choix (comme seule explication d’un état de souffrance psychique (tension nerveuse) généré par un déficit affectif) que de suivre «  la réflexion conditionnée de défense culturelle » en trouvant de manière empirique le double observable (voir point 4.9), c’est à dire une « faute » effective et associable à la faute amorale générique inconsciente.

La réflexion ne peut ensuite se défendre d’une idée menaçante, qu’en recherchant une idée libératrice : le coupable responsable du préjudice.

 

Journal Le Soir.

Sabine restera séquestrée par Dutroux du 28 mai au 15 août 1996 : 81 jours. Dès le 8 juin, jour où Dutroux l’enferme dans la cache de sa cave, la petite tiendra, à l’insu de son ravisseur, un journal bouleversant, annoté de mots, lettres et sigles tels que « parti » (les jours où elle ne le voyait pas), « R » (revenu,), « + » (quand Dutroux « l’embêtait ») ou une étoile (quand il l’embêtait en faisant très mal).

Dutroux a su conditionner Sabine au point de la convaincre rapidement que ses parents refusaient de payer la rançon et qu’en conséquence, un mystérieux chef était décidé à la tuer. Un conditionnement qui, dit le juge, a généré chez elle un sentiment d’abandon, de culpabilité et d’obsession de la mort. Il cite, à l’appui, des extraits de lettres de Sabine à sa maman que Dutroux promettait à Sabine de poster : Il m’a dit que tu lui as dit que vous vous étiez fait une raison, écrivait-elle.

 

Pardonnez-moi pour tout le mal que je vous ai fait Si je reviens, ce serait pour que nous nous fassions tous tuer, et ça, je ne le veux pas Savez-vous me dire pourquoi je suis ici ?

Je n’ai rien fait à ce chef Ce que j’espère, c’est que vous allez tous bien, que vous passez de bonnes vacances.

Le juge Langlois livre avec pudeur ces indices qui permettent de comprendre le calvaire que Sabine évoque encore dans une lettre qu’elle croit envoyée aux siens : Mon cœur cassé se reformera vite avec votre amour

Le déficit affectif : «  Il m’a dit que tu lui as dit que vous vous étiez fait une raison, écrivait-elle ». « Mon cœur cassé se reformera vite avec votre amour»

La recherche de la faute : « Je n’ai rien fait à ce chef »

La faute personnelle : « Pardonnez-moi pour tout le mal que je vous ai fait »

.

 

Remarque

On ne peut être coupable de la perte d’un « amour » dont on n’a plus besoin.

 

Le déficit affectif peut disparaître par l’identification et la destruction de la faute idéelle, ou dans le cas du déficit lié à une relation, le renoncement à l’idée inconsciente d’être satisfait par l’être aimé perdu (ou que l’on risque de perdre) et victime de la faute (destruction de l’identification), ce qui entraînera de fait la destruction de la faute personnelle (de la culpabilité). Donc en finalité, le comblement idéel du déficit affectif, c’est-à-dire la possibilité d’associer à nouveau, la représentation cultuelle et personnelle perçue.

.

 

 

Extrait. Le dimanche 14 novembre 2004

Monde. Judith Lachapelle

Mais si Sabine Dardenne a vécu l’enfer entre la «chambre du calvaire», où elle subissait régulièrement des sévices sexuels, et la «cache» de la cave où elle était enfermée, elle n’avait rien de la victime passive et muette de peur. Dès les premiers moments de son enlèvement, elle tient tête à Dutroux. Elle râle, il la traite de «chiante». «Si je n’avais pas eu ce «sale caractère », j’ignore comment j’aurais survécu. Probablement très mal. »


Ni de cette haine pour Dutroux. Lorsque les policiers lui apprennent qu’elle a été manipulée, elle explose. «Ah oui? Il est dans une cellule à côté ? Je veux le voir, moi ! Lui dire ce que j’en pense !»

Elle attendra huit ans, jusqu’au procès, pour enfin l’affronter. Lorsque la cour s’est déplacée à Marcinelle pour aller voir la maison de Dutroux, Sabine Dardenne a laissé filer un «Crapule !» bien senti lorsqu’il est passé près d’elle. Il ne l’a pas regardée.

 

 

Peut- on générer une idée menaçante (la culpabilité culturelle, la responsabilité justifiée de la perte de l’être aimé), la mémoriser, en ressentir physiquement les effets (une angoisse ou tension nerveuse permanente) et ne pas pouvoir s’en souvenir dans une réflexion attentive consciente ?

.

 

Pascal, Blaise, 100 Amour-propre

.

« La nature de l’amour-propre et de ce moi humain est de n’aimer que soi et de ne considérer que soi.

Mais que fera-t-il ? Il ne saurait empêcher que cet objet qu’il aime ne soit plein de défauts et de misères : il veut être grand, et il se voit petit; il veut être heureux, et il se voit misérable; il veut être parfait, et il se voit plein d’imperfections; il veut être l’objet de l’amour et de l’estime des hommes, et il voit que ses défauts ne méritent que leur aversion et leur mépris.

Cet embarras où il se trouve produit en lui la plus injuste et la plus criminelle passion qu’il soit possible de s’imaginer; car il conçoit une haine mortelle contre cette vérité qui le reprend, et qui le convainc de ses défauts. Il désirerait l’anéantir, et, ne pouvant la détruire en elle-même, il la détruit, autant qu’il peut, dans sa connaissance et dans celle des autres; c’est à dire qu’il met tout son soin à couvrir ses défauts et aux autres et à soi-même, et qu’il ne peut souffrir qu’on les lui fasse voir, ni qu’on les voie.

C’est sans doute un mal que d’être plein de défauts mais c’est encore un plus grand mal que d’en être plein et de ne les vouloir pas reconnaître, puisque c’est ajouter encore celui d’une illusion volontaire ».

La réflexion conditionnée peut arriver à convaincre la réflexion attentive d’un sujet « social », qu’il est « asocial ».

 

Remarque : la responsabilité est justifiée parce qu’en l’absence de renoncement à l’être aimé, en finalité soi-même (deux représentations associables), la réflexion conditionnée et simultanée nécessite une faute effective ou non, afin de justifier la perte de l’être aimé. (C’est une question de logique). Deux représentations abstraites ne peuvent plus s’associer, que lorsque l’une des deux est modifiée et possède une qualité opposée.

Et comme nous le savons, la représentation culturelle conditionnée et abstraite de soi, ne peut être endommagée que par la transgression de sa propre morale, celle qui servit au conditionnement.

.

 

Extrait O.C XII S.Freud puf page 190 :


« L’analysé ne raconte pas qu’il se souvient d’avoir été frondeur et incrédule envers l’autorité de ses parents, mais il se comporte de cette même façon avec le médecin. Il ne se remémore pas le fait d’être resté arrêté, désemparé et en désaide, dans sa recherche sexuelle infantile, mais il apporte tout un tas de rêves et idées incidentes confus, se lamente de ne réussir en rien et soutient que c’est son destin de ne jamais mener une entreprise à son terme. Il ne se remémore pas le fait d’avoir eu intensément honte de certaines activités sexuelles et d’avoir redouté qu’elles soient découvertes, mais il fait voir qu’il a honte du traitement auquel il s’est à présent soumis et cherche à le tenir secret à l’égard de tous, etc. »

.

Remarque

Seule une réflexion simultanée peut générer une insatisfaction ayant la force de provoquer un lapsus. Cette réflexion, pour interférer dans la réflexion attentive consciente, doit nécessairement être simultanée et privée d’attention consciente (temporelle) donc inconsciente.

 

 

Exemple de réflexion sensorielle conditionnée et simultanée à la réflexion consciente.

Au bureau il m’arrive souvent de me retrouver dans les toilettes, avec l’intention de rincer ma tasse de café, je ne m’aperçois de l’incongruité de la situation que lorsque je remarque la cuvette des wc. Or nous possédons juste après les toilettes une petite cuisine équipée. (Le bureau a été subdivisé, afin de réaliser les toilettes ainsi que la cuisine. L’ensemble fait donc partie d’un même espace clos.). Ce bureau est relativement récent +/- 3ans.

Auparavant et cela durant plus de 15 années, j’étais obligé, vu l’absence de cuisine dans l’ancien bureau, d’utiliser le lavabo des toilettes comme évier de cuisine.

 

Si la vision de la cuvette (ou toute autre représentation sensorielle non associable) ne venait initier une réflexion attentive consciente (temporelle), l’action motrice (réflexion conditionnée atemporelle) aurait été jusqu’à son terme, sans aucune possibilité de correction par la réflexion attentive consciente, qui à cet instant s’occupe d’autres réflexions abstraites.

 

La réflexion culturellement conditionnée de la recherche en responsabilité (fruit de la culture scripturale) aura quant à elle, comme résultat, non une action motrice, mais une idée, la faute cultuelle associée à son auteur. Cette faute générique (n’a aucun besoin d’être associable à une faute effective), produit d’une réflexion conditionnée donc privée de conscience (de temporalité) sera elle-même dépourvue de conscience et donc de temporalité. Cette faute (ne possédant pas la connexion de temporalité, puisque acquise par conditionnement) ne sera pas accessible à la réflexion attentive consciente, pas plus que les données entrant en jeu dans l’exemple des toilettes et révélées par l’action motrice, action rectifiée par la non associativité d’une perception sensorielle visuelle temporelle, la cuvette des toilettes (je rappelle que l’attention est d’abord liée à la réflexion sensorielle). Cette faute atemporelle figurera dans la mémoire et ne pourra être identifiée par la réflexion attentive consciente que comme dans l’exemple des toilettes, par une analyse. La faute inconsciente attaquera la représentation satisfaisante inconsciente, culturelle et abstraite de soi, dans une réflexion associative et simultanée, privée d’attention consciente. L’idée atemporelle de la culpabilité inconsciente sera activée (induite par des perceptions physiques insatisfaisantes), elle s’associera à la représentation atemporelle insatisfaisante de (et justifiera, le déficit affectif) la perte inconsciente de l’être dont on a besoin (aimé, en finalité la non associativité des deux représentations abstraite de soi). Le système nerveux sera informé de l’état psychique insatisfaisant et cherchera à se défendre.

 

La réflexion conditionnée est atemporelle et privée d’attention, parce qu’elle a été mémorisée par répétition comme le réflexe instinctif. Notre conscience et notre volonté n’interviennent pas dans le déclenchement d’un réflexe. Ces deux types d’information sont mémorisés sans la connexion de temporalité.

 

Remarque : le déficit affectif permanent provoqué par « le refusement extérieur » (la perspective ou la perte effective de l’être dont on a besoin, en finalité soi-même) est au départ le moteur de la réflexion simultanée et conditionnée de la recherche de la faute, mais constituera aussi en finalité (si « le refusement intérieur », la faute personnelle inconsciente est trouvée) la sanction générique et inconsciente de la faute. La réflexion consciente n’a que peu de chances de se sortir d’un tel piège, tout est inconsciemment justifié.

Nous pouvons imaginer l’inertie inconsciente à laquelle est soumise la réflexion d’un être souffrant d’un trouble psychique.

 

Notre réflexion est capable (dans des conditions particulières) de priver toutes les données mémorisées et perçues de temporalité existentielle.

Cet état est le somnambulisme. Si vous posez une question à un somnambule, il vous répondra mais sera totalement incapable de s’en souvenir à son réveil.

 

Cette faute personnelle inconsciente ne peut être considérée que comme la transgression de sa propre morale.

IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » page 154.

« Il s’est dit, continue-t-il, qu’un reproche ne peut vraiment apparaître que par une violation des lois morales personnelles les plus propres, et non par une violation des lois extérieures. Je confirme en disant que celui qui viole simplement ces dernières se sent bien souvent un héros ».

Les lois morales personnelles ne peuvent être «  les plus propres » que si leur violation est susceptible d’entraîner une justification d’insatisfaction, deux représentations personnelles non associables.

Objectivement il n’y a aucune raison de se sentir coupable d’avoir commis une faute amorale qui n’a pas porté, et ne portera aucun préjudice à autrui, et la plupart du temps personne ne se sent coupable, même si parfois elle porte préjudice à autrui.

Mais la réflexion simultanée et inconsciente n’est pas objective mais culturellement conditionnée, (s’il y a une souffrance provoquée par un déficit affectif, il doit y avoir faute) si bien que le cas inexistant d’un être vierge de toute faute amorale pourrait en fonction de son passé affectif, de sa haute conception des valeurs morales et d’un déficit affectif permanent, se sentir coupable.

 

Voilà ce qui explique pourquoi celui qui possède « la foi » est plus à l’abri de la culpabilité.

.

 

Exemple:

«  Le suicide égoïste est le signe d’une intégration sociale insuffisante de l’individu. Par exemple, les protestants ont une plus forte propension au suicide que les catholiques en raison du degré élevé d’individualisme de leur religion (pratique du libre examen) et les catholiques se suicident plus que les juifs chez qui l’intégration au groupe est particulièrement forte. Ainsi, la religion protège l’individu du suicide en participant à son intégration sociale, tout comme le fait la cellule familiale : le taux de suicide est plus fort chez les hommes célibataires que chez les hommes mariés. Enfin, les suicides décroissent en temps de guerre, où le sentiment d’appartenance à la collectivité renforce le groupe. »

Encyclopédie Microsoft® Encarta® 2003. © 1993-2002 Microsoft
Corporation. Tous droits réservés

Extrait de O.C. XVIII S.Freud puf pg 314

« Le peuple d’Israël s’était pris pour l’enfant préféré de Dieu et quand le Père, dans sa grandeur, fit fondre malheur après malheur sur ce peuple qui était le sien, celui-ci ne fut pourtant pas désorienté dans cette relation, ni ne douta de la puissance et de la justice de Dieu, mais il engendra les prophètes qui lui reprochèrent son état de péché et créa à partir de sa conscience de culpabilité les préceptes extrêmement sévère de sa religion de prêtres.

Quelle remarquable différence avec le comportement du primitif ! Quand il a connu le malheur, il n’en attribue pas la faute à lui-même, mais au fétiche qui manifestement n’a pas fait son devoir et il le roue de coups au lieu de se punir lui-même ».

.

Conclusion, nous savons que le peuple d’Israël fut élu par Dieu.

La volonté de Dieu doit dans ce cas s’imposer de manière plus forte, que dans les deux autres religions.

S’il y a plus de volonté de la part de Dieu, il y a aussi plus de responsabilité pour Dieu et donc moins de culpabilité pour le juif. Nous pouvons donc considérer que, dans le malheur le juif se sent moins coupable que le catholique et encore moins que le protestant.

 

Bien que l’on décrive certains échouages de dauphins comme des suicides (par association d’idées) cela me semble être le fruit d’une interprétation erronée par suite d’une incompréhension.

Le suicide est, me semble-t-il, propre à l’homme, et bien que certains événements concrets, dans la vie d’un être humain puissent être un facteur déclencheur, ils ne peuvent être considérés comme l’élément moteur.

 

L’auto-agression abstraite permanente et inconsciente de la représentation satisfaisante de soi, produite par l’interaction irrationnelle des réflexions, associative, consciente, inconsciente conditionnée, et déterminée par la nécessité de traiter le « refusement extérieur ou intérieur » insatisfaisant et permanent, est le moteur de toute névrose, développée à la suite d’un déficit affectif permanent.

 

Notre culture pourrait transformer un saint en coupable, il suffirait pour cela qu’il ne se sente plus aimé de Dieu. Étant dans l’impossibilité (puisque la réflexion est inconsciente) de renoncer à être aimé de l’être dont il a besoin, ici Dieu, mais en réalité lui-même par identification, ou de ce libérer de cette faute générique (le Péché Originel), il ne lui reste plus comme option que la souffrance psychique (physique).

La représentation symbolique abstraite de la responsabilité dans l’exécution d’une faute générique, issue de la réflexion culturellement conditionnée et simultanée (de la recherche en responsabilité) est inconsciente comme celle du parfum mémorisé dans l’exemple illustrant la réflexion associative. Et comme dans cet exemple, cette représentation possède une qualité et une dynamique inconsciente.

.

 

Extrait des O.C. XVI S.Freud puf Le moi et le ça p 260.

« N’oublions pas qu’au sens descriptif, il y a deux sortes d’inconscient, mais au sens dynamique seulement une.»

.

Il me semble que cette phrase corrobore mes propos. En effet une représentation mémorielle issue d’une réflexion abstraite peut parfois nous faire défaut, comme le fait de ne pas pouvoir se souvenir du nom d’une ville, alors que nous savons pertinemment que nous possédons l’information (le préconscient). Par contre, à part des perceptions somatiques insatisfaisantes (rougeurs, sueurs froides), rien ne vient nous informer lorsque nous réalisons une réflexion culturellement conditionnée (l’inconscient dynamique).

.

Sigmund Freud, p 262

« Nous reconnaissons que l’Ics ne coïncide pas avec le refoulé ; il reste exact que tout refoulé est ics, mais que tout Ics n’est pas pour autant refoulé. »

.

La réflexion associative originelle possède une dynamique inconsciente motivée par la recherche de satisfaction (ou l’évitement de l’insatisfaction) « le tertium comparationis ».

Les réflexions : consciente, associative et culturellement conditionnée inconsciente, sont interactives.

.

 

Extrait, encyclopédie Universalis.

« Il ne suffit pas, pour faire l’expérience de la culpabilité, de se représenter un de ses propres actes comme ayant transgressé un devoir, une loi, les règles d’un art, des usages. Pour passer de la faute objective à la culpabilité subjective, il faut que celle-là soit intériorisée, selon un processus dans lequel Jean Nabert a vu « l’un des phénomènes les plus mystérieux de la vie morale » et qui est « la surprise de la conscience, après l’action, non seulement de ne plus être pour soi ce qu’elle était avant l’action, mais de ne plus pouvoir dissocier l’idée de sa propre causalité du souvenir de l’acte singulier qu’elle a accompli ». L’idée d’une telle causalité morale intéresse d’ailleurs la justice elle-même, qui, lorsqu’elle a affaire à un criminel, ne se préoccupe pas seulement de l’imputabilité matérielle de l’action, mais cherche aussi à remonter de la pénalité à la culpabilité, c’est-à-dire à savoir s’il y a eu, chez l’auteur du crime, une intention dolosive, une volonté de porter préjudice, en dehors de circonstances justificatives reconnues. »

.

4.7 L’attention (voir première partie)

Si un être humain est victime d’une agression physique permanente, dans ce cas l’attention (liée d’abord à la réflexion sensorielle) ne peut être monopolisée par une réflexion abstraite idéelle, qui seule peut générer l’agression abstraite irrationnelle inconsciente.

 

Exemples.

Primo Levi - Si c’est un homme

Résistant, fait prisonnier le 13 décembre 1943 à l’âge de 24 ans. C’est un juif italien parmi d’autres. Arrive fin janvier 1944 à Fossoli près de Modène dans un camp d’internement. Déporté le 21 février 1944, il arrive à Auschwitz. Son témoignage est essentiel. Häfling, il décrit précisément le fonctionnement du camp, les difficultés de la vie quotidienne, les astuces pour survivre. C’est aussi une réflexion philosophique.

« Si c’est un homme » Primo Levi. Pavillon, Robert Lafont. Page 19.

«Ce sont justement les privations, les coups, le froid, la soif qui nous ont empêchés de sombrer dans un désespoir sans fond ».

Page 160

«  Mais, pour la plupart, nous supportâmes ce nouveau danger et ces nouvelles embûches avec la même indifférence, qui n’était pas de la résignation mais plutôt l’inertie obtuse des bêtes battues qui ne réagissent plus aux coups ».

Page 168

« La lutte, la faim, le froid et le travail laisse peu de place à la pensée »

La phrase suivante n’a pu être inspirée que par un moment de grande souffrance psychique, alors qu’il était libre, puisqu’il tente d’expliquer le fait qu’il ne se soit pas suicidé au Lager.

Page 177

« Ou encore, c’est la pluie, le vent, la faim de tous les jours, et alors on pense que si vraiment ce n’était plus possible, si vraiment on n’avait plus rien dans le cœur que souffrance et dégoût, comme il arrive parfois dans ces moments où on croit vraiment avoir touché le fond, et bien même alors, on pense que si on veut, quand on veut, on peut toujours aller toucher la clôture électrifiée, ou se jeter sous un train en manœuvre. Et alors il ne pleuvrait plus. »

Primo Levi « libre », s’est suicidé en avril 1987.

.

 

4.8 La temporalité

.

À sa naissance, l’attention est une « interface » centralisatrice de perceptions sensorielles uniquement, elle n’acquerra sa temporalité que lorsque le sujet s’apercevra qu’il existe, avec la conscience de soi. Pourtant nous ne pouvons affirmer que nous possédons des informations mémorisées dont nous ne pouvons pas nous souvenir. Sauf si pour être associables deux représentations doivent aussi posséder la connexion temporelle, et si du fait de la labilité de l’attention, il soit possible lors d’un état de somnolence (sommeil paradoxal) d’utiliser une représentation mémorisée non remémorée et donc atemporelle, dans un rêve qui, ayant la connexion temporelle, pourra être remémoré ultérieurement.

.

 

Exemple : « Je rêvai un jour, dans un certain contexte, d’une personne qui m’avait à coup sûr rendu un service et que je voyais nettement devant moi. C’était un borgne, de petite taille, gros, la tête profondément enfoncée dans les épaules. Je déduisis du contexte que c’était un médecin. Par bonheur, je pus demander à ma mère, qui vivait encore, à quoi ressemblait le médecin de ma ville natale, que j’avais quittée à trois ans, et j’appris d’elle qu’il était borgne, petit, gros, avec la tête profondément enfoncée dans les épaules; j’appris aussi au cours de quel accident, oublié de moi, il m’avait porté secours ».S.Freud XIV O.C puf pg 207.

.

Le souvenir atemporel a été utilisé dans une réflexion onirique, à l’état de somnolence. Le rêve porte donc la connexion temporelle, et pourra être rappelé par association lors du réveil, contrairement au souvenir qui lui restera atemporel et donc non associable à l’état de veille, étant donné qu’il fut mémorisé avant que l’individu ait une conscience totale de sa propre existence, et donc aussi de la temporalité.

.

Extrait des carnets de Léonard de Vinci B.M. 278.v

« Pourquoi l’œil voit-il une chose plus nettement en rêve, que l’imagination à l’état de veille ? »

.

A l’état de veille temporelle, (lorsque l’on sait que l’on existe, donc de la conscience) la réflexion ne peut utiliser que des données mémorisées temporelles. Par contre la réflexion atemporelle, donc inconsciente, utilisera toutes les données mémorisées temporelles et atemporelles associables. Durant le rêve, l’activité liée aux perceptions sensorielles est très faible, l’attention ou l’activation neuronale est concentrée sur l’activité onirique.

Rappel (voir première partie)

Il arrive parfois que des informations sensorielles soient perçues, mais jusqu’au réveil, elles seront interprétées, comme faisant partie du rêve (voir, IV O.C PUF.S.Freud, pg 413,414. 6. Sur la symbolique urinaire).

 

«Nous avons appris d’expérience que les processus animiques inconscients sont en soi atemporels ».XV O.C PUF.pg 299. Freud.

« 1. J’ajoute cette simple supposition que la formation et le renforcement de cette instance observante (la conscience morale) pourraient bien envelopper l’apparition tardive de la mémoire (subjective) et du facteur temps, qui ne vaut pas pour les processus inconscients ». XII O.C PUF. Page 239. Freud.

.

Remarque : comme nous l’avons vu, le facteur temps apparaît lorsque l’on sait que l’on existe, donc avant l’apparition de « la conscience morale », notre premier souvenir en est le témoin.

 

La mémoire chronologique propre à l’être humain, ne peut devenir chronologique qu’avec la prise de conscience de sa propre existence, au travers de la représentation abstraite de soi « temporelle existentielle » associée au concept de l’espace (concept que possèdent les chimpanzés, comme l’a démontré David Premack). Cela sous-entend que la représentation abstraite de soi mémorisée est en constante évolution puisque toujours différente de la représentation de soi perçue, et de toutes celles que nous percevrons ultérieurement (ce qui me paraît logique, lorsque je me souviens de moi à 10 ans, ce moi est bien différent du moi actuel que je perçois). C’est la seule explication permettant de comprendre, à mon sens, la naissance du passé, du présent et donc du futur. Le temps qui passe est une impression produite par le déplacement de l’information.

Nous sommes une infinité linéaire du « moi».

.

 

 

4.9 La connexion temporelle

Pour observer un objet, il nous faut non seulement développer un organe visuel, mais aussi une mémoire immédiate. La conséquence est que pour une même information observée, le cerveau doit continuellement en associer deux : la permanence visuelle de l’objet observé et la même représentation mémorisée. Il en va de même pour l’information abstraite, qui elle utilise « la mémoire à long terme » et associe la représentation sonore à la représentation visuelle (voir première partie, et le langage des signes qui associe deux représentations visuelles de l’objet en question).

 

En développant le langage, l’abstraction, l’affectivité et la temporalité, l’information se multiplie de façon exponentielle. Ce nouvel état permet à l’information, nouvellement mémorisée, de posséder beaucoup plus de connexions synaptiques (le résultat de l’interaction, des connexions neuronales à l’état de veille, entre réflexion sensorielle et réflexion abstraite consciente), que celles (uniquement sensorielles) éventuellement mémorisées avant l’état de conscience.

Vu le nombre d’informations mémoires et potentiellement utiles, l’activation des zones cérébrales (l’attention) doit être faite en fonction de priorités, qui sont déterminées par les circonstances propres à chaque résolution de problème.

.

L’attention est incapable, étant monopolisée à l’état de veille par l’activité des connexions temporelles, de s’investir dans l’activation d’informations qui ont été mémorisées avant l’état de conscience et cela, du fait, qu’elles ne possèdent pas à l’origine de connexions temporelles avec leur double existentiel temporel abstrait, puisque inexistant. Autrement dit, pour être remémorée, une information mémorisée avant l’état de conscience devrait pouvoir être associée à son double réel nouvellement perçu (la mémoire animale).

.

Néanmoins, il sera possible lors d’un désinvestissement de l’activité de veille, durant le sommeil paradoxal ou sous hypnose, de transférer cet investissement et d’établir des connexions entre ces informations et le rêve. Connexions qui seront interrompues lors de l’éveil. Le rêve dont on se souvient par association, doit obligatoirement posséder les connexions temporelles propres à la conscience.

.

Remarque très importante

La réflexion abstraite culturellement conditionnée (pour être active) doit nécessairement être connectée à la réflexion temporelle consciente. Le caractère inconscient de ces informations est produit par l’impossibilité matérielle de les associer à leur double sensoriel conscient (puisque inexistant), contrairement à l’exemple du parfum, ou encore de pouvoir en voir la manifestation motrice, comme dans l’exemple des toilettes et du réflexe.

.

4.10 La « conscience morale »

.

Extrait de « Si c’est un homme » Primo Levi, Pavillon, Robert Lafont, page 132.

« La loi du Lager disait : « Mange ton pain, et si tu peux celui de ton voisin» ; elle ignorait la gratitude ».

.

Nous avons tous un jour ou l’autre dit un mensonge, et pour certain commis les crimes les plus odieux, sans éprouver le moindre remords.

S’il n’y a pas de remords, il ne peut exister dans notre esprit de sentiment de culpabilité et donc aucune parcelle de conscience morale.

 

 

 

Envisager l’hypothèse de l’inexistence de la conscience morale nous permettrait :

1° de ne pas avoir besoin pour expliquer « le penchant inné de l’homme au « mal », à l’agression, à la destruction et par là aussi à la cruauté » S. Freud. O.C. Puf XVIII p. 306, « d’une pulsion d’agression particulière et autonome ».

 

2°de penser que ne possédant pas de pulsion d’agression l’homme serait à l’image des autres primates, un être génétiquement pacifique.

 

Or, nous connaissons tous la souffrance que peut provoquer le remords. Et comment expliquer l’enfer que s’infligent les hommes comme par exemple celui qui fut la règle dans les camps de la mort ?

Cette contradiction ne peut être levée par « une conscience morale », ou « une pulsion d’agression » en fonction de la situation.

L’existence de la « conscience morale » n’a pas de caractère permanent, parce qu’elle est acquise, et n’existe que dans le cas où elle est utilisée, c’est-à-dire uniquement lorsque deux représentations de soi ne peuvent pas s’associer.

La réflexion culturellement conditionnée de la recherche en responsabilité sera la réponse abstraite à cette incompatibilité, uniquement comme défense, lorsqu’ une menace d’agression physique pèse sur la personne ou lorsque l’idée inconsciente d’une menace d’agression abstraite (deux représentations non associables) pèse sur la représentation abstraite satisfaisante, et culturelle de soi.

« La conscience morale » varie en fonction de l’individu, comme dans la théorie de la relativité, chaque voyageur emporte avec lui, son propre « temps ».

.

Extrait : O.C XVIII S.Freud puf . « Le malaise dans la culture »  page 313

.

 

« Tant que tout se passe bien pour l’homme sa conscience morale, elle aussi, est clémente et passe au moi toutes sortes de choses; quand un malheur l’a frappé, il fait retour sur lui-même, reconnaît son état de péché, accroît les revendications de sa conscience morale, s’impose des abstinences et se punit par des pénitences ».

.

C’est au prix d’une complexe construction ( O.C XVIII S.Freud puf . « Le malaise dans la culture »  page 316), utilisant l’existence d’une très hypothétique pulsion d’agression, ainsi que de la mise à mort du père préhistorique par l’union des frères (page 318) que Freud explique le passage du premier (avant +/- 6 ans) au second stade. En reconnaissant que cette construction est contradictoire.

.

 

 

Extrait : ( O.C XVIII S.Freud puf . « le malaise dans la culture »  page 316,317)

« A vrai dire, la contradiction de cette thèse avec la genèse de la conscience morale déjà exposée n’est pas si grande… »

«Des deux conceptions, laquelle a raison ? La première, qui nous apparaissait génétiquement inattaquable, ou la nouvelle, qui parfait la théorie d’une façon si bien venue ?

Page 326.

« Même si cette thèse n’est exacte que par approximation, elle mérite notre intérêt ».

 

Extrait : ( O.C XVIII S.Freud puf . « Le malaise dans la culture »  page 322)

« On devrait pouvoir comprendre ces choses une fois pour toutes, mais on ne le peut pas encore ».

L’état permanent de conflits (de tous ordres), dans lequel se trouve l’humanité, n’est pas compatible avec l’existence d’une « conscience morale ».

.

 

 

Remarque : au préalable à ce qui va suivre, je voudrais afin de ne pas heurter les personnes ayant été victimes d’agressions, préciser que le but recherché est la compréhension, sans jugement de valeurs.

 

Et s’il n’existe pas de pulsion d’agression particulière et autonome, tout type d’agression doit alors être considéré comme la manifestation d’une pensée irrationnelle, au service de la recherche d’un équilibre physiologique perdu (le déficit affectif), évitant par la même occasion à l’agresseur, de tomber dans la seconde et unique voie possible, la névrose.

 

Remarque

Il me semble nécessaire de revoir les définitions du masochiste (qui se responsabilise de la faute) et du sadique (qui rejette la responsabilité de la faute), comme étant des êtres qui lorsqu’ils subissent ou infligent la sanction, comblent leurs déficits affectifs inconscients, et donc souffrent moins. Ce qui, débarrassés de la faute, leur permettra d’atteindre un état émotionnel satisfaisant, propice à de possibles rapports sexuels.

.

Exemple :IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » page 189.

« Les doutes concernant la mémoire du père et les réserves portant sur la valeur de la bien aimée s’étaient accrus; dans un tel état d’esprit, il se laissa aller à outrager l’un et l’autre, ce dont ensuite, il se punit ».

.

Du fait de son conditionnement culturel, le névrosé est incapable de se libérer de la pensée irrationnelle à laquelle son corps est soumis. Il adopte les seules voies possibles, tantôt un comportement sadique (rejet de la faute, agressif) tantôt un comportement masochiste (se responsabilise de la faute, l’auto-harcèlement moral inconscient).

.

 

IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » page 206.

« Une séparation des deux opposées survenue très précocement dans les années préhistoriques de l’enfance, avec refoulement de l’un des éléments, habituellement la haine, paraît être la condition de cette déconcertante constellation de la vie amoureuse ».

« Pour cette constellation, Bleuler a crée plus tard le terme approprié, d’ambivalence ».

.

 

 

4.11 Le rêve manifeste

Remarque

La théorie psychanalytique de « la pulsion sexuelle refoulée », énoncée par Sigmund Freud, est une adaptation complexe et non démontrée, basée sur l’observation des mécanismes psychiques entrant en jeu dans l’élaboration de ce qu’il nomme « le rêve manifeste ».

Ceci dit (ayant fait l’expérience de l’interprétation d’un rêve manifeste personnel), je pense sincèrement, comme le fait remarquer S. Freud, que ces observations décrites et analysées dans son livre « L’interprétation du rêve », auraient du permettre la compréhension rationnelle du «  rêve  manifeste » et donc être la clef pour la compréhension de la réflexion qui génère le trouble psychique, puisque identique.

.

Extrait : O.C S.Freud puf XII page106.

« … nous mettant en mains, pour ainsi dire, les clés de toutes les énigmes de la psychologie des névroses. Le rêve devient ainsi le prototype normal de toutes les formations psychopathologiques. Celui qui comprend le rêve peut aussi percer à jour le mécanisme psychique des névroses et psychoses. »

.

Grâce à « L’interprétation du rêve » Freud nous permet de comprendre que :

 

 

1° L’action du rêve se déroule toujours au présent (à partir du moment où nous pouvons nous en souvenir). C’est-à-dire ce qui existe maintenant pour la conscience.

 

2° La censure qui exerce son veto contre des souhaits « amoraux » induit le travail du rêve et permet de transformer un rêve latent en rêve manifeste.

.

 

«Les tendances qui exercent la censure sont celles qui sont reconnues par le jugement vigile du rêveur, celles avec lesquelles ils se sent d’accord». XIV O.C PUF. pg 144. Freud.

.

 

Je voudrais faire remarquer ici qu’il y aura travail du rêve que si la réalisation du souhait constitue une représentation d’agression (deux représentations non associables) dirigée contre le sujet, ce qui nous fait comprendre que l’agresseur est à son insu l’agressé, comme dans le trouble psychique.

Si la réalisation du souhait ne constitue pas un danger, il n’y aura pas de travail du rêve et le rêve latent ne sera pas transformé en rêve manifeste. Le rêve ne nécessitera donc pas d’interprétation, il sera directement compréhensible.

La conséquence logique est qu’un éveil suffisant de l’attention consciente temporelle (l’interaction, connexions neuronales entre réflexion sensorielle et réflexion abstraite consciente) est nécessaire, pour qu’une réflexion conditionnée intervienne dans la réalisation d’un rêve manifeste, qui puisse être remémoré ultérieurement par association. Le rêve dont on se souvient doit donc posséder la connexion temporelle, et par conséquent avoir été réalisé dans un état proche de l’état de veille.

 

4.12 La zone cérébrale située à cheval entre le cortex préfrontal ventro médian et le cortex préfrontal ventro médian et cingulaire

Zone cérébrale dont j’ai compris la fonction en écoutant l’exposé du Professeur Houde, O.

( 2000) :le développement de l’intelligence chez l’enfant

http://www.canalu.fr/canalu/index.php?q=houde

 

Remarque : comme vous allez le constater, dans le cas où « la mémoire affective » acquise par conditionnement est détruite ou déconnectée, la réflexion culturellement conditionnée de la recherche en responsabilité est annulée, puisque les données auxquelles peuvent être comparées les données perçues et donc capables de produire un déficit affectif (deux représentations abstraites non associables) n’existent plus ou ne possèdent plus de connexions neuronales.

 

 

 

L’intuition, sixième sens et porte entrouverte sur le subconscient » (sur internet) Hervé Morin

Extrait : «Le personnage à l’origine de cette impulsion fort peu cartésienne de la part d’un savant (le professeur Antonio Damasio) est Phinéas Gage, un jeune chef de chantier sur les voies ferrées de Nouvelle-Angleterre, qui, un jour d’été 1848, eut le crâne perforé par une barre à mine (Le Monde du 28 avril 1995). Le malheureux survécut à la perte d’une bonne portion de son cerveau, sans que ses facultés intellectuelles paraissent affectées. Mais bien vite Gage devint méconnaissable et perdit son emploi. Auparavant avenant et dynamique, il devint ombrageux, grossier, et finit misérable en Californie, après avoir échoué dans toutes ses entreprises ».

Après vérification, la symptomatologie de ces préfrontaux est qu’ils ont tous un comportement contraire à la bienséance. Ils sont désinhibés.

Extrait des Carnets de Léonard de Vinci. C.A. 299 r. b

« Qui attend de l’expérience ce qu’elle ne possède point, dit adieu à la raison ».

Le détecteur de mensonges ne détecte pas un mensonge mais une émotion issue d’une réflexion…. La qualité d’une émotion est soit satisfaisante soit insatisfaisante. Cette qualité sera déterminée par la perception d’un événement, pour le cas qui nous occupe, un événement associé à un danger, donc de qualité insatisfaisante. Par exemple, si un homme présentant la même lésion du cerveau que Phinéas Gage est mis en présence d’un événement, et qu’il puisse l’associer à un danger physique ou abstrait (par exemple, le risque de se faire écraser par un train), il éprouvera (un réflexe) une émotion qui lui permettra de se sauver. Ce que Phineas Gage a perdu, ce n’est pas sa capacité à éprouver un sentiment, mais sa capacité d’associer un événement inconnu à un danger abstrait, puisque sa mémoire affective acquise par conditionnement est hors d’usage.

Pour ressentir une émotion insatisfaisante produite par une réflexion abstraite, il faut d’abord que l’information perçue soit (par la réflexion associative) associable et comparée à une information mémorisée, et cela afin de déterminer si l’information perçue possède une qualité insatisfaisante, opposée à celle de l’information mémorisée, donc potentiellement dangereuse.

Le danger sans représentation n’a pas d’existence, et l’angoisse naît de l’impossibilité d’associer deux représentations abstraites et inconscientes de soi (de qualités opposées), par la réflexion associative. Jusqu’à preuve du contraire une émotion est le résultat du traitement par la réflexion de certaines données.

Émettre l’hypothèse qu’il existe un siège des émotions ou des sentiments n’est pas très réaliste, pour moi cela équivaut à soutenir que Dieu existe (idée non matérialisée et que je respecte).

D’un point de vue purement rationnel, la réflexion de tels sujets n’a été modifiée que dans la mesure où elle n’est plus capable d’associer une information à un danger abstrait puisque l’instance, la mémoire affective et culturellement conditionnée « la conscience morale », « le Surmoi » (sans laquelle la culpabilité inconsciente, ne peut exister) a été détruite, ou n’est plus accessible. Phinéas Gage est devenu sur le plan de la morale en vigueur, un enfant, vierge de tout conditionnement moral. Il est devenu un être totalement rationnel.

 

 


Le Professeur O. Houde cite Paper un psychologue genevois : « même lorsqu’il se trompe (moins de 6ans), l’enfant répond toujours juste à la question qu’il se pose ».

 

Extrait des carnets de L. de Vinci C. A. 154 r.c

« L’expérience n’est jamais en défaut. Seul l’est notre jugement, qui attend d’elle des choses étrangères à son pouvoir. Les hommes se plaignent injustement de l’expérience et lui reprochent amèrement d’être trompeuse. Laissez l’expérience tranquille et tournez plutôt vos reproches contre votre propre ignorance qui fait que vos désirs vains et insensés vous égarent au point d’attendre d’elle des choses qui ne sont pas en son pouvoir. »

Extrait : l’intuition, sixième sens …

Hervé Morin

« L’expérience du jeu de poker lui a permis de valider cette hypothèse. Elle consistait à placer le sujet face à quatre piles de cartes, à lui donner 2 000 dollars en faux billets et à lui demander de tirer des cartes afin de maximiser ses gains. Au départ, le joueur ignore que dans les tas A et B chaque carte retournée rapporte 100 dollars, mais qu’il arrive aussi qu’une carte impose de payer jusqu’à 1 250 dollars à l’expérimentateur. Dans les paquets C et D, les gains sont moins élevés (50 dollars par carte), mais les pénalités sont aussi plus faibles, ce qui les rend globalement plus « rentables ».

Les individus normaux, après avoir tâtonné, commencent à choisir les « bons » paquets avant d’être capables d’énoncer la bonne stratégie, alors que les patients « préfrontaux » continuent à faire le mauvais choix, le plus risqué, y compris après qu’on leur a expliqué la bonne stratégie. La différence ? Après quelques pertes élevées, les individus normaux montrent rapidement des réponses électrodermales plus élevées - synonymes d’émotion - lorsqu’ils s’apprêtent à choisir une carte sur un paquet risqué. Ils traversent ensuite une phase où ils ont l’intuition (« hunch », littéralement « rentrer les épaules ») des règles implicites, avant d’en être pleinement conscients. Les préfrontaux, eux, ne montrent pas de réponse électrodermale, et continuent à persister dans l’erreur. »


La décision est toujours et exclusivement une affaire de raisonnement. Il faut néanmoins en comprendre les mécanismes, afin de pouvoir interpréter le résultat de l’expérience.

Quelle erreur ou danger y a-t-il dans le fait de perdre dans un test de la fausse monnaie qui ne vous appartient pas ? À part peut-être, celui de passer pour un idiot aux yeux de ceux qui observent et analysent nos performances…, l’instance « observante » dont parle Sigmund Freud.

Extrait

Hervé Morin

«  La prosopagnosie offre un exemple du même type : les personnes qui en souffrent sont incapables de reconnaître les visages, y compris le leur et celui de leur époux et enfants. Mais si on leur projette des photographies tout en mesurant leur réponse électrodermale, celle-ci est plus élevée lorsqu’il s’agit de proches»,

Extrait, O.C. XII S.Freud puf page 238.

« Il ne serait pas étonnant que nous finissions par trouver une instance psychique particulière qui remplisse la tâche de veiller à ce que soit assurée la satisfaction narcissique provenant de l’idéal du moi, et qui, dans cette intention, observe sans cesse le moi actuel et le mesure à l’idéal. Si une telle instance existe, il est possible que nous la découvrions inopinément; nous ne pouvons que l’identifier comme telle et nous pouvons nous dire que ce que nous nommons notre conscience morale remplit cette caractéristique ».

 

 

« Si c’est un homme » Primo Levi. Pavillon, Robert Lafont. Page 261,262.

 

« Il faut donc nous méfier de ceux qui cherchent à nous convaincre par d’autres voies que la raison, autrement dit des chefs charismatiques : nous devons peser notre décision avant de déléguer à quelqu’un d’autre le pouvoir de juger et de vouloir à notre place ».

« Il vaut mieux se contenter d’autres vérités plus modestes et moins enthousiasmantes, de celles que l’on conquiert laborieusement, progressivement et sans brûler les étapes, par l’étude, la discussion et le raisonnement, et qui peuvent être vérifiées et démontrées ».

 

Extrait : O.C XII puf S.Freud page 208

« Mais c’est là le caractère essentiel de tout état amoureux. Il n’en est aucun qui ne répète des prototypes infantiles. C’est justement ce qui constitue son caractère marqué de contrainte, évoquant le pathologique, qui provient de son conditionnement infantile ».

Extrait des Carnets de Léonard de Vinci. Tr. 53 a

« Rien ne peut être inscrit comme étant le résultat de recherche nouvelle ».

 

L’humanité est un but un état psychologique individuel et donc collectif qui pour moi n’a pas encore été atteint, et cela par défaut de compréhension exacte, des mécanismes mentaux inconscients qui interfèrent dans la pensée consciente.

La puissance et l’essence d’une idée réside dans le fait qu’elle n’est aucune réalité, vient-elle à se matérialiser qu’elle cesse aussitôt d’exister dans l’esprit qui l’a générée.

Les charges électriques équilibrées, positive et négative de la matière élémentaire, nous forcent à rechercher le bien satisfaisant, en levant tout obstacle insatisfaisant susceptible d’entraver le déplacement de l’information, et cela afin de garantir l’équilibre physiologique de la matière  vivante.

 

2 mars 2009

5° Exemples de résolutions théoriques de névroses

Classé dans : névroses — Mots-clefs : — admin @ 18:29

 

Cinquième chapitre

 

5° Exemples de résolutions théoriques de névroses

 

 

Rappel

Les charges électriques équilibrées (électrostatiques), positive et négative de la matière élémentaire ( information mémoire originelle), nous forcent à rechercher « le bien » ( conforme à sa propre morale, l’information abstraite affective) satisfaisant (l’équilibre homéostatique et physiologique), en levant tout obstacle insatisfaisant (condition de toute évolution), susceptible d’entraver le déplacement de l’information, et cela afin de garantir l’équilibre homéostatique et physiologique de la matière  vivante ( matière engendrée par le déplacement interne, des charges devenues électrocinétiques, et externe de la matière élémentaire).

 

En développant l’information abstraite affective, la matière vivante a introduit dans le traitement de l’information, un élément perturbateur irrationnel (parce qu’inexistant en dehors du neurone). Elément affectif greffé sur de l’information possédant un déséquilibre énergétique permanent, et en perpétuelle recherche d’équilibre.

 

 

Les différents éléments et états de la réflexion affective irrationnelle

 

1. le « refusement extérieur »

2. réflexion associative et consciente

3. le déficit affectif

4. la réflexion culturellement conditionnée inconsciente

5. le « refusement intérieur » inconscient permanent, la faute générique

6. le déficit affectif permanent, la culpabilité générique

7. réflexion associative et consciente

8. le symptôme, la sanction inconsciente.

 

 

 

Extrait : ( O.C XVIII S.Freud puf . « Le malaise dans la culture »  page 326)

« Au cours du travail analytique, l’expérience nous a appris, à notre grande surprise, que peut-être toute névrose dissimule un montant de sentiment de culpabilité inconscient qui, à son tour, consolide les symptômes en les utilisant comme punition ».

 

 

 

 

Exemple 1 (fictif)

L’heureux propriétaire d’un objet précieux, s’aperçoit que l’objet est terni par une toute petite tache, dont il ne s’était jamais aperçu. Ayant bien examiné l’objet lors de l’achat, il n’a aucun souvenir de cette tache. Il en déduit, à tort ou à raison, que par sa propre négligence, elle s’est produite lors du transport. Contrarié il décide de nettoyer l’objet, mais plus il frotte, plus la tache s’accentue et prend de l’ampleur. Si le propriétaire n’est pas informé du fait que la tache est la matière première dans laquelle l’objet a été réalisé, il sera condamné à frotter toute son existence. Confronté à l’impossibilité de la tâche, sa souffrance sera permanente et sans cesse croissante.

Il faut identifier précisément chaque élément de l’exemple.

 

Le propriétaire de l’objet précieux : la personne physique, l’animal.

L’objet précieux : par association ou identification, la même personne mais en tant que représentation abstraite culturelle.

 .

 

Remarque: s’il y a identification, l’objet précieux peut représenter, au départ seulement, la représentation d’une autre personne.

.

La tache : le « refusement extérieure » qui provoque le déficit affectif.

.

La négligence personnelle : l’identification de l’auteur de la faute, la culpabilité est établie, le « refusement intérieur » qui provoque la permanence du déficit affectif.

.

Contrarié, il décide de nettoyer l’objet : la recherche d’une solution afin d’annuler une insatisfaction liée au déficit affectif permanent.

.

Plus il frotte, plus la tache s’accentue et prend de l’ampleur : l’impossibilité matérielle, (produit d’une réflexion irrationnelle, culturellement conditionnée et déclenchant une réaction physiologique de défense, de tension nerveuse permanente), de purifier une représentation abstraite culturelle, d’une faute culturelle générique, tout aussi abstraite et inconsciente.

.

Condamné à frotter toute son existence : le symptôme du trouble psychique, le sujet s’impose « le bien », la sanction de la faute.

 

La tache est en fait la matière première dans laquelle l’objet a été réalisé, l’animal.

La couleur avec laquelle l’objet a été peint et qui intervient dans la préciosité de l’objet est la morale, la mémoire affective « la conscience morale ».

.

Confronté à l’impossibilité de la tâche, sa souffrance sera permanente et sans cesse croissante.

 

 

Solution :

1. se rendre compte que la tache n’en est pas une et donc annuler la faute.

2. accepter l’objet tel quel ou le remplacer dans le cas de l’identification, donc modifier le rapport affectif à une information, rendre la rationalité à la pensée abstraite.

.

Exemple 2

 

Cet exemple fut décrit lors d’une émission, télévisée débat de la RTBF, sur les névroses.

Le patient fut traité par une psychologue, à l’aide d’une thérapie comportementale

(La thérapie comportementale relève essentiellement du conditionnement. Le patient « guéri » n’a donc aucune compréhension de la pathologie).

 

Un adolescent, ayant fait l’expérience de son premier flirt, se confie à sa mère. La maman (prude) s’alarme, lui reproche son comportement et l’emmène se confesser chez le curé. A partir de là, le sujet aura la contrainte compulsive, par déplacement, d’éviter dans un premier temps de marcher sur une hostie et ensuite, par association, sur toute tache blanche.

 

Cet exemple démontre que l’absolution est un acte résultant d’une pensée empirique, qui n’atteint pas dans ce cas son but et pour cause…

 

 

Analyse.

La réprobation, que lui signifie la maman, est l’élément déclencheur (« le refusement extérieur »), introduit (par association, dans une réflexion mixte, consciente et associative inconsciente) l’éventualité de la perte de sa représentation abstraite, au travers de la perte de l’amour de sa maman (le déficit affectif). Etant dans l’impossibilité (du fait du lien affectif) de s’opposer à la maman (soi-même par identification). La faute générique (« le refusement intérieur ») sera activée. La tension nerveuse pousse à la réflexion mixte. A l’aide du déplacement associatif symbolique, produit par la réflexion associative inconsciente et de l’idée consciente, le sujet va pouvoir conserver l’amour de sa maman, mais en réalité il conservera sa représentation culturelle et satisfaisante intacte (deux informations associables).

 

Symbolisation : le blanc représente la pureté, donc la morale.

Déplacement : l’abstinence sexuelle (éviter la faute) est déplacée sur la contrainte, ne pas maculer une tache blanche.

 

IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » page 171.

.

« La tendance de ce déplacement était suffisamment nette ; s’il laissait le reproche à la place qui était la sienne, il lui fallait renoncer à une satisfaction sexuelle à laquelle il était vraisemblablement poussé par de fortes déterminantes infantiles. Il obtenait donc par le déplacement un bénéfice de la maladie considérable ».

 

Il est entendu que pour notre cas, « la forte déterminante » motivée par la recherche de satisfaction, est d’éviter de commettre la faute « le refusement intérieur » et ainsi pouvoir associer à nouveau les deux représentations culturelles, en conservant le lien affectif à la mère et à la petite amie.

 

IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » page 169.

.

« 1. il faut donc concéder qu’il y a, pour la névrose de contrainte, deux manières de savoir et de connaître, et on a le droit d’affirmer à la fois que le malade de contrainte « connaît » ses traumas et qu’il « ne les connaît » pas. C’est qu’il les connaît dans la mesure où il ne les a pas oubliés et qu’il ne les connaît pas puisqu’il ne reconnaît pas leur significativité ».

.

IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » page 194.

 .

« Ce qui est officiellement appelé, névrose de contrainte, porte donc en soi, dans sa déformation par rapport à l’énoncé originel, les traces du combat défensif primaire. Sa déformation la rend alors viable, car le pensé conscient est obligé de la comprendre à faux comme il fait pour le contenu de rêve (manifeste), qui est lui-même un produit de compromis et de déformation et continue à être compris à faux par le penser vigile ».

 

 

Le prochain exemple est décrit par S.Freud.

 

Exemple 3

 

Emma .puf. Naissance de la Psychanalyse S. Freud. Pages 364,365).

 

 

Emma est actuellement hantée par l’idée qu’elle ne doit pas entrer seule dans une boutique. Elle en rend responsable un souvenir remontant à sa 13e année (peu après la puberté). Ayant pénétré dans une boutique pour y acheter quelque chose, elle aperçut les deux vendeurs (elle se souvient de l’un deux) qui s’esclaffaient. Prise de panique, elle sortit précipitamment. De là l’idée que les deux hommes s’étaient moqués de sa toilette et que l’un deux avait exercé sur elle une attraction sexuelle.

Le lien qui unit ces fragments d’histoire, aussi bien que les effets de l’incident, restent incompréhensibles. Si les vendeurs, en se moquant de sa toilette l’avaient désagréablement impressionnée, cette impression aurait dû depuis longtemps s’effacer- depuis qu’elle s’habillait comme une dame. Le fait d’aller seule ou accompagnée dans les magasins ne peut en rien modifier son habillement. Il ne s’agit pas seulement d’une question de protection (comme dans le cas d’agoraphobie), puisque la compagnie d’un jeune enfant suffit à lui donner un sentiment de sécurité. Mais un élément tout à fait isolé demeure : l’un des deux hommes lui a plu. Mais là encore, le fait d’être accompagnée ne pouvait rien changer. Ainsi le souvenir resurgi n’explique ni l’obsession ni la détermination du symptôme.

L’analyse met ensuite en lumière un autre souvenir qui, dit-elle, n’était nullement présent à son esprit au moment de la scène I, présence, du reste, que rien ne vient confirmer. A l’âge de 8 ans, elle était entrée deux fois dans la boutique d’un épicier pour y acheter des friandises et le marchant avait porté la main, à travers l’étoffe de sa robe, sur ses organes génitaux. Malgré ce premier incident, elle était retournée dans la boutique, puis cessa d’y aller. Par la suite, elle se reprocha d’être revenue chez ce marchand, comme si elle avait voulu provoquer un nouvel attentat. Et de ce fait, la « mauvaise conscience » qui la tourmentait pouvait bien dériver de cet incident.

Nous comprenons maintenant la scène I (celle des commis) si nous la rapprochons de la scène II (celle de l’épicier). Il ne nous reste plus qu’a découvrir le lien associatif. La patiente me fit elle-même observer que ce lien était fourni par le rire. Celui des deux commis lui avait rappelé le sourire grimaçant dont le marchand avait accompagné son geste.

Reconstituons maintenant tout le processus. Les deux vendeurs rient dans la boutique et ce rire rappelle (inconsciemment) le souvenir du marchand. La seconde situation a avec la première un autre point commun : la petite n’était pas accompagnée. Elle se souvenait de l’attouchement pratiqué par le marchand. Mais depuis elle avait atteint la puberté. Le souvenir déclenche une libération (d’énergie sexuelle) (qui n’eut pas été possible au moment de l’incident) et qui se mue en angoisse. Une crainte la saisit, elle a peur que les commis ne répètent l’attentat et s’enfuit.

Il est tout à fait certain que nous nous trouvons ici en présence de l’intrication de deux sortes de processus et que la remémoration de la scène II (celle du marchand) s’est produite dans un état différent de celui du premier. Le cours des évènements peut se représenter de la façon suivante :

 

 

fas-gen1

Les représentations figurées par des points noirs sont les perceptions dont la patiente se souvient. Le fait qu’une décharge sexuelle ait pénétré dans le conscient est démontré par l’idée-sans cela incompréhensible- que le commis moqueur lui avait plus. La conclusion finale qu’elle tira, celle de ne pas rester seule dans la boutique par crainte d’un attentat, paraît logique, si l’on tient compte de tous les éléments du processus associatif. Mais aucun élément du processus (ci-dessus représenté) n’est devenu conscient, hormis l’élément « vêtement ». La partie de la pensée fonctionnant consciemment a établit deux connexions erronées dans les matériaux en question (commis, rires, vêtements et sensations sexuelles) : on s’était moqué à cause de son habillement et l’un des vendeurs avait provoqué chez elle une excitation sexuelles.

L’ensemble de ce complexe (indiqué par les lignes brisées) est représenté dans le conscient par l’unique idée des « vêtements », c’est à dire par l’élément en apparence le plus innocent. C’est un refoulement accompagné d’une symbolisation qui s’est ici produit.

L’aboutissement- le symptôme- possède une structure tout à fait logiquement établie et, ainsi, le symbole n’y joue aucun rôle et reste particularité du cas.

Disons qu’il n’est nullement étonnant de voir une association passer par un certain nombre de chaînons intermédiaires inconscients pour aboutir à un chaînon conscient, ainsi que cela s’est ici produit.

L’élément devenu conscient est probablement celui qui a suscité le plus vif intérêt. Mais, chose remarquable, dans notre exemple ce n’est pas le fait de l’attentat qui a pénétré dans le conscient, mais un autre élément symbolisant : les vêtements. Où chercher la cause de ce processus pathologique intercalé ? Une seule réponse est possible : il résulte de la décharge sexuelle dont le conscient avait gardé la trace et qui restait lié au souvenir de l’attentat. Mais il faut noter un fait important, à savoir que cette décharge ne fut pas reliée à l’incident au moment même où il se produisit. Nous trouvons là l’exemple d’un souvenir suscitant un affect que l’incident lui-même n’avait pas suscité. Entre temps les changements provoqués par la puberté on rendu possible une compréhension nouvelle des faits remémorés.

Ce cas nous présente un tableau typique de refoulement hystérique. Nous ne manquons jamais de découvrir qu’un souvenir refoulé ne s’est transformé qu’après coup en traumatisme. La raison de cet état de chose se trouve dans l’époque tardive de la puberté par comparaison avec le reste de l’évolution.»

 

Avertissement

Bien que dans l’analyse suivante il n’y ait aucun jugement de valeur, je voudrais préciser, à l’adresse des pervers demeurés en tout genre (primaires ou intellectuels) qui n’auraient à ce stade de la lecture rien compris à mes développements théoriques : je ne cautionne pas l’acte de l’épicier et cela même si je le comprends. L’interprétation possible de mes propos, visant à justifier vos pensées sexuelles ou moralistes (l’une étant inéluctablement le produit de l’autre) dans le but ultime de vous satisfaire, relève maintenant, puisque vous n’êtes plus excusables, de votre propre volonté obtuse et responsabilité effective!

.

Remarque

Contrairement à ce que pensait S.Freud, il n’ya pas de période de « latence » sexuelle dans la moyenne enfance. Entre 5 et 8 ans la masturbation est fréquente (ce que semblait savoir l’épicier).

.

Emma à l’âge de 8 ans.

Emma éprouva une émotion satisfaisante lorsque l’épicier toucha, à travers l’étoffe de sa robe, ses organes génitaux.

Démontré par le fait que malgré ce premier incident, elle retourna dans la boutique de l’épicier. L’intensité provoquée par l’attouchement provoqua la conservation, dans la mémoire à long terme, de l’attentat attaché à sa qualité satisfaisante.

Condition sine qua non du trouble psychique (« le refusement intérieur ») : « Par la suite elle se reprocha d’être revenue chez ce marchand », qui permit de justifier le déficit affectif et de générer une névrose.

Emma à l’âge de 13 ans. (Il est évident qu’à cet âge, la mémoire affective s’est considérablement modifiée et notamment avec l’acquisition de considérations et valeurs morales qui ne pouvaient pas être présentes à l’âge de 8ans).

Emma rentre dans la boutique, un des deux hommes lui plaît. Nous pouvons dire qu’elle s’identifie à cet homme (association affective).

« Le commis moqueur lui avait plus », le rire du commis qui lui plait est à considérer comme le « refusement extérieur » qui produit le déficit affectif.

Liée affectivement à l’un d’entre eux, ce rire a été interprété par la conscience comme une offense publique personnelle liée à sa toilette, (ce qui indépendamment de la personne, ici Emma et de son passé, aurait pu être la compréhension «culturelle normale » qu’en aurait fait une autre jeune fille de cet âge).

Le déficit affectif provoqué par le « refusement extérieur » (le rire) provoque la réflexion conditionnée de la recherche de la faute amorale.

Remarque

L’analogie entre les deux scènes peut nous faire supposer que le souvenir agréable inconscient a été activé et amplifie un désir, être satisfaite sexuellement (l’un des deux hommes lui a plu).

Emma réagit afin de combler le déficit affectif provoqué par l’endommagement de sa représentation culturelle et satisfaisante inconsciente (identifié l’agresseur, au travers de la justification ou non des « rires»). La réflexion consciente trouve la cause des rires dans sa toilette, mais la réflexion simultanée, associant inconsciemment le rire du commis au sourire de l’épicier, a trouvé la faute inconsciente symbolisant la justification de l’agression, toute prête dans l’acte : rentrer dans la boutique, et associable à la transgression de l’interdit, la faute générique (« le refusement intérieur »). « Par la suite, elle se reprocha d’être revenue chez ce marchand, comme si elle avait voulu provoquer un nouvel attentat », page 365.

Comme dans « le rêve manifeste », l’agressé est inconsciemment l’agresseur.

Le «  refusemment extérieur », le rire, est « justifié », son auteur ne peut être jugé coupable.

Emma se retrouve prise au piège, responsable du déficit affectif.

La réflexion mixte, consciente et associative, cherchant une solution afin d’annuler la tension nerveuse, trouve: sortir de la boutique, puisque la faute inconsciente est, rentrer dans la boutique.

 

Emma dame.

 

Seul une idée « morale » peut en combattre une autre «amorale ».

Naissance de l’idée qui hante Emma et qui lui permettra de se protéger contre la transgression de l’interdit : l’idée de ne pas rentrer seule dans une boutique.

Il nous manque donc, dans la description de cette troisième phase, le « refusement extérieur » qui a, sans aucun doute, été remplacé par le « refusement intérieur », du fait du déficit affectif permanent, et qui pousse Emma à la réflexion consciente, associative et conditionnée.

La réflexion simultanée inconsciente trouve la faute générique inconsciente justifiant le déficit. La faute n’est pas ici matérialisée par un double identifiable, elle est inconsciente.

 

 

Remarque:

Rentrer

Entrer de nouveau quelque part, y pénétrer après en être sorti.

 

J’ai utilisé le verbe « rentrer » (dans la boutique) à dessein. En effet le processus de réflexion, n’a pas eu besoin de remémorer consciemment un quelconque souvenir lié à l’incident de l’épicerie. Dans sa recherche de la faute, il n’eut pratiquement pas le choix, il utilisa l’acte d’entrer dans la boutique (à 13 ans), comme l’acte réitéré et effectif de la faute faite à l’âge de 8 ans. Confirmé par : « Par la suite, elle se reprocha d’être revenue chez ce marchand, comme si elle avait voulu provoquer un nouvel attentat. Et de ce fait, la « mauvaise conscience » qui la tourmentait pouvait bien dériver de cet incident ».

 

 

L’agression est inconsciente, permanente et d’intensité croissante, l’angoisse est proportionnelle. L’angoisse devant un danger non identifiable pousse à la réflexion afin de se libérer de la souffrance. La réflexion mixte cherche alors le moyen (comme dans l’exemple précédant) d’éviter de commettre la faute (qui justifie le déficit affectif).

Je voudrais maintenant vous faire remarquer que le fait «d’entrer à nouveau », donc de rentrer après être sorti, symbolise l’acte sexuel.

D’où l’idée qui hante Emma de ne pas entrer seule dans une boutique, dont elle rend responsable un souvenir remontant à sa 13ème année.

Si Emma est accompagnée d’un jeune enfant, elle ne pourra pas assouvir son fantasme « amoral ».

Emma se libère peut-être du trouble, lors de la remémoration de l’attentat, par le rejet de la faute sur son auteur, l’épicier.

 

 

Un souvenir satisfaisant ne peut pas perdre sa qualité par refoulement, et un jour se transformer en traumatisme psychique.

.

Rappel

Deuxième partie

2.2 1ère modification psychologique

.

Toute communauté dont le nombre d’individus fut supérieur à celui auquel pouvait être lié affectivement un des membres la composant, développa par besoin social et économique (les rapports sociaux étant, en dehors de la cellule familiale, non affectifs) une culture scripturale, fondée sur la protection de l’individu et la sanction de la faute.

.

« Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.

Mais délivrez-nous du mal ».

 

Remarque

Les névroses de guerres sont la démonstration, que les névroses « sociales » ont toutes comme origine une même cause fondamentale, deux informations abstraites non associables.

.

Le documentaire sur les névroses de guerre de John Huston « Let there be light » 1946, est édifiant à ce propos. Certains soldats témoignent, ils auraient été soumis à des bombardements incessants sans aucune possibilité de fuite. Ils souffrent d’une peur incessante et de sensation d’un désastre imminent. Certains de ces patients voient des bombardiers et bombardement alors qu’ils se trouvent dans un cabinet en compagnie d’un médecin, un autre en a perdu jusqu’au souvenir de son propre nom. Vous pourrez aussi constater dans le cas du soldat souffrant de paraplégie hystérique que les problèmes familiaux font partie intégrante de la névrose. Traités par hypnose et la narco-analyse cathartique, les symptômes finiront par disparaître. Tout le travail du médecin consiste essentiellement à libérer l’attention du patient, qui est monopolisée par l’angoisse sur le souvenir de la scène traumatique.

 

http://www.youtube.com/watch?v=kDNoaSMKx0g

 

Remarque : La personne en souffrance témoigne souvent du fait que lorsqu’elle est occupée à une activité nécessitant une attention soutenue, elle souffre moins et parfois pas du tout.

.

IX.O.C. S.Freud puf « Remarques sur un cas de névrose de contrainte (un toc) » page 193.

.

1. Chez certains malades, le fait que leur attention se détourne va si loin qu’ils ne peuvent absolument pas indiquer le contenu d’une représentation de contrainte, qu’ils ne peuvent pas décrire une action de contrainte exécutée d’innombrables fois.

.

XII.O.C.S.Freud, page 238.

.

« Les malades se plaignent alors qu’on connaisse toutes leurs pensées, qu’on observe et surveille leurs actions ; ils sont avertis du fonctionnement souverain de cette instance (la conscience morale) par des voix qui leur parlent, de façon caractéristique, à la troisième personne. (« Maintenant elle pense encore à cela; maintenant il s’en va »). Cette plainte a raison, elle décrit la vérité; une puissance de cette sorte qui observe, connaît, critique toutes nos intentions, existe effectivement, et cela chez nous tous dans la vie normale ».

.

A ce jour, il n’existe pas de théorie officielle et scientifique qui puisse expliquer les causes pathologiques à l’origine des névroses. A l’heure actuelle, elles sont différenciées par une description, « des symptômes » propre à chaque névrose, qui résulte d’une observation aléatoire puisque invérifiable.

Lorsque j’observe le soleil, j’ai toujours l’impression qu’il tourne autour de la terre…

.

« C’est la théorie qui décide de ce que nous pouvons observer ».

Albert Einstein

.

Solution globale contre tout type d’agression

Voir troisième partie

3° L’économie de marché

 

 

Exemple 4 Le Lapsus

 

Du fait de la conscience de la faute, le trouble est ici éphémère.

 

Voici un récit journalistique décrivant une réflexion conditionnée simultanée et donc inconsciente, recherchant la faute et donc le coupable.

 

La faute  générique  inconsciente est ici révélée par la représentation sensorielle auditive associable d’une faute effective (son double conscient et effectif).

 

 

Le lapsus (révélateur) de Lionel Jospin
Décidément, le passé trotskiste de Lionel Jospin semble lui jouer des tours. Quelques jours après avoir reconnu son engagement à l’Organisation communiste internationale dans les années 60, le Premier ministre, qui participait samedi à un colloque du PS sur l’ »idée socialiste », a fait un lapsus lors d’un hommage à la victoire de Tony Blair aux élections Outre-Manche.

Un hasard de calendrier que ce colloque sur l’ »idée socialiste » pour un Lionel Jospin qui vient de s’ouvrir sur son itinéraire intellectuel. Pour définir ce qu’est le socialisme aujourd’hui, il commence par rappeler que la référence à la révolution, thème trotskiste s’il en est, a longtemps marqué le discours des socialistes, mais que l’exercice du pouvoir les a fait évoluer.
»Nous avons appris à assumer notre identité politique, celle de réformiste. La réforme est notre méthode de transformation politique et sociale. »
En psychanalyse, on dit qu’il n’y a pas de hasard. Alors, au détour d’une référence au travaillisme britannique, la langue de Lionel Jospin a fourché.
»Je pense à l’affirmation extrêmement forte dans le débat public, et prise en compte par les trots… les travaillistes eux-mêmes ».
Franc succès auprès des militants, comme libérés eux aussi que leur Premier ministre assume ses engagements passés.
Marie-Bénédicte Allaire

Un millier de militants étaient présent au CNIT de la Défense pour ce colloque coïncidant avec le trentième anniversaire du congrès fondateur d’Epinay (11-13 juin 1971). Lionel Jospin a défendu le socialisme à la française, notamment face à la « troisième voie » proposée par le Premier ministre britannique Tony Blair.

Explications et marche arrière

»Je n’ai jamais été trotskiste » : la déclaration date de 1995. Lionel Jospin expliquait alors récemment dans « Le Monde » qu’on l’avait sans doute confondu avec son frère.
»Il est vrai que, dans les années 60, j’ai marqué de l’intérêt pour les idées trotskistes et que j’ai noué des relations avec
l’une des formations de ce mouvement »: pour la première fois, le Premier ministre a reconnu mardi à l’Assemblée ses liens avec l’Organisation communiste internationaliste (OCI), une formation trotskiste.
Interrogé ce mercredi matin sur Europe 1, Lionel Jospin a précisé qu’il avait eu des contacts, des discussions individuelles avec très peu de gens pendant une période ». Cette « démarche intéressante et stimulante n’a pas empêché que j’exerce mes responsabilités » a-t-il ajouté.

Ces derniers jours, les témoignages sur le passé trotskiste de Lionel Jospin se sont multipliés. Après « Le Nouvel Observateur » lundi soir, c’est au tour du « Monde » de revenir, dans son édition datée de mercredi, sur le passé militant du Premier ministre socialiste.

»Il s’agit là d’un itinéraire personnel, intellectuel et politique, dont je n’ai en rien (…) à rougir », a expliqué Lionel Jospin. Au député DL, qui lui avait demandé auparavant pourquoi il n’avait pas évoqué publiquement plus tôt son passé trotskiste, il a répondu “parce que je crois que ça n’intéressait personne et je ne crois pas d’ailleurs, aujourd’hui encore, même si je trouve légitimes les interpellations ou les enquêtes qui sont faites par des journaux -je ne les conteste pas- je ne crois pas non plus que cela passionne. »

Lionel Jospin se libère avant la présidentielle

Il est sûr qu’on reste un peu sur sa faim après avoir écouté Lionel Jospin, mais pour lui l’essentiel est fait, il a enfin reconnu son passé trotskiste ce qu’il avait nié jusqu’à présent.
Il l’a fait contraint et forcé, mais la pression était telle qu’il ne pouvait plus échapper à cet aveu, et dans le fond, que cela arrive maintenant doit le soulager. Quelles que soient ses explications d’hier, ses dénégations passées avaient été une faute politique et s’étaient transformées en piège dont l’opinion dira plus tard s’il s’en est sorti sans trop de casse, mais au moins il s’est débarrassé d’un fardeau qu’il aurait dû supporter pendant toute la campagne présidentielle,
cela dit, hier on a eu un service minimum de la part du Premier ministre, quel était son rôle au sein de l’UCI ? était-il en mission pour ce parti lorsqu’il est entré au PS? Quels liens a-t-il gardés et jusqu’à quand avec ses amis d’extrême- gauche ? Autant de questions auxquelles il n’a pas répondu, et de réponses qu’aimerait sans doute bien entendre l’opinion maintenant qu’elle a été appâtée. Même si, comme disait hier à l’Assemblée un porte- parole de l’opposition, il n’y a pas de quoi fouetter un chat avec tout ça.
Paul Joly

La gauche satisfaite, la droite frustrée

Pour le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault, « l’affaire est close ».
»Sur ce coup, il a été bon ! », a souligné Alain Bocquet (PCF)

 

 

 

Remarque

Si l’on parvenait à déculpabiliser un névrosé (par la compréhension des évènements qui ont déclenchés la névrose, donc par la prise de conscience), sans annuler « le refusement extérieur », cela serait suffisant pour stabiliser l’insatisfaction, mais insuffisant pour la faire disparaître. Si vous avez mal au genou chaque fois que vous allez courir et que par bonheur vous vous apercevez que votre chaussure présente une usure excessive, provoquant un déséquilibre compensé par les ligaments du genou, si vous ne changez pas de chaussure, l’angoisse disparaîtra (la peur de l’inconnu, le danger abstrait) mais l’information à l’origine de la souffrance subsistera.

.

Courageux chercheur si au terme de ton étude tu ressens une grande satisfaction, tu auras fait l’expérience d’un équilibre énergétique retrouvé. Elle te semble disproportionnée ?

Baliverne, elle a prévu de compenser l’insatisfaction que produit la solitude de l’intellect.

.

Extrait des Carnets de Léonard de Vinci. C.A. 119 v.a

.

« Voyant que je ne puis choisir une matière de grande utilité ou plaisante, parce que les hommes nés avant moi ont pris tous les thèmes utiles et nécessaires, je ferai comme celui qui, par pauvreté, arrive le dernier à la foire, et, ne pouvant se fournir à sa guise, choisit toutes les choses déjà vues des autres et non acceptées, mais refusée, -le rebut de beaucoup d’acheteurs,- je chargerai mon modeste bagage, et ainsi irai-je non par les grandes cités mais par les pauvres bourgades, distribuant et recevant le prix que je mérite de la chose que j’offre.

Je me rends bien compte que, du fait que je ne suis pas un lettré, certains présomptueux croiront pouvoir me blâmer en alléguant que je suis un ignorant. Stupide engeance ! Ils ne savent point que je pourrais leur répondre comme Marius aux praticiens romains : «Ceux qui vont se parant des travaux d’autrui ne veulent pas me concéder les miens. » Ils diront que mon ignorance des lettres m’empêche de bien m’exprimer sur le sujet que je veux traiter. Mais mes sujets, pour être exposés, requièrent l’expérience plus que les paroles d’autrui. Et l’expérience ayant été la maîtresse de ceux qui écrivent bien, je la choisis pour maîtresse, et en tout cas, ferai appel à elle.

Beaucoup croiront qu’ils ont motif de me blâmer, en alléguant que les preuves par moi avancées contredisent l’autorité de certains auteurs que leur jugement dépourvu d’expérience tient en grande révérence, sans considérer que mes conclusions sont le résultat de l’expérience simple et pure, laquelle est la vraie maîtresse.

Ces règles vous permettrons de distinguer le vrai du faux, et ainsi de ne placer devant vous que les choses possibles et raisonnables ; et elles vous interdisent de faire usage d’un manteau d’ignorance, par quoi vous n’arrivez à aucun résultat et de désespoir, vous abandonnez à la mélancolie

Le désir de savoir est naturel aux bons.

Bien des gens, je le sais, trouverons ce travail inutile ; Démétrius disait d’eux qu’il ne faisait pas plus cas du vent que les mots produise dans leur bouche, que de celui qui s’échappait de leur parties inférieures ; hommes avides des seules richesses et jouissances matérielles et complètement privés du désir de la sapience, unique nourriture et véritable richesse de l’âme ? Car tout de même que l’âme a plus de prix que le corps. Et fréquemment, quand je vois un de ces hommes prendre cette œuvre en main, je doute s’il ne va pas la porter à son nez comme un singe et me demander si elle est comestible ».

.

La satisfaction que procure un éloge est toujours proportionnelle à l’estime que l’on porte à son auteur, de même pour l’insatisfaction que produit un blâme.

Manuel Vazquez

 

Propulsé par WordPress

Copy Protected by WP-CopyProtect Thanks to Chetan.